14-18 en famille

1914-1918 en famille ........

  

 

4 grand-parents ...certes ! Mais qui avaient des frères et sœurs, et pour certains de la tranche d'âge directement concernée par la mobilisation lors de la Grande Guerre :

 

                  Pour bien situer les personnages, je remonte d'un cran vers chacun des 4 couples de mes arrière-grand-parents (AGPs) ; parmi leurs enfants - mes grands-oncles et tantes - mes grands-parents sont soulignés.


    Le symbole ombré bleu de Mars Mars   indique chacun des 38 cas traités au 28/04/2016 :

  • 2 Grand'Pères,
  • 17 Grands-Oncles,
  • 3 Petits-Cousins qui ont participé à la Grande Guerre, dont 2 Morts pour la France,

auxquels

  • 16 soldats dont 11 Morts pour la France  sont venus s'ajouter depuis le début du projet :

    • DUVERGER
      • 1 cousin germain au deuxième degré (son Grand-Père DUVERGER est mon Arrière-Arrière-Grand-Père, DUVERGER Florentin Jean-Baptiste né en 1821).
        Mars   DUVERGER
        Georges Adolphe, né le 14 octobre 1888 à Versigny (Aisne),  fils de DUVERGER Florentin Adolphe et de BOIN Adéline,"Mort pour la France" le 8 avril 1915 à Verdun.


    • DANHIEZ          
      • 1 cousin issu de germain éloigné au 2e degré (son Arrière-Grand-Père est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DANHIEZ Liévin Joseph, né en 1782).
        Mars   DANHIEZ
        Georges César né le 7/9/1883 à Wargnies le Grand,  fils de Edouard et de LELIEVRE Marie ,"Mort pour la France" le 12/3/1918 à Salonique (GRECE).

      • 1 petit-cousin éloigné au 1er degré (son Arrière-Arrière-Grand-Père est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DANHIEZ Liévin Joseph, né en 1782).
        Mars   DANHIEZ
        Georges Léon né le 20/01/1896 à Wargnies le Grand,  fils de Emile et de DEHOVE Marie ,"Mort pour la France" le 17/04/1917 à Craonne (02).


    •  DEBEVE
      • 1 petit-cousin éloigné au 1er degré (son Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
        Mars  DEBEVE
        Jean-Baptiste, né le 19 Août 1893 à Haulchin, fils de DEBEVE Jean Baptiste et de MATHIEU Amandine, "Mort pour la France" le 29 février 1916 à Pierrepont (Meurthe et Moselle).

      • 1 petit-cousin éloigné au 2d degré (son Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
        Mars  DEBEVE Auguste,  né le 3 Février 1883 à Haulchin,  fils d'Antoine et de RUIELLE Adelaïde. "Mort pour la France" le 19 septembre 1914 à St-Dizier (Haute-Marne).

      • 1 petit-cousin éloigné au 1er degré (son Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
        Mars  DEBEVE Jules, né à Maing le 5  Février 1885, fils de DEBEVE Jean Baptiste et de MASSART Marie-Amélie, "Mort pour la France" le 8 septembre 1914 à Corfelix (Marne).

      • 1 petit-cousin éloigné au 2 degré (son Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759) :
        Mars  DEBEVE Gustave, né à Haulchin le 23 avril 1877, fils de DEBEVE Elie Joseph et de DUFOUR Azélie.

      • 1 petit-cousin éloigné au 2 degré (son Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759) : 
        Mars  DEBEVE Benoit, né à Haulchin le 16 mai 1885, fils de DEBEVE Jean Baptiste Joseph et de LUCAS Mathilde.

       

    • NOTELET (apparenté aux DANHIEZ)
      • 1 petit-cousin éloigné au 2d degré (son Arrière-Grand-Père NOTELET est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père NOTELET Antoine Joseph né à Sebourg le 6 juin 1786).
        Mars  NOTELET Victor Druon
        ,  né le 23 Mai 1887 à Sebourg,  fils de Victor Druon  et de HOUZÉ Joséphine. "Mort pour la France" le 22 juin 1917  à Soissons (Aisne) .


    • MICHEAUX (apparenté aux DUBOIS)
      • Oncle de  HAINAUT Marguerite, épouse de DUBOIS Henri , fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
        Mars  MICHEAUX Auguste Célestin
        ,  né le 13 janvier 1879 à Valenciennes,  fils de Auguste et de QUARREZ Marie Désirée. "Mort pour la France" le 11 septembre 1915 à l'hôpital de Rohrbeck (Allemagne)


    • LALOUX (apparenté aux DUBOIS)
            Les 3 frères de LALOUX Marie-Louise,  épouse de DUBOIS Auguste fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
                Enfants de Louis Joseph et de RUMPTAU Pauline Henriette
        • Mars  LALOUX Paul Marcel, né à Lille le 6 mai 1886. "Mort pour la France" le 1er septembre 1914 à Gercourt (Meuse).
        • Mars  LALOUX André Raymond, né à Lille le 31/07/1895.
        • Mars  LALOUX Armand Louis, né à Lille le 13/05/1893.


    •   HAINAUX (apparenté aux DUBOIS)
      • Père de  HAINAUX Marguerite, épouse de DUBOIS Henri, fils de DUBOIS Henri Joseph Louis
        Mars  HAINAUX Maurice Alfred,
        né le 5 septembre 1881 à Valenciennes,  fils d' Edouard et de GOULART Cléophas.
        "Mort pour la France" le 12 juillet 1915 à  Gildwiller (Haut-Rhin) .


    • TISON (apparenté aux DUBOIS)
      • Oncle de  TISON Georges, époux de DUBOIS Thérèse, petite-fille de DUBOIS Henri Joseph Louis.
        Mars  TISON Georges Joseph
        ,  né le 4 juin 1891 à Obies (Nord),  fils de Pierreet de CLOUET Desange Célina.
        "Mort pour la France" le 13 Décembre 1914 au bois de Mortmare (Meurthe-et-Moselle) .


    • COLLET (apparenté aux DEBEVE)
      • Mars  COLLET Léon né à Maing le 06/11/1894 fils de Victor Joseph et de Céline COUTEAU,
        son arrière-arrière-grand père COLLET Jean Antoine (1725-1805), est aussi celui de COLLET François et COLLET Henri Aimé (Morts pour la France) : ils sont donc petits-cousins.

       

         Etoffer l'arbre sous la forme ci-dessous eut été particulièrement compliqué, en attendant mieux, je les ai simplement ajoutés à la liste des DUBOIS, DUVERGER, DANHIEZ ou des DEBEVE, et pour ceux de nom différent, qui ne seraient pas conjoint de ces grands-oncles et tantes, dans la page "APPARENTÉS".


        Enfin, pour être le plus exhaustif possible, je traite également les cas où l'âge d'être mobilisé en 1914 était dépassé, et pour lesquels je mentionne essentiellement leur régiment d'active, voire ceux pour lesquels la recherche entamée n'a -encore- rien donné,  soient  5 cas, symboles ombrés gris Mars .

                   Pour plus de clarté dans ce succédané d'arbre généalogique, je vous invite à  jeter un oeil ici ; en y cliquant les arbres (les vrais) de mes 8 arrières grand-parents, vous pourrez remonter plus haut (XVI° siècle parfois), ou sur geneanet (nécessite une inscription gratuite et sans engagement au bout de quelques consultations), pour une généalogie complète.

     


     

    Mes arrière-grand-parents (AGPs) et leurs enfants :

    •  Pour un lien vers les pages des 4 familles détaillées ci-dessous utilisez le bandeau-menu du blog.

     

    •  AGPs DUBOIS Auguste Louis François ( Oxelaëre 09/09/1843 - Oxelaëre 11/10/1902 ) 
                      marié  à Oxelaere le 30/01/1868  à
              VERMEERSCH Sophie Marie Thérèse ( Cassel 19/03/1847 -  Oxelaëre 13/11/1926 )    
       ils auront 12 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

      1.  Mars  DUBOIS Charles Aimé Ernest ( Zuytpeene 11/01/1869 - Oxelaëre 1936)

      2.  Mars  DUBOIS Léon Emile ( Zuytpeene 18/03/1870 - Roubaix 22/08/1926 )

      3.  Mars  DUBOIS Jérémie Henri ( Oxelaëre 11/09/1872 -  Bissezeele 10/12/1917)

      4. VENUS  DUBOIS  Eugénie Julia Maria ( Oxelaëre 29/11/1873 -La Madeleine 05/03/1947)
              épouse en 1912 Mars  DELRUE Gustave ( Wattrelos 12/09/1866 - ? )

      5.  Mars  DUBOIS Henri Joseph Louis ( Oxelaëre 23/09/1875 - Poullan 17/11/1940 )

      6.  Mars DUBOIS Aimé Gustave Paul ( Oxelaëre 10/01/1877 - Oxelaëre 09/06/1877 )

      7.  Mars  DUBOIS Jules Alphonse Etienne ( Oxelaëre 28/08/1878 - Hem 20/02/1940 )

      8.  Mars  DUBOIS Omer Charles Raphaël ( Oxelaëre 04/11/1879 -  Oxelaëre 06/06/1881 )

      9.  Mars  DUBOIS Paul Albert Joseph ( Oxelaëre 25/09/1881 - Roubaix 27/03/1973 )

      10.  Mars  DUBOIS Fortuné Denis ( Oxelaëre 17/05/1885 -  Oxelaëre 14/06/1886 )

      11.  Mars  DUBOIS Lucien Fortuné ( Oxelaëre 13/03/1887 -  St-André lez Lille 06/02/1954 )

      12.  Mars  DUBOIS Rémi Fortuné Aimé ( Oxelaëre 09/06/1889 - ? )

     

    • AGPs DEBEVE Jean Baptiste ( Haulchin 02/05/1836 - Haulchin 06/04/1910 )
                   Marié à Haulchin le 07/10/1857 à
              LECERF Odille Joseph ( Haulchin 01/05/1837 - Haulchin 02/12/1916 )
      ils auront 13 enfants (Voir leur arbre sur Geneanet)

      1.  Mars  DEBEVE Jean Baptiste Antoine Joseph ( Haulchin 16/04/1858 - Haulchin 24/07/1903)

      2. VENUS DEBEVE Catherine Joseph  ( Haulchin 23/12/1859- Haulchin 21/08/1861 )

      3. Mars  DEBEVE Pierre François Joseph  ( Haulchin 14/11/1861 - ? )
                     époux de
                 VENUS CAFFIAUX Marie Joséphine ( Bermerain 02/01/1866 - Haulchin 26/02/1957 )
         dont :
        •  Mars  DEBEVE Jules ( Haulchin 18/03/1890 - Chateaumeillant (Cher) 23/11/1976 )

      4. VENUS DEBEVE Odile Joseph  ( Haulchin 11/1/1863 - Trith St-Léger 15/12/1957 )
                      épouse de
                 Mars   COLLET François Louis Joseph (Maing 01/05/1856 - ?)
          dont :
        •  Mars  COLLET François Jean ( Maing 13/03/1890 - Ste Menehould 27/09/1914 )
                "Mort pour la France"

        •  Mars COLLET Henri Aimé ( Haulchin 09/09/1894 -Mesnil les Hurlus 03/03/1915 )
                "Mort pour la France"

      5. VENUS DEBEVE Elise Marie Joseph  ( Haulchin 04/10/1865 - ? )
                    épouse de Mars  CAFFIAUX François Aimé ( Bermerain 25/04/1864 - ? )
             
      6. Mars DEBEVE Ferdinand Eusèbe ( Haulchin 02/03/1868 - ? )

      7. Mars DEBEVE Léon Joseph ( Haulchin 30/06/1870 - Haulchin 04/04/1871 )

      8. Mars DEBEVE Léon Jules ( Haulchin 21/04/1872 - Haulchin 11/07/1950 )

      9. VENUS DEBEVE Nathalie ( Haulchin 12/02/1874 - Valenciennes 20/10/1954 )
                    épouse de Mars  DUBOIS Henri Joseph Louis

      10. Mars DEBEVE Antoine ( Haulchin 12/03/1876 - ? )

      11. VENUS DEBEVE Odile Catherine ( Haulchin 30/01/1878 - Wambrechies 24/12/1935 )
                  épouse de Mars  BECQUET Henri Romain Jean Baptiste ( Loon-Plage 13/07/1877 - ?)

      12. VENUS DEBEVE Marie Célestine ( Haulchin 25/08/1880 - Haulchin 23/07/1881 )

      13. Mars  DEBEVE né sans vie ( Haulchin 26/05/1882 )

     

    • AGPs DUVERGER  :

      • DUVERGER Siméon Alexandre dit Alfred ( Versigny 15/05/1849 - Le Quesnoy 13/12/1933 )
                  Marié en premières noces à Villers-Pol le 06/11/1876 à
             GLINEUR Thérèse ( Villers-Pol 08/07/1865 - Villers-Pol 30/05/1880 )
      ils auront 2 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

      1. Mars  DUVERGER Alfred ( Le Quesnoy 18/04/1877 - Valenciennes 01/06/1928 )

      2. VENUS DUVERGER Marguerite Aline (Villers-Pol 03/04/1879 - Le Quesnoy 13/05/1881)              


      • DUVERGER Siméon Alexandre dit Alfred ( Versigny 15/05/1849 - Le Quesnoy 13/12/1933 )
              Marié en secondes noces à Le Quesnoy le 28/02/1881 à
        BRACQ Marie Joseph ( Villers-en-Cauchies 27/03/1859 - ? )

               ils auront 2 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

    1. VENUS DUVERGER Marie Joséphine ( Le Quesnoy 12/05/1881 - Valenciennes 15/10/1946 )
                  épouse (04/01/1902) DELVAUX Clodomir Alfred ( Crespin 06/02/1868 - ?)

    2. VENUS DUVERGER Marguerite Aline ( Villers-Pol 17/10/1882 - Drancy 04/07/1956)
      •  veuve de BLAS Léon René ( Ghissignies 11/02/1883 - Raismes 20/04/1914),
                 épousé le 24/03/1906 à Le Quesnoy.
      •  épouse (8/7/1920) de Mars LEROY Paul René (St-Martin/Ecaillon 30/11/1895 - Drancy 16/12/1964)

     

    • AGPs  DANHIEZ Dominique Eloi ( Sebourg 02/03/1851 - Sebourg 02/03/1928)
                      Marié à le 01/06/1874 à Sebourg
              NOTELET Elise ( Sebourg 12/04/1853 - Sebourg 16/08/1932 )
      ils auront 6 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

      1. VENUS DANHIEZ Elise Philippine ( Sebourg 28/06/1874 - Sebourg  13/11/1959 )
                        épouse de Mars  DELVIGNE Emile ( Jenlain 12/12/1873 - Sebourg 25/09/1934)

      2. VENUS DANHIEZ Marie Sophie ( Sebourg 22/03/1877 - Valenciennes 07/05/1967 )
                        épouse de Mars  DUVERGER Alfred

      3. Mars  DANHIEZ Edmond Eloi (Sebourg 04/12/1879 - ~1960 )

      4. Mars  DANHIEZ Albert Joseph ( Sebourg 03/06/1882 - Quarouble 09/06/1956)

      5. Mars  DANHIEZ Felix Eloi ( Sebourg 31/08/1887- Valenciennes 10/08/1978 )

      6. VENUS DANHIEZ Jeanne ( Sebourg 11/08/1890 - Marly-lez-Valenciennes ~1975)
                     épouse deMars  BLARY Marcel (Marly-lez-Valenciennes 02/08/1891 - Marly 19/05/1956)

      

     

         Ceci dans les limites de mes connaissance actuelles  (quelques "?" subsistent concernant les dates et lieux de décès plus difficiles à trouver, et certaines descendances restent à exploiter.) ! Merci d'avance à tout lecteur qui en saurait un peu plus.

        La dernière classe appelée en 1918 fut par anticipation la classe 1919, celle des jeunes gens nés en 1899 ; par ailleurs  la "libération des obligations militaires" : l'active, puis la réserve et enfin la territoriale et sa réserve, soient 29 ans, donnent -pour être directement concerné- une fourchette des classes 1889 à 1919, ou si l'on préfère de naissance : 1869-1899. Si l'on ne trouve guère de plus jeunes, il en fut de plus âgés.

        Certains n'ont pas pu rejoindre leur affectation, la région ayant été envahie rapidement (Valenciennes le 24 Août 1914 au soir, soit le 23° jour d'une guerre qui allait en compter 1562), d'autant que parfois leurs fonctions en faisaient sur place des affectés spéciaux. Quelques-uns rejoindront pourtant les lignes alliées en traversant le front.

        D'autres trop âgés pour être mobilisés ont des enfants en âge de l'être, ce qui a donné, en l'étendue de mes connaissances : 2 Morts pour la France.

         Une chance : ces aïeux sont "de Ch'Nord" autour de Valenciennes-Le Quesnoy, ou de Cassel (Oxelaëre en majorité) à l'époque de la conscription, et les AD59 ont publiés très tôt les documents les concernant, ou répondaient favorablement à mes demandes, avant qu'ils ne soient en ligne jusqu'en 1921.

     

         J'ai entrepris pour chacun d'entre eux de retracer son parcours, lorsqu'il a été du moins possible d'accéder à l'Etat Signalétique et des Services qui le relate, seul document fiable disponible, sauf pour mon grand-père maternel (DUVERGER Alfred), dont j'ai les livrets militaires.

        Cependant la Seconde Guerre a jeté le trouble dans les archives : en effet les états signalétiques restent au centre mobilisateur tant que le soldat n'est pas libéré des services, puis ils sont transmis au ministère de la guerre, qui ensuite les transmet, dans un délai que je ne connais pas, aux archives départementales. Or en Mai 1940 le centre de la ville de Valenciennes a brûlé, et une partie des archives a été détruite. Il en est de même pour Dunkerque en 1940 et 1944, centre de recrutement dont dépendait Cassel.


         Après guerre, dans les années 1955-60, pour reconstituer les données perdues, les soldats concernés - ou leur famille- ont été sollicités, ce qui a donné naissance à des descriptions souvent incomplètes sous le nom de "Feuillet Nominatif de Contrôle", quand il y a eu réponse des intéressés. Parfois seuls figurent nom, prénom et n° matricule, parfois ... rien. Curieusement, les ESS originaux sont en unique exemplaire, ce qui est - Histoire à l'appui- assez "risqué " pour un tel document !

            

     

     

     

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27 août 2014

DUBOIS

 

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  Le symbole ombré bleu de Mars Mars  pointe vers le détail du parcours du soldat.

 

  •  AGPs DUBOIS Auguste Louis François ( Oxelaëre 09/09/1843 - Oxelaëre 11/10/1902 ) 
                    marié  à Oxelaere le 30/01/1868  à
            VERMEERSCH Sophie Marie Thérèse ( Cassel 19/03/1847 -  Oxelaëre 13/11/1926 )    
     ils auront 12 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

    1.  Mars  DUBOIS Charles Aimé Ernest ( Zuytpeene 11/01/1869 - Oxelaëre 1936)

    2.  Mars  DUBOIS Léon Emile ( Zuytpeene 18/03/1870 - Roubaix 22/08/1926 )

    3.  Mars  DUBOIS Jérémie Henri ( Oxelaëre 11/09/1872 -  Bissezeele 10/12/1917)

    4. VENUS  DUBOIS  Eugénie Julia Maria ( Oxelaëre 29/11/1873 -La Madeleine 05/03/1947)
            épouse en 1912 Mars  DELRUE Gustave ( Wattrelos 12/09/1866 - ? )

    5.  Mars  DUBOIS Henri Joseph Louis ( Oxelaëre 23/09/1875 - Poullan 17/11/1940 )

    6.  Mars DUBOIS Aimé Gustave Paul ( Oxelaëre 10/01/1877 - Oxelaëre 09/06/1877 )

    7.  Mars  DUBOIS Jules Alphonse Etienne ( Oxelaëre 28/08/1878 - Hem 20/02/1940 )

    8.  Mars  DUBOIS Omer Charles Raphaël ( Oxelaëre 04/11/1879 -  Oxelaëre 06/06/1881 )

    9.  Mars  DUBOIS Paul Albert Joseph ( Oxelaëre 25/09/1881 - Roubaix 27/03/1973 )

    10.  Mars  DUBOIS Fortuné Denis ( Oxelaëre 17/05/1885 -  Oxelaëre 14/06/1886 )

    11.  Mars  DUBOIS Lucien Fortuné ( Oxelaëre 13/03/1887 -  St-André lez Lille 06/02/1954 )

    12.  Mars  DUBOIS Rémi Fortuné Aimé ( Oxelaëre 09/06/1889 - ? )

 

Ainsi que : (Cliquer sur "Apparentés" dans le menu ci-dessus).

  • MICHEAUX 
  • LALOUX
  • HAINAUX

 


 DUBOIS


 

 

 

  • DUBOIS Charles Aimé Ernest :

    Né en 1869, il est "de la classe 1889". Tirage n° 100 dans le canton de Cassel, il est déclaré "bon pour le service" au centre de recrutement de Dunkerque sous le n° matricule 856, mais dispensé "Article 21" comme aîné de 7 enfants (à l'époque).

     La dispense lui permet de ne faire qu'un an sur les trois. Il part le 11/11/1890 pour le 110e Régiment d'infanterie en garnison à Dunkerque, où il reçoit le n° matricule dit "au corps" 1977 ; le 24/09/1891 il est envoyé en disponibilité en attendant son passage dans la réserve qui aura lieu le 01/11/1893.

    Il a reçu le "certificat de bonne conduite".

    Après avoir effectué 2 périodes d'exercices de 4 semaines en octobre 1895 au 110° "de ligne" puis en juin 1899, toujours au 110° RI, il passe dans l'armée territoriale le 01/11/1903, puis dans la réserve de celle-ci le 01/10/1909.

    Rappelé à l'activité à la mobilisation générale (décret du 1er Août 1914), il rejoint le 16 avril 1915 le 8° Régiment d'infanterie territoriale (RIT).

    Ce régiment occupera successivement depuis cette date :
      • Les tranchées du groupement de Nieuport avec les fusiliers marins
      • Le secteur de l'Yser entre Boesinghe et l'armée anglaise
      • Les tranchées devant Nieuport en relève du 6°RIT
      • Les tranchées des secteurs de Chuignes et Foucaucourt
      • Le plateau de Lorette (8 octobre 1915)
      • Le secteur de Dannemarie ( Alsace ) en nov. 15 après un court repos
      • Les secteurs de Moulainville à Déramée près de Verdun le 27 mars 1916 qu'il ne quittera que le 29/12/1916.

  •  A signaler : le 29/11/1915 l'aumônier (et brancardier divisionnaire de la 28eDiv) Charles Louis Joseph Thellier de Poncheville, né le 25/8/1875 à Valenciennes est fait chevalier de la Légion d'Honneur (in historique régimentaire). L'abbé publiera "Dix mois à Verdun".

    Charles DUBOIS passe ensuite au 3° Bataillon de Génie à une date qu'on ne peut malheureusement pas déchiffrer sur son ESS, le feuillet décrivant la suite de son parcours ayant été collé au mauvais endroit, puis décollé sans trop de précaution, à moins que ce ne soit pour effacer une information erronée :

    92075872

    Cet ajout nous apprend qu'il a été successivement

          - au 11° Régiment d'Artillerie à Pied, où il arrive le 12 octobre 1916,
          - au 10° Régiment d'Artillerie à Pied, où il arrive le 1er novembre 1916.

    Le 24 mars 1917 il est détaché agricole catégorie B dans le département de l'Eure, puis affecté au 68° Régiment d'Artillerie à Pied le 1er août 1917 qu'il quitte le 10 novembre 1917 pour le 28° Régiment d'Infanterie. Ces deux dernières affectations qui ne sont, comme pour tous les détachés, qu'administratives, ne sont pas prises en compte : ne seront validées "Campagnes contre l'Allemagne" que les périodes du 16 avril 1915 au 23 mars 1917.

    Initialement prévu pour être libéré (des obligations) du service militaire le 1er octobre 1915, puis 1916, il le sera officiellement le 30/11/1918 à 49 ans.

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  • DUBOIS Léon Emile :

    Né en 1870, il est "de la classe 1890". Tirage n° 63 dans le canton de Cassel, il est déclaré "bon pour le service" au centre de recrutement de Dunkerque sous le n° matricule 657.

    Il part le 12/11/1891 pour le 3e Régiment du Génie en garnison à Arras, où il reçoit le n° matricule dit "au corps" 4254 ; nommé sapeur-mineur le 15/06/1893 il est envoyé en disponibilité le 25/09/1894 en attendant son passage dans la réserve qui aura lieu le 01/11/1894.

    "Certificat de bonne conduite" accordé.

    Après avoir effectué 2 périodes d'exercices de 4 semaines dans le 3° RG en mars 1897, puis mai 1900, il passe dans l'armée territoriale le 01/09/1904 ; après 1 autre  période de 2 semaines en septembre 1907 au 1er Bataillon Territorial du Génie, il passe dans la réserve territoriale le 01/10/1910.


    DUBOIS Léon Emile est rappelé à l'activité à la mobilisation générale (décret du 1er Août 1914), il rejoint le 13 avril 1915 le 1er Bataillon Territorial du Génie, passe au 1er Régiment du Génie où il arrive le 14 mai 1915. Détaché agricole du 27 juin au 14 juillet 1917, il est affecté au 8° RIT puis maintenu détaché à compter du 10/11/1917.

    Seront validées "Campagnes contre l'Allemagne" les périodes du 13 avril 1915 au 13 juillet 1917. La méconnaissance de la compagnie du génie dans laquelle il s'est trouvé empêche de reconstituer son parcours de guerre.

    Initialement prévu pour être libéré (des obligations) du service militaire le 1er octobre 1916, puis 1917, il le sera officiellement le 10/12/1918 à 48 ans.

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  • DUBOIS Jérémie Henri :

    Né en 1872, il est "de la classe 1892". Tirage n° 107 dans le canton de Cassel, il est déclaré "bon pour le service" au centre de recrutement de Dunkerque sous le n° matricule 322, mais dispensé "Article 21", car ayant un frère au service ( DUBOIS Léon Emile ci-dessus).

    Parti le 11 novembre 1893 pour le 110° Régiment d'Infanterie en garnison à Dunkerque,  il reçoit le n° matricule dit "au corps" 4154 ; il est renvoyé en congé le 25/09/1894 en attendant son passage dans la réserve qui aura effectivement lieu le 1/11/1896.

    Il a reçu le "certificat de bonne conduite".

    Classé aux affectations spéciales comme préposé de douane à Moerkerque(*) au 1/11/1897, il est dispensé des périodes d'exercices, et passe dans la territoriale le 1/10/1906, puis dans la réserve de celle-ci le 1/10/1912.

    DUBOIS Jérémie Henri est rappelé à l'activité à la mobilisation générale (décret du 1er Août 1914), mais la commission spéciale de réforme de Dunkerque le classe "Réformé N°2" pour affection cardiaque, et confirme la décision le 7/10/1915.

    Il est destiné à être libéré du service militaire le 1er octobre 1918, mais il décède à Bissezeele le 10 décembre 1917.

    (*) Moerkerque (Eglise des marais) en France, dont le poste de douane dépendait avec 9 autres de la capitainerie d'Honschoote.

     

    92109069



    92109167

    Voir sur Google map

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    • DELRUE Gustave

                    Ce Grand'Oncle par alliance me pose problème : Il est né DELROEUX Gustave le 12 septembre 1866 à Wattrelos, de DELROEUX Edouard né à Coyghem (Belgique, 10km de Wattrelos). Son acte de naissance porte en mention marginale une référence au jugement du Tribunal de Lille le 9/01/1902 disant que l'enfant né DELROEUX portera dorénavant le nom orthographié DELRUE, nom sous lequel il épouse donc ma grand'tante à Wattrelos en 1912.

                Est-ce parcequ'il était d'ascendance Belge ? Je n'ai à ce jour trouvé trace nulle part dans le département du Nord du périple militaire qu'il aurait dû effectuer avec la classe 1886, sauf si les termes de la convention conclue le 30 juillet 1891 entre la France et la Belgique, et qui attendait le choix de la nationalité aux 22 ans révolus, lui ont permis de le faire en Belgique.

 

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  • DUBOIS Henri Joseph Louis :

    Né en 1875, mon Grand-Père Paternel est "de la classe 1895". Tirage n° 23 dans le canton de Cassel, il est déclaré "bon pour le service" au centre de recrutement de Dunkerque sous le n° matricule 1055.

    Parti le 16/11/1896 pour le 8° Régiment d'infanterie cantonné à St Omer, où il reçoit le n° matricule "au corps" 7205, il passe caporal le 22/05/1897, puis sergent-fourrier le 19/09/1898. Il est envoyé dans la disponibilité le lendemain, en attendant son passage dans la réserve de l'armée active le 1/11/1899.
    Le voici photographié en 1897 à St Omer, chez A. GAUTRON, photographe, 62 rue de la Poissonnerie :

    92108922

     



    "Certificat de bonne conduite accordé"

    Il est classé non disponible comme homme d'équipe au chemin de fer du nord à Valenciennes à compter du 5 décembre 1900 ; sa situation évolue en non-affecté par décision ministérielle du 2 octobre 1902, puis affecté spécial au 16/07/1910, ce qui l'a dispensé des périodes d'exercice de 1902 et 1905, mais il en a accompli une de 15 jours à la 5e Section de Chemin de fer de Campagne en Octobre 1910.

    DUBOIS Henri Joseph Louis est rappelé à l'activité à la mobilisation générale du 2 Août 1914 (décret du 1er), et maintenu à disposition. La guerre le trouve à son poste, et l'invasion de Valenciennes le 24 Août 1914 le maintient à celui-ci jusqu'à la libération le 2 Novembre 1918.

    Je possède toujours le brassard blanc avec un rectangle rouge que devaient porter les cheminots durant l'occupation :

    92108882



    Il devait passer dans la réserve de la territoriale le 1er octobre 1915, puis libéré du service militaire 6 ans après soit en 1921, il l'a été effectivement le 10 Novembre 1924, il avait 49 ans.

    Sera validée "Campagnes contre l'Allemagne" la période du 2 août 1914 au 7 Février 1919.

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  • DUBOIS Jules Alphonse Etienne :


    Né en 1878, il est "de la classe 1898". Tirage n° 113 dans le canton de Cassel, il est déclaré "bon pour le service" au centre de recrutement de Dunkerque sous le n° matricule 629, mais dispensé "Article 21", car ayant un frère au service (DUBOIS Henri).

    Il sera incorporé le 14/11/1900 au 91e Régiment d'Infanterie. Soldat de 1ere Classe le 21 Août 1901, il est envoyé dans la disponibilité le 24 septembre 1901.

    Certificat de bonne conduite accordé.
    Il passe dans la réserve d'active le 1/10/1902, puis dans la territoriale le 1/10/1912 au régiment d'infanterie de Dunkerque (le 110° RI). Il est nommé caporal le 1/07/1905 à l'issue dune période d'exercices de 4 semaines en août 1905. Il en effectuera une autre en Mars 1909.
    DUBOIS Jules est rappelé à l'activité à la mobilisation générale du 2 Août 1914 (décret du 1er) et rejoint le même jour le 8° Régiment Territorial d'Infanterie.

          Porté disparu à Lille le 10 octobre 1914, il est en réalité prisonnier au camp de Merseburg(*) et en sera rapatrié le 12 janvier 1919  (on lui accordera une permission de 60 jours).

          La mise en ligne récente des documents de la Croix-Rouge internationale permettent de savoir - à défaut de renseignements surt son séjour- qu'il a été rapatrié avec de nombreux autres prisonniers de Mersebourg en passant par la Hollande et la Belgique.

    DUBOISJFPG
    Sa fiche nominative.

    DUBOISJLPGExtrait de la liste énumérant les prisonniers au départ de Merseburg via Bentheim, à la frontière germano-néerlandaise.

    de Merseburg à Valenciennes par Bentheim : 900km
    Le trajet supposé de Mersebourg à Valenciennes, via Bentheim, soit environ 900km.




    HISTORIQUE
    du
    8° Régiment Territorial d'Infanterie

        Au début de la guerre, le 8e régiment territorial d'Infanterie travaille à l'organisation du camp retranché de Dunkerque.
        Le 14 septembre 1914, différentes fractions du 4e bataillon qui avaient été, dans la nuit du 13 au 14, occuper Rousbrugghe, en Belgique (30 kilomètres de Dunkerque) ont un engagement avec un parti de cavalerie allemand établi dans le voisinage. Les uhlans se sauvent laissant 1 mort et emportant leurs blessés; le 8e a 2 morts et 10 blessés.
        Le 16 septembre 1914 le 2e bataillon est envoyé à la garde des voies ferrées que les Allemands détruisent dans leur retraite vers l'Est ; les compagnies sont déta­chées à La Madeleine, Dourges, Lens, Don Sainghin.
        Le 17 après un léger engagement avec des autos-­mitrailleuses allemandes, il réussit à faire évacuer sur Dunkerque un convoi de 150.000 litres d'essence requis à Corbehem.
        Le 24 septembre 1914, le 3-bataillon part dans la direction de Douai.
    Du 9 au 12 octobre, les 2° et 3° bataillons participent vigoureusement à la défense de Lille avec deux compa­gnies du 5e deux compagnies du 7e territorial. Ces bataillons ayant finalement été faits prisonniers, le nombre des tués et blessés (assez important) est inconnu, mais le prince de Bavière félicite le comman­dant de Pardieu, du 8e territorial, de sa belle défense et l'autorise a garder son épée.

    in "historique du 8°RIT", Chapelot, sd.



    Ses campagnes contre l'Allemagne sont ainsi décrites  :

    • aux armées   du   2 août 1914      au 9 octobre 1914
    • en captivité  du 10 octobre 1914  au 11 janvier 1919
    • à l'intérieur   du 12 janvier 1919    au 17 mars 1919.


    soient 1688 jours  : il n'est pourtant (totalement) libéré du service militaire que le 10/11/1927 au lieu du 1/10/1924 initialement prévu. Entre-temps -alors qu'il est passé dans la réserve de la territoriale- il est concerné par le "plan P" de mobilisation Provisoire (contre l'Allemagne, mais aussi en protection de la Pologne contre la Tchécoslovaquie, en 1920-21 l'armée pense à "la suivante" ! )

    (*) le camp de Merseburg/Mersebourg situé non loin de Leipzig (Saxe)

    92138085
    Voir sur Googlemap

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  • DUBOIS Paul Albert Joseph

    Né en 1881, il est de la" classe 1901", mais nous n'en saurons pas beaucoup plus à son sujet, car son Etat Signalétique et des Services a disparu, probablement dans les destructions de Dunkerque en 1940 et 1944, et la "feuille nominative de contrôle" (2 pages) qui tente de pallier aux données disparues en 1946 contient en tout et pour tout les renseignements suivants, hormis nom, prénom et classe :

    • Le numéro matricule de recrutement : 554

    • La mention (hors rubrique) : "A droit : au titre du 327°RI 24°Cie u.c. du 26/6/15 au 24/2/16. Fait prisonnier à Verdun"

    • en bas de page :  "renouvlt C.C. office Nord le 10-1-46"

    Le peu que l'on devine donc est qu'il a été fait prisonnier à Verdun au déclenchement le 21 février des hostilités sur ce secteur.
    Voila ce qu'en dit l'Historique du 327°


HISTORIQUE
du
327° Régiment d'Infanterie

    Sortant du dur secteur des Eparges, fatigués par des travaux exécutés dans de mauvaises conditions climatiques et de confort, privés souvent d’abris, sans repos efficace depuis près de deux mois, les hommes reçurent, dans un état d’infériorité matérielle, le 21 février 1916, à 7 heures, les premiers obus allemands, prélude de la furieuse et «colossale» attaque que les boches allaient déclencher sur Verdun.

Pendant quatre jours, ces troupes supportèrent un violent bombardement par obus de tous calibres et par obus lacrymogènes, tantôt continu sans violence, tantôt intermittent avec intensité, détruisant leurs tranchées, ensevelissant, tuant ou blessant leurs défenseurs.

Par suite du repli des troupes voisines du Bois de Caures et du Bois de Ville, le village de Beaumont passe en première ligne. Ordre est donné à ses occupants de résister coûte que coûte. Des contre-attaques essayent de reprendre le Bois de la Wavrille afin de ne pas laisser encercler Beaumont.

    Le 24 février, dans l’après-midi, ce village est attaqué de tous côtés, il succombe à la fin de la journée.
Le 6° bataillon, sous les ordres du commandant DATH, après avoir vaillamment combattu dans l’Herbebois, cherche à résister dans le bois des Fosses aux vagues ennemies sans cesse renouvelées.
Il combat pied à pied avec les quelques défenseurs qui restent et ne se retire que vaincu par la masse. Pendant ces quatre journées, la conduite de toutes les troupes du 327° fut digne d’éloges.

     Les pertes s'élevèrent d’ailleurs à 27 officiers et 1538 hommes de troupe. Il n’était d’ailleurs plus possible, le 26 au matin, que de mettre en ligne, près de Fleury, 125 fusils.
Pour bien prouver la belle attitude des troupes et de leurs chefs, qu’il me soit permis de rappeler les textes des citations à l’ordre de la 2° armée, obtenues par la commandant DATH et le 5° bataillon :

Chef de bataillon DATH, du 327° RI :
« a toujours fait preuve, depuis le début de la campagne, des plus grands qualités militaires. S’est particulièrement distingué par son sang-froid et son énergie dans les combats des 22, 23 et 24 février où il a pris les dispositions les plus judicieuses pour infliger à l’ennemi des pertes sanglantes. A maintenu sa troupe dans l’ordre le plus parfait »

Le 5e Bataillon du 327e Régiment d’Infanterie :
« Après quinze jours de travaux pénibles, hâtivement exécutés, dans les pires conditions climatiques, avec des moyens de combat très limités, s’est vu échoir la lourde tâche de défendre le village de Beaumont. »
« Pendant quatre jours, du 21 au 24 Février 1916, sous la conduite de son chef, le Commandant Bordage, soldat d’une énergie farouche et organisateur remarquable, cette unité a tenu tête à des forces d’une supériorité numérique écrasante et leur a infligé des pertes énormes. »
« Par sa ténacité stoïque, par son sacrifice total, qui ont permis aux réserves d’arriver, elle s’est mise au premier rang des Sauveurs de Verdun. »

 Voici ce qu'en dit également le Journal de Marche et opérations du 327°RI :

92166730

     Rattaché à la circonscription de la ville d’Etain, Beaumont, situé à une 15aine de km au NNE de Verdun se retrouve au milieu des combats de la Bataille de Verdun. Pris par les Allemands le 24 février 1916, seulement 3 jours après le début de la bataille, il n’est repris par l’armée française que le 8 octobre 1918 malgré la tentative d’une offensive en août 1917 orchestrée par Pétain.
Il est déclaré village « mort pour la France »  (village détruit et non reconstruit) et classé en « Zone Rouge » (La zone rouge est le nom donné en France à environ 120 000 hectares de champ de bataille où, à cause de dégâts physiques majeurs sur le milieu pendant la Première Guerre mondiale et en raison de la présence de milliers de cadavres et de millions de munitions non explosées, certaines activités ont été provisoirement ou définitivement interdites par la loi)

 

      C'est donc fort probablement à cet endroit, à ce moment que DUBOIS Paul Albert Joseph a été fait prisonnier. Reste à savoir où et jusqu'à quand ...............

 

  • La mise en ligne des fiches et listes du CICR nous a permis d'en apprendre un peu plus sur sa captivité :

    DUBOISPPGF
    3 références sur sa fiche, qui débouchent
    sur trois listes nominatives indiquant le camp.
    Il est signalé appartenant à la 23° Compagnie

    DUBOISPPGL1
    le 15 avril 1916 il est au camp de Giessen. Compagnie et régiment sont confirmés, ainsi que sa résidence : Wattrelos

    DUBOISPPGL2
    Le 17 Mai 1916, toujours au camp de Giessen

    DUBOISPPGL3
    Le 1er Novembre 1916, venant de Giessen il a été transféré aucamp de Heilsberg, qui dépend de Stallüponen, en Prusse Orientale.


    Heilsberg est maintenant une vile de Pologne, dont le nom est  Lidzbark Warminsk, et Stallüponen est en Russie, dans l'enclave ayant une bordure maritime,
    de Lidzbark Warminski à Nesterov
    Quelques 160km les séparent :

    Heilsberg
    Peu de renseignement sur le camp d'Heilsberg .....

    MBK
    Un dernier petit mystère :
    Que signifient les lettes M.B.K. ????
    Peut-être Militär Bezirk Kommandantur : Commandement de District Militaire ...

  •  A la mobilisation, le 327° RI, régiment de réserve du 127°, (tous deux "régiments de Valenciennes") est constitué de 2 bataillons, les 5° et 6° , en complément des 4 du 127°; la 24° Compagnie appartient au dernier, avec les officiers suivants :

 

État-major :

Lieutenant-Colonel active : VERZAT  
Capitaine active : GERVALLE  adjoint au chef de corps
Médecin Major de 2e Classe active : GARNIER  Chef de Service de Santé
Lieutenant de réserve : DELBECQUE  officier des détails
Lieutenant de réserve : LEBACQZ officier d'approvisionnement
Lieutenant de réserve : VILAIN  officier téléphoniste
Lieutenant de réserve : DOUAY  lieutenant porte-drapeau

(...................)

6e bataillon :

Chef de bataillon commandant  :  RICHARD D'IVRY
Sous officier de cavalerie adjoint : PAYEN
Médecin aide-Major de 2e Classe : LECLERCQ
Médecin auxiliaire : VITON Emile
Adjudant de bataillon : MAURIS (réserve)
(........)

24e compagnie 
MILLESCAMPS : capitaine (active) 
DESORBAIX : lieutenant (réserve) chef 1ère section
STRADY : adjudant (réserve) chef 2e section
QUENTIN : adjudant (active) chef 3e section
PATIN : sous-lieutenant (réserve) chef 4e section

 

  • L'historique permet de retracer son parcours de la mobilisation jusqu'à l'affaire de Beaumont :

    • 23 Aout 1914 : Sur la Meuse (Hastières, Anthée en Belgique), défense de la traversée de la rivière
      • C'est à Hastières que succombe le sergent René GEORGE - Valenciennois d'adoption né à Biesles dans la Haute-Marne (état-civil vérifié. Ce soldat - qui a sa rue à Valenciennes- avait été sacré "Champion du monde de tir à l'arme de guerre" à Stockholm en 1914.
        Fiche MDH et citation :

        92168003

    • Bataille de la Marne : Marais de St Gond, Corfelix
    • Défense de la ville de Reims
    • Avril 1915 : Secteur du Bois des Zouaves
    • Mai 1915 : Hébuterne
    • Septembre 1915 : Secteur de Lihons puis attaques de Champagne
    • Octobre 1915 : Ferme de Navarin
    • Décembre 1915 : Région de Verdun

       

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  • DUBOIS Lucien Fortuné

    Né en 1887, il est "de la classe 1907". Son Etat Signalétique et des services ayant disparu (faits de guerre à Dunkerque 1940 & 1944), le peu d'information provient du Feuillet Nominatif de Contrôle, reconstitué en 1964 :

    • N° matricule de recrutement : 1907
    • Incorporé au 127° RI du 1/10/1908 au 1/10/1910.
    • Considéré comme appelé sous les drapeaux et maintenu dans son emploi du temps de PAIX au titre de la 5° section des chemins de fer de campagne et mis à la disposition du réseau du Nord du 2/8/1914 au 9/7/1919. Ce seront aussi les dates de sa Campagne contre l'Allemagne.
    • Dégagé de toute obligation militaire le 15/10/1936.

     

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  • DUBOIS Rémi Fortuné

    Né en 1889, il est "de la classe 1909". Tirage n° 47 dans le canton de Cassel, il est déclaré "bon pour le service" au centre de recrutement de Dunkerque sous le n° matricule 1201.

    Toutefois ce n'est pas à l'ESS que l'on a accès, mais au Feuillet Nominatif de Contrôle, qui cette fois se trouve particulièrement bien rédigé quant à son parcours :

    Il est incorporé au 16e Bataillon de Chasseurs à pied le 5 octobre 1910, n° Mle au corps : 1526, et renvoyé dans la disponibilité le 25/09/1912 où il est affecté au Bataillon de Chasseurs à pied de Lille, matricule 04696.
    Certificat de bonne conduite accordé.
    Passé dans la réserve de l'armée active le 1/10/1912, il est classé affecté spécial des douanes au 11/09/1913.

    DUBOIS Rémi Fortuné est rappelé à l'activité à la mobilisation générale du 2 Août 1914 (décret du 1er), et affecté au 281e Régiment d'infanterie (de Montpellier) par la circulaire du 25/11/1915, il arrive au corps le 2 décembre 1915, le régiment est alors au repos à Agnez lès Duisans (Pas-de-Calais) . Il ne sera pas le seul douanier du Nord à être incorporé dans le 281°, l'un d'entre eux, COLLIER Auguste de Bruille-St-Amand (Nord) sera tué le 4 mars 1916 à Boësinghe en Belgique)

    Le feuillet n'en dit pas plus sur son parcours jusqu'au 9 Juin 1918, où il est "fait prisonnier à Mortemer, interné Régions envahies, rapatrié le 20/11/1918, rentré au dépot le 8/01/1919 après une permission de 30 jours"

    Mortemer ! Comme si certains toponymes laissaient prévoir qu'un jour il y aurait là les plus durs combats rencontrés par le 281°RI, au point d'amener la dissolution du régiment !

    Voici ce qu'en dit l'Historique du régiment :


    HISTORIQUE
    du
    281° Régiment d'Infanterie

        Vers le 20 mai, le régiment est en ligne en avant de Mortemer. Nous sommes loin des divers secteurs parfaitement organisés, occupés jusqu'à ce jour. Ici, peu ou point de boyaux, pas d'abris souterrains. On commence à entrevoir cette guerre de mouvement si longtemps espérée celle qui, quelques mois plus tard conduira à la victoire.
    Nous arrivons à la nuit fatale du 8 au 9 juin. Le commandement français connaît les intentions du Boche. Grisé par ses derniers succès, celui-ci va tenter une grande attaque sur le front ébranlé, croit-il, de Montdidier-Noyon.
    « Il ne faut qu'un bon coup et Paris est conquis ». Mais il y a loin du désir à la réalisation! Le Boche en fit l'amère constatation et ce fut pour lui la fin d'un beau rêve.
    En cas d'attaque, les éléments de première ligne doivent tenir sur place afin de permettre, d'abord le repli de l'artillerie en suite l'occupation de la ligne où le commandement a résolu de livrer bataille.
    Il est minuit, deux bataillons, le 4° et le 6° sont en ligne en avant de Mortemer. Le 5e bataillon vient d'être relevé par le 6e et se dirige vers ses nouveaux emplacements.
    Mais tout à coup, l'artillerie allemande rompant le silence qu'elle avait gardé durant trois jours, malgré nos plus violents tirs, ouvre un feu terrible.
    Le commandement ennemi veut en finir et a accumulé là un formidable matériel d'artillerie. A 6 heures du matin, le roulement dure encore plus violent que jamais, il s'accompagne de gaz asphyxiants. Un brouillard artificiel enveloppé les troupes et prolonge cette nuit tragique.
    Sous l'effet d'un tel bombardement, les éléments de première ligne d'un régiment immédiatement voisin, à droite, attaqués, cèdent sous le nombre, malgré une lutte opiniâtre.
    Le 281° est certainement tourné. Cependant les compagnies de première ligne combattent avec acharnement. La sombre mort fait ses ravages. Longtemps cette lutte héroïque se prolonge et l'ennemi occupe quelques villages de l'arrière qu'encore des éléments résistent.
    Grâce à cette résistance, l'artillerie a pu se replier et le commandement a pris ses dispositions. Cette offensive, la dernière, sera brisée, l'ennemi refoulé ! L'Allemagne connaîtra bientôt la déroute. Mais le 281e R.I. ne sera plus. Là s'arrête son histoire. Décimé dans cette bataille, il ne sera pas reconstitué.

     

    Entre son incorporation au 281 et la capture, DUBOIS Rémi aura connu successivement :
    • 1915
      • Thélus (sept.-déc)
    • 1916
      • Belgique (fév.-mai) : secteur vers Steenstraate et Boesinghe, où il cotoie les troupes britanniques, fort probablement Canadiennes non loin de la ferme "Canada".
      • Bataille de la Somme (juin-juil.) : secteur de Chaulnes et Rouvroy en Santerre puis Armancourt, Andechy (août-déc.)
    • 1917
      • Alsace (mars-juin) : Leimbach, canal Rhône au Rhin 
      • secteur de Reims (août-jan.18) : est de Reims, Bétheny
    • 1918
      • Champagne (mars-avril) : maison de Champagne, butte du Mesnil
      • Picardie (mai-juin) : secteur de Rollot, Orvillers-Sorel

    92217173

Mortemer sur Googlemap

  •  Alors qu'il était en Alsace en Mars 1917, DUBOIS Rémi a été cité à l'ordre du régiment : Citation N°197 du 31-3-1917 qui nous éclaire un peu sur son parcours et le pourquoi de son affectation à un régiment initialement cantonné fort loin de chez lui :

    Très bon soldat, courageux, faisait partie à la mobilisation d'un bataillon de douaniers à Valenciennes, a pris part à plusieurs engagement, a donné un bel exemple de patriotisme en franchissant les lignes allemandes au milieu de très grandes difficultés pour venir servir son pays.


    Il est décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze,

       92218045

    Sera validée "campagne contre l'Allemagne" la période du 2/8/1914 au 27/7/1919

    Il sera finalement "passé" à la compagnie des douaniers mobilisés le 15/1/19 dont il sera rayé des contrôles le 28 juillet 1919, date à laquelle il est remis à disposition de l'Administration des Douanes, Direction de Lille, classé affecté spécial comme préposé à Beuvry (Nord) le 29/05/1920 ; il passe dans la territoriale le 1/10/1923, puis dans la réserve de la territoriale le 1/10/1930. Il est enfin dégagé de toutes obligations militaires le 15/10/1938 à l'age de 49 ans.


    Le Journal officiel du 5/07/1935 nous apprendra sa mise à la retraite et surtout la validation de ses services pour la France : 

    92218845



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    Voir également les souvenirs d'Auguste DUBOIS (1903-1971), fils d'Henri Joseph Louis, qui a vécu la libération.

 


 

 

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26 août 2014

DEBEVE

 

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  Le symbole ombré bleu de Mars Mars  pointe vers le détail du parcours du soldat.

 

 

  • AGPs DEBEVE Jean Baptiste ( Haulchin 02/05/1836 - Haulchin 06/04/1910 )
                 Marié à Haulchin le 07/10/1857 à
            LECERF Odille Joseph ( Haulchin 01/05/1837 - Haulchin 02/12/1916 )
    ils auront 13 enfants :  (Voir leur arbre sur Geneanet)

    1.  Mars  DEBEVE Jean Baptiste Antoine Joseph ( Haulchin 16/04/1858 - Haulchin 24/07/1903)

    2. VENUS DEBEVE Catherine Joseph  ( Haulchin 23/12/1859- Haulchin 21/08/1861 )

    3. Mars  DEBEVE Pierre François Joseph  ( Haulchin 14/11/1861 - ? )
                   époux le 12/05/1888 de
               VENUS CAFFIAUX Marie Joséphine ( Bermerain 02/01/1866 - Haulchin 26/02/1957 )
                 dont :
      •  Mars  DEBEVE Jules ( Haulchin 18/03/1890 - Chateaumeillant (Cher) 23/11/1976 )

    4. VENUS DEBEVE Odile Joseph  ( Haulchin 11/1/1863 - Trith St-Léger 15/12/1957 )
                    épouse de
               Mars   COLLET François Louis Joseph (Maing 01/05/1856 - ?)
        dont :
      •  Mars  COLLET François Jean ( Maing 13/03/1890 - Ste Menehould 27/09/1914 )
              "Mort pour la France"

      •  Mars COLLET Henri Aimé ( Haulchin 09/09/1894 -Mesnil les Hurlus 03/03/1915 )
              "Mort pour la France"

    5. VENUS DEBEVE Elise Marie Joseph  ( Haulchin 04/10/1865 - ? )
                  épouse de Mars  CAFFIAUX François Aimé ( Bermerain 25/04/1864 - ? )
           
    6. Mars DEBEVE Ferdinand Eusèbe ( Haulchin 02/03/1868 - ? )

    7. Mars DEBEVE Léon Joseph ( Haulchin 30/06/1870 - Haulchin 04/04/1871 )

    8. Mars DEBEVE Léon Jules ( Haulchin 21/04/1872 - Haulchin 11/07/1950 )

    9. VENUS DEBEVE Nathalie ( Haulchin 12/02/1874 - Valenciennes 20/10/1954 )
                  épouse de Mars  DUBOIS Henri Joseph Louis

    10. Mars DEBEVE Antoine ( Haulchin 12/03/1876 - ? )

    11. VENUS DEBEVE Odile Catherine ( Haulchin 30/01/1878 - Wambrechies 24/12/1935 )
                épouse de Mars  BECQUET Henri Romain Jean Baptiste ( Loon-Plage 13/07/1877 - ?)

    12. VENUS DEBEVE Marie Célestine ( Haulchin 25/08/1880 - Haulchin 23/07/1881 )

    13. Mars  DEBEVE né sans vie ( Haulchin 26/05/1882 )
  •  Ainsi que :

    •  DEBEVE
        • 1 petit-cousin éloigné au 1er degré (son Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
          Mars
            DEBEVE Jean-Baptiste
          , né le 19 Août 1893 à Haulchin, fils de DEBEVE Jean Baptiste et de MATHIEU Amandine.
          "Mort pour la France" le 29 février 1916 à Pierrepont (Meurthe et Moselle).

        • 1 petit-cousin éloigné au 2d degré (son Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
          Mars  DEBEVE Auguste,  né le 3 Février 1883 à Haulchin,  fils d'Antoine et de RUIELLE Adelaïde.
          "Mort pour la France" le 19 septembre 1914 à St-Dizier (Haute-Marne).

        • 1 petit-cousin éloigné au 1er degré (son Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
          Mars  DEBEVE Jules, né à Maing le 5  Février 1885, fils de DEBEVE Jean Baptiste et de MASSART Marie-Amélie.
          "Mort pour la France" le 8 septembre 1914 à Corfelix (Marne).
        • 1 petit-cousin éloigné au 2 degré (son Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
          Mars  DEBEVE Gustave, né à Haulchin le 23 avril 1877, fils de DEBEVE Elie Joseph et de DUFOUR Azélie.

        • 1 petit-cousin éloigné au 2 degré (son Arrière-Grand-Père DEBEVE est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DEBEVE Jean Joseph né en 1759)
          Mars  DEBEVE Benoit, né à Haulchin le 16 mai 1885, fils de DEBEVE Jean Baptiste Joseph et de LUCAS Mathilde.

       

    • COLLET
      • Mars  COLLET Léon né à Maing le 06/11/1894 fils de Victor Joseph et de Céline COUTEAU,
        il a pour arrière-arrière-grand père COLLET Jean Antoine (1725-1805), marié à DUBOIS Marie-Jeanne (1753-1820), qui sont également les arrière-arrière grand-parents de COLLET François et COLLET Henri Aimé, ses petits-cousins cités ci-dessus.

 


 DEBEVE


 

 

  • DEBEVE Jean Baptiste Antoine Joseph

         Né le 16 avril 1858 à Haulchin, il est "de la classe 1878", n° 110 de tirage dans le canton de Valenciennes-Sud, Matricule 1129,  il est classé dans la 4e partie de la liste de recrutement cantonal.

    • La 4e partie : service auxiliaire, créé par la loi de 1872. Il est destiné aux jeunes gens inaptes au service actif mais suffisamment aptes à un service dans des corps non mobilisables (construction et réparation des voies ferrées,  subsistances et magasins...)


         Il aura donc un parcours "simple" passant dans la réserve d'active le 1/7/1884, dans la territoriale le 1/7/1888, dans la réserve de la territoriale le 1/11/1898 pour être libéré définitivement du service militaire le 1er Novembre 1904.

         A noter que la fiche matricule est conforme à l'instruction du 28 décembre 1879, ce modèle se différencie principalement par la présence d'une ligne pour le culte : Catholique dans le cas de Jean-Baptiste DEBEVE

 

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  • DEBEVE Pierre François Joseph

          Né en 1861, il est de la "Classe 1881", Matricule 1355, affecté au 31e RI le 5/12/1883, renvoyé en congé le 22/09/1886, il passe dans la réserve d'active le 1/7/1887 ; après des périodes au 127°RI de Valenciennes en 1888 et 1890 il passe dans la territoriale ( 2°RIT) le 1/11/1895, est promu Caporal le 10/11/1896 à la suite d'une nouvelle période, et passe dans la réserve de la Territoriale le 1/11/1901, pour être finalement libéré du service militaire le 1/11/1907.

           A la date de la mobilisation il a donc près de 53 ans et ne sera pas concerné.

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  • DEBEVE Jules

         Né en 1890, il est "de la classe 1910". N°64 de la liste de recrutement de Valenciennes-Sud, il est déclaré "Bon pour le service" sous le n° Matricule 717. Il est incorporé au 8e régiment de Hussards stationné à Verdun le 1/10/1911 comme cavalier de 2e classe, matricule 1408.
    Maintenu sous les drapeaux par application de l'article 33 de la loi du 21 mars 1905 ; Passé dans la réserve le 8 novembre 1913. Certificat de bonne conduite "Accordé" (Cette loi faisait passer le service militaire de 5 à 2 ans, sans dispense, et moyennant des "périodes") Rayé des Contrôles le 8/11/1913

         Il est rappelé à l'activité par le décret du 1er Août 1914 de mobilisation générale et arrive le 2 Août au 2e Régiment de Hussards. Celui-ci est stationné à Reims et pour partie à Verdun.

         Sans que l'ESS dise pourquoi, il est "maintenu service armé" par la commission spéciale de réforme d'Angers du 6 avril 1916.  A cette Commission, instituée par la loi du 17 Août 1915 "Seront également présentés les hommes du service armé qui seront proposés par les médecins chefs de service comme susceptibles d'être versés dans le service auxiliaire." Il est cependant rayé des Contrôles le 7 avril  pour être détaché aux établissements Delaunay-Belleville à St Denis, ce qu'il doit probablement à son métier d'ajusteur.

    93465575

     


         Il passe au 1er Régiment de Zouaves le 1er juillet 1917 en exécution de la décision ministérielle 10849-1/11 du 25 mai 1917 (tout en gardant son affectation en usine). Rentré au dépôt le 15 mai 1918, relevé d'usine par application de la loi Mourier du 10 Août 1917  fixant les affectations aux unités combattantes.   

         Il est de ce fait versé au 2e Groupe d'Aviation (D.P.T.O.)[sic, pour plus probabement Dépot du Personnel Technique de l'Aviation] en exécution de la note 11315 du GQG 1er bureau du 9/05/1918.
    Sa fiche "aéro" donne quelques chiches informations :
    • Vient du 18e inf (Relevé d'usine) le 27/05/1918
    • 29/05/1918 : Parti parc 9, Circulaire GQG n° 686 du 29/5/18
    • 25/10/1918 : vient du Parc 9.
    • 21/11/1918 : parti réserve générale de l'aéronautique à Étampes. Annexe 11, GQG 21514 du 14/11/1918

    Envoyé en congé illimité le 20 juillet 1919 échelon 7 n° 2367 par la direction départementale aérienne de Lille.

         Versé au 9e régiment du génie, il sera dégagé de toute obligation militaire le 15/10/1939.
    Ses campagnes contre l'Allemagne seront validées du 2/08/1914 au 04/04/1916 et du 18/05/1918 au 19/07/1919.

    Je n'ai de lui qu'une photo, datée par son filleul (mon père) de 1918 :

    93461672

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  • COLLET François Louis Joseph

    Né en 1856, Matricule 188 de la classe 1876, il effectue son service actif au 15e Regiment d'artillerie, du 28/12/1877 au 31/09/1878. Il est libéré du service le 01/11/1902.

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  • COLLET François Jean

         Né en 1890 (donc de la classe 1910) il est le fils de DEBEVE Odile Joseph et de COLLET François Louis Joseph ; inscrit sous le n°68 de la liste de 1910, déclaré "bon pour le service" sous le n° matricule 721, il est incorporé au 91e régiment d'infanterie stationné à Mézières (Ardennes) le 7 octobre 1911 sous le n° matricule 4547. Nommé soldat de 1ère classe le 3/10/12, il est maintenu sous les drapeaux par application de l'article 33, loi du 21 mars 1905 [ramenant la durée du service à 2 ans sans dérogation] et rendu à la vie civile le 8/11/1913, date à laquelle il passe dans la réserve.

    Certificat de bonne conduite "accordé"

        Il est rappelé à l'activité par l'article 40 de la loi ci-dessus et arrive au corps le 2 Août 1914, premier jour de la mobilisation générale, matricule 6547.


        L'historique du régiment nous permet de le suivre :


    HISTORIQUE
    du
    91° Régiment d'Infanterie


    • 5e armée
      • 2°Corps d'Armée
        • 4° Division Infanterie
          • 7e brigade d'infanterie
            • 91° RI

    PREMIERS COMBATS
    1er Août 1914 - 23 Août 1914


         Le 1er août 1914, le 91e R.I. s'embarque en chemin de fer à Charleville. Malgré l'émotion générale, le silence le plus recueilli ne cesse de régner jusqu'au moment du départ des trains, où, d'un même cœur et avec la même foi, tous entonnent la Marseillaise.

        Débarqué à Stenay le jour même, le Régiment gagne les emplacements prévus par le dispositif dit « de couverture », dans la région qui prolonge les Hauts-de-Meuse, au nord-est de Stenay ; il stationne dans la région de Vittarville, incorporant son deuxième échelon et se tenant prêt à toute éventualité.
        Le 10 août, le 91e, qui est en position d'attente entre Mangiennes et Pillon, reçoit la mission d'arrêter l'ennemi, de le forcer au combat pour évaluer ses forces. Appuyé par de l'artillerie, un bataillon ennemi se dirige sur Mangiennes. Il ne peut continuer sa progression, enrayée par les feux de mousqueterie des 2e et 3e bataillons ; il se voit même obligé de se retirer en désordre,
    laissant aux mains du 91° deux canons de 77, trois mitrailleuses, et abandonnant sur le terrain de nombreux morts et blessés. Cette première rencontre avec l'ennemi marque le premier succès du 91e R. I., auquel l'ordre n. 3 de la 4. D. I. du 11 août 1914 apportait les vives félicitations de son chef, le général Rabier, "pour avoir brillamment rempli son rôle de couverture ". Le colonel Blondin et le commandant Beslay étaient cités à l'ordre de l'armée.


    Suivront les combats de Neufchateau, puis, du 22 Août 1914 au 6 Septembre 1914,  la retraite et la bataille de la Marne.

        ARGONNE
    15 Septembre 1914 - 15 Janvier 1915


         La région boisée et ravinée de l'Argonne occidentale, où le 91e va séjourner pendant une première période de quatre mois, possède un caractère bien particulier. Le terrain, formé de cette « gaize » argileuse qui rend les communications si difficiles par temps pluvieux et qui est privé de voies d'accès, était à lui seul un ennemi. Les épais fourrés, les nombreux accidents de terrain empêchant toute vue directe, aggravant de difficultés les moindres mouvements, ne permettaient pas de déceler les intentions de l'ennemi qui pouvait, par contre, utilisant ces circonstances, agir en toute sécurité. Cette position était d'autant plus importante que l'Argonne commande l'unique voie ferrée qui autorisait le ravitaillement du camp retranché de Verdun. La conservation de ce bastion, falaise avancée de l'Ile-de-France, était primordiale.

    La poursuite s'était arrêtée devant Servon, où le 91e creusa ses premières tranchées; avec la 3e D. I., il participa, le 22 septembre et les jours suivants, il l'attaque de ce village. Les rafales de 105, les tirs de mitrailleuses, ne permirent pas de progresser et causèrent des pertes sensibles (commandant De Belenet, blessé). L'ennemi ne put s'enorgueillir d'un succès, car ses attaques renouvelées restèrent vaines.


        C'est au cours de ces opérations que le soldat COLLET François Jean est blessé au ventre, il décède de ses blessures le 27 septembre 1914 à Ste Menehould, ambulance 9-22, déclaré "Mort pour la France", comme l'authentifie sa fiche sur le site "Mémoire des Hommes"

    92351199


    fiche visible ICI ainsi que sa transcription que j'ai eu l'honneur de rédiger.


    Son corps repose avec 276 autres soldats Français dans l'ossuaire de la Nécropole Nationale de Ste Menehould, comme l'indique sa fiche du site Sépulture de Guerre.

    Voir l'album photos : clic !     

    92353637

           (puis Cliquez sur "Diaporama")         

  • Comme le spécifie le document de mémoire des hommes, son acte de décès a fait l'objet le 18 mai 1920 d'une transcription à Trith St Léger, ainsi rédigée :

    Transcription de l'acte de décès de COLLET François Jean

       Le Dix Huit mai 1920, 10h du matin, l’acte de décès ci-dessous a été transcript par Nous Jules Brisville adjoint et par délégation spéciale officier de l’Etat-Civil de Trith St Léger et conformément à l’article 77 du code civil –

         Le Directeur du Service Général certifie qu’un registre d’Etat-Civil tenu à l’ambulance 9-22 ou ambulance coloniale N°9 Actuellement déposé aux Archives de la guerre contient un procès-verbal de déclaration de décès conçu ainsi qu’il suit. Aujourd’hui 27 Septembre 1914 à Sainte-Menehould devant Nous Monsieur Fontaine Toussaint Jules Célestin, Officier d’Etat-Civil sont comparus Officier de 1° classe de Réserve les sieurs Vautrin Charles adjudant infirmier des troupes coloniales matricule 104 et Lenoir Maurice Louis Jules soldat infirmier des troupes coloniales lesquels nous ont déclaré que Collet François Jean soldat de 2° Classe 91° de Ligne N° Matricule 6547 Fils de François Louis Joseph et de Debève Odile Joseph né le 23 Mars 1892 à Maing domicilié à Trith St Léger est décédé à Sainte Menehould le 27 Septembre 1914 « Mort pour la France » par suite de plaie pénétrante à l’abdomen. De tout quoi nous avons dressé le présent procès verbal qui a été signé par nous et les témoins après lecture.

    Vu et approuvé
    J Brisville

  • Son nom figure, avec la simple initiale de son prénom (F.) sur l'actuel monument aux morts de Trith-St-Léger :

    92354236

  •   Le monument :

    92354290

     

  •  Les noms gravés sur les colonnes :

    92354302

  •   Son nom figure avec celui de son frère sur le Livre d'Or du Ministère des Pensions :

    COLLET_LO

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  • COLLET Henri Aimé

          Né en 1894 (donc de la classe 1914) il est le fils de DEBEVE Odile Joseph et de COLLET François Louis Joseph ; inscrit sous le n°78 de la liste de 1914 à Valenciennes-Sud, déclaré "bon pour le service" sous le n° matricule 885.

    Nous n'en saurons pas plus sur ses affections car son État Signalétique et des Services a été détruit, fort probablement dans l'incendie des archives de Valenciennes en Mai 1940. Il ne subsiste qu'un Feuillet Nominatif de Contrôle reconstitué qui ne contient que les maigres informations ci-dessus.

    Viennent s'y ajouter - malheureusement- celles contenues dans sa fiche de décès du site mémoire des hommes :

    92364988
    fiche visible ICI ainsi que sa transcription que j'ai eu l'honneur de rédiger.

            On y apprend que soldat au 87°RI caserné à Saint-Quentin en 1914, il a été porté disparu le 3 mars 1915 à Mesnil-les-Hurlus (Marne). Déclaré "Mort pour la France",  son décès sera officialisé par jugement transcrit à Trith-St. Léger le 13 Décembre 1921, dans lequel il est précisé qu'il était célibataire (voir ci-dessous).

         Comme souvent, lorsque la famille apprend qu'un soldat est porté disparu, elle tente de se renseigner par le biais de la Croix-Rouge, dans l'espoir de savoir qu'il est prisonnier, dans le cas d'Henri Collet la réponse a été négative, il faut attendre le jugement pour une certitude.

    CICR
    La famille étant en zone occupée,
    et la plupart du temps sans aucune nouvelle du front et des soldats,
    la demande a été formulée par un petit-cousin:
    Leon COLLET, Soldat au 43e RI, qui pouvait écrire au CICR.


    Transcription du jugement de décès
    de COLLET Henri Aimé


         Le Treize Décembre 1921, 10 heures du matin.
    Le jugement ci-dessous a été transcrit : Le tribunal, vu la requête qui précède présentée par M. Le Procureur de la République, les renseignements fournis et les pièces produites à l’appui desquels il résulte la preuve que COLLET Henri Aimé est disparu du fait de la guerre depuis plus de deux ans, Vu l’article 99 de la loi du 25 juin 1919, 
         Après en avoir délibéré conformément à la loi Déclare constant que Henri Aimé COLLET né à Haulchin le 9 septembre 1894 fils de François Louis Joseph et de Odile Joseph Debève Célibataire exerçant la profession de tourneur demeurant à Trith St Léger soldat au 87° Régiment d’Infanterie disparu à Mesnil les Hurlus (Marne) est décédé le 3 Mars 1915 «  Mort Pour la France ».

    Dit que le présent jugement tiendra lieu de l’acte de décès qui n’a pas été dressé, qu’en conséquence son dispositif sera transmis sur les registres de l’Etat-Civil de la commune de Trith Saint Léger pour l’année courante et que mention en sera faite sur les registres des actes de décès de la même commune pour l’année 1915 en marge de l’acte le plus voisin du décès de COLLET Henri Aimé. Dit que la minute du présent jugement et l’expédition qui en sera délivrée à M. le Maire de Trith St Léger seront visés pour timbre et enregistrés gratis. Ainsi fait et jugé en audience publique le 24 novembre 1921 par messieurs Bouillon Président Devey juge, Vendron juge suppléant en présence de M. Flaell Procureur de la République assistés de M. Lecocq commis greffier. Signé Bouillon et Lecocq.

    En marge se trouve la mention suivante : visé pour timbre et enregistré gratis Valenciennes A.J. le 29 Novembre 1921 f 91 C 12 signé Dulais. La présente transcription a été faite par Nous Jules Brisville Adjoint au Maire de Trith St Léger. Officier d’état Civil par délégation spéciale

    Vu et approuvé
    J Brisville


    L'Historique du 87e RI situe les différents lieux des combats :


    HISTORIQUE
    du
    87° Régiment d'Infanterie


    • 5e armée
      • 2°Corps d'Armée
        • 3° Division Infanterie
          • 6° Brigade d'infanterie
            • 87e RI

     


     

    • Août 1914 : Virton.
    • Août-Septembre : La Bataille de la Marne (Favresse, Haussignemont, Blesmes).
    • Septembre 1914-Février 1915 : Argonne (Vienne le Château, Servon, Côte 140, Four de paris, Côte 176, Bois de la Gruerie).

    CHAMPAGNE (1915)
    ---o---

        En Champagne, du 25 février au 6 mars 1915, le 87e participe dans une très large part à l'enlèvement de la Côte 196, au Nord de Mesnil-lès-Hurlus, ne lâchant pas un pouce de terrain, malgré la violence des contre-attaques ennemies menées par des troupes fraiches de la Garde Prussienne.

    L'Ordre 35 de la D.I. relate ces faits :
    Le 87e R. I. , arrivé sur le terrain des attaques le 25 février, a partout attaqué l'ennemi avec vigueur.
    Le Commandant POINTURIER s'est couvert de gloire le 26 en entraînant, avec la plus grande vaillance, son Bataillon à l'assaut des premières et deuxièmes lignes allemandes et la Côte 196, qui ont été prises toutes les deux.
    Les unités du 87e ont repoussé vigoureusement toutes les attaques.
    La 8e Compagnie a fait, le 4 mars, 53 prisonniers.
    Les 9e et 10e Compagnies ont prêté un vigoureux appui au 120e R. I. le même jour.
    Le Commandant HUMBEL, le Capitaine de COUESBOUC, le Capitaine VERDAVAINE se sont fait remarquer par leur bravoure.
    Le Général Commandant la 3e D. I. cite le 87e pour son entrain et sa belle attitude sur le terrain des attaques. Il félicite son chef : le Colonel RAUSCHER.


      Au cours de ces journées glorieuses, le 87e a subi des pertes cruelles. 

    Officiers : 11 tués, dont 2 Chefs de Bataillon : le Commandant POINTURIER et le Commandant RICHARD ; le Capitaine PAROISSIEN, connu de tout le Régiment pour sa bravoure et sa valeur ; 16 blessés, parmi lesquels le Lieutenant RENAUX, demeuré aveugle, et 1 disparu.
    Hommes
    : 180 tués, 600 blessés et 400 disparus, la plupart tués dans de violents corps à corps.


    Le Journal de Marches et Opérations du 87eRI décrit la journée du 3 mars 1915 avec plus de précision :


       3 Mars 1915
        Vers 0h30 les 1e, 2e et 4e Cies recoivent l'ordre d'aller faire des tranchées en avant du Bon Hayot du 51e à la côte 196. A 5h deux compagnies du régiment de la garde prussienne contre attaque la 3e Cie. Cette contre attaque est repoussée et la 3e Cie fait 50 prisonniers. Vers 9h le 120e ayant dû abandonner des éléments de tranchées vers la côte 196 les 1e 4e et 2e Cies sont contraintes de se replier dans la tranchée du 51e qui se trouve prise d'enfilade par le tir ennemi. Vers 16h des fractions du Bon se trouvent coupées et faits prisonniers concurremment avec un groupe d'hommes du 51e après un violent corps à corps .
    Le 1er Bon perd un officier (ss-lt Desrousseaux) et 31 tués, 2 officiers (Cdt Richard, Cne O'Kelly) et 92 blessés et 130 disparus. Le commandement du 1er Bon est pris par le ss-lt de réserve Miroy, seul officier restant au Bon


    3e Bon Les 11e 12e Cies reçoivent l'ordre de se porter en renfort du 1er Bon du 120e pour reprendre une tranchée perdue par le Bon pendant la nuit. Ces deux compagnies renforcées par un peloton de la 10e parviennent à reprendre les 3/4 de la tranchée et y établissent un barrage : 9 hommes sont tués, le ss-lt Tangle et 12 hommes sont blessés.
    la 9e Cie est mise à la disposition du Bon Hayot.

    2e Bon situation inchangée



    92377025
    Le secteur de Le Mesnil-les-Hurlus




    Son nom figure-t-il sur l'actuel monument aux morts de Trith-St-Léger  ? Au coté de celui de son frère François Jean ?


  •     Je n'ai pas trouvé d'autre soldat Mort pour la France de ce nom à Trith que Collet Edmond fils de COLLET Emile Guislain Joseph et de VANDEN BULCHE Rosalie Josephe, né à Trith le 30/04/1883, soldat du 6° RAP, décédé le 28/01/1915 à la tranchée de Calonne. Il est possible que les prénoms "François Jean" de son frère aient créé une confusion. Après une demande d'information auprès de la mairie de Trith, le conseil municipal a décidé de rajouter le nom de COLLET Henri sur le monument, ce dont je le remercie vivement.

    MaMTrith

    •   Le monument :

      92354290

       

    •  Les noms gravés sur les colonnes :

      92354302

  •    Son nom figure avec celui de son frère sur le Livre d'Or du Ministère des Pensions :

COLLET_LO

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  • CAFFIAUX François Aimé

         Né le 25 avril 1864 à Bermerain, il est "de la classe 1884",  n°215 de tirage dans le canton de Valenciennes-Sud, et le conseil de révision le déclare "bon" sous le matricule 391.

         Il part le 27/11/1885 pour le 127° Régiment d'Infanterie en garnison à Valenciennes, immatriculé sous le n° 22. Il est envoyé en disponibilité le 14 septembre 1886 en attendant son passage dans la réserve de l'armée active dans le même régiment.
    Il y accomplit 2 périodes d'exercices de 4 semaines en octobre 1891 et août 1895.

         Il passe dans la territoriale le 1/11/1898 au 2° RIT - en garnison à Valenciennes - où il effectue une période de 12 jours en octobre 1900,  puis dans la réserve de celle-ci le 1/11/1904, pour être libéré du service militaire le 1/10/1910.

 

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  • DEBEVE Ferdinand Eusèbe

         Né en 1868, il est le premier des Debève à être frôlé par la guerre puisqu'il a 46 ans à la mobilisation générale du 2 Août 1914.

         De la classe 1888, N°200 au tirage du canton de Valenciennes-Sud (Haulchin), il est déclaré "bon pour le service" par le conseil de révision de Valenciennes et part pour le 8e Régiment de Chasseurs (à Pied) en garnison à Amiens le 11 Novembre 1889, où il est immatriculé sous le n° 686. Il est envoyé en congé le 28 septembre 1892 en attendant son passage dans la réserve de l'active qui survient le 1/11/1892.
    Certificat de bonne conduite accordé.


         Après deux périodes d'exercices de 4 semaines au 27e Régiment d'artillerie (St Omer) en septembre 1895 et octobre 1898, il est versé dans l'armée territoriale le 1/11/1902, puis effectue une dernière période de 15 jours en septembre 1905, passe dans la réserve de la territoriale le 1/10/1908, et devait être libéré du service militaire le 1/10/1914, date à laquelle la guerre a éclaté depuis 2 mois.

         De ce fait, et c'est la seule information que donne son État Signalétique et des Services, il est libéré du service militaire le 30/11/1918. (Circulaire ministérielle du 15/11/1918)
    Difficile de savoir s'il était resté en pays envahi,  la dernière adresse porté sur sa feuille matricule est à Billancourt, mais la date est incertaine : 1915 (plus probablement) ou 1925.



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  • DEBEVE Léon Jules

         Né en 1872, il est de la classe 1892,  n° de tirage 268 à Valenciennes-Sud (Haulchin), il est déclaré "bon pour le service"  au centre de recrutement de Valenciennes, matricule 525.

         Il part pour le 23° Dragons le 16 novembre 1893, matricule 2090. Envoyé dans la disponibilité le 22/09/1896, certificat de bonne conduite accordé, il passe dans la réserve de l'active le 1/11/1896. Après deux périodes d'exercices de 4 semaines (au 23° régiment de Dragons) en février 1899 et février 1902, il passe dans l'armée territoriale le 01/11/1906, puis dans la réserve de la territoriale le 1/10/1912, il est initialement prévu qu'il soit libéré du service le 1/10/1918.

    L'historique du 23° Dragons situe ainsi le régiment, rappelant son prestigieux passé :

    HISTORIQUE
    du
    23° Régiment de Dragons

       L'arrêté consulaire du 24 septembre 1803, créa trente régiments de dragons et fit passer le 14e de cavalerie dans cette arme, où il prit le n° 23. Désigné en 1805 pour faire partie du 8e corps de la Grande Armée, le 23e dragons poursuit, sous les ordres de Masséna, les Autrichiens à travers le Frioul et la Styrie, opère dans le royaume de Naples, pacifie les Calabres, assiste au siège et à la prise de Reggio, puis à tous les combats de la campagne de 1809 jusqu'à la bataille de Wagram où il se couvre de gloire et mérite de voir ce deuxième nom illustrer son étendard.

       Le 23e dragons fait ensuite partie de la 3e Division de réserve de cavalerie de la Grande Armée, et prend une part glorieuse aux combats et au passage de la Bérésina (1812). C'est le troisième fleuron de sa couronne.


        Dans l'année suivante (1813), il y ajoutera le quatrième, ayant eu l'occasion de se distinguer d'une façon particulièrement brillante à la bataille de Dresde.

        Enfin, le 23e dragons prend part à la campagne de France de 1814. Il combat vaillamment à Lisy, à la Fère Champenoise et devant Paris.

        Licencié le 14 mai 1814, le 23e dragons est reformé par décret du 29 septembre 1873 à Meaux, et incorporé à la 4e Division de cavalerie indépendante. En 1886, il est envoyé à Sedan, d'où il ira tenir garnison à Vincennes, en 1900, jusqu'à l'heure solennelle de son enlèvement pour la Frontière, le 31 juillet 1914.



        C'est donc dans l'armée territoriale que le télégramme ministériel du 3 décembre 1914 le rappelle à l'activité.
    Arrivé au corps le 8 février 1915, il est affecté au groupe territorial du 41e Régiment d'Artillerie. Il passe au 112 régiment d'artillerie lourde le 12 mars 1916, au 105e R.A.L le 1er mars 1918, au 416e RAL le 8 Août 1918, au 85 R.A.L. le 22/8/18 et enfin au 13e RAL le 18/12/18. Il est finalement envoyé en congé illimité le 26 décembre 1918.

    Ses campagnes contre l'Allemagne seront validées du 8 février 1915 au 25 décembre 1918, mais il ne sera définitivement libéré du service militaire que le 1er octobre 1919.


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  • DEBEVE Antoine

         Né en 1876, il est de "la classe 1896", No 305 de tirage dans le canton de Valenciennes-Sud (Haulchin) ; déclaré "bon pour le service" par le conseil de révision de Valenciennes, il part le 15 novembre 1897 pour être incorporé au 4° Régiment de Cuirassiers stationné à Cambrai depuis le 19 septembre 1889 dans la caserne Mortier prévue pour quelques 1100 hommes et 600 chevaux, et ce jusqu'à la déclaration de guerre.
       
         Immatriculé sous le n°3256, il est cuirassier de 2° classe le 15/11/1897, envoyé en congé le 22/09/1900 en attendant son passage dans la réserve.

    Certificat de bonne conduite "accordé".

    • Peut-être (probablement) y croisa-t-il mon grand'père maternel, DUVERGER Alfred qui sera incorporé au "4e Cuir"  de 1898 à 1901.

    • Par un autre hasard de la petite histoire c'est dans cette même caserne Mortier, devenue centre de sélection n°2 que j'ai passé ce qu'on appelait alors "les 3 jours", et qui en 1972 n'en duraient plus qu'un et demi. Au cours du séjour on y passait des batteries de tests, physiques (non sportifs !) et intellectuels, pour savoir si on était "toujours bon"...

        Debève Antoine passera dans la réserve de l'active le 1/11/1900, il y accomplit deux périodes d'exercices de 4 semaines au 15e régiment d'artillerie en mars 1903 et mars 1906.
    Le 1/10/1910 le voit passer dans la territoriale, dont la réserve l'attend au 1/10/1916, pour une libération le 1/10/1922 ... ...
    En attendant, il accomplit au groupe territorial du 41e Régiment d'artillerie une période de 8 jours en février 1912.

        Rappelé à l'activité à la mobilisation générale du 2 Août 1914 (décret du 1er), il arrive "non convoqué, muni d'un fascicule Z" (sic) au 41e d'artillerie le 25 septembre 1914.  (De couleur blanche, ce fascicule Z est remis aux hommes placés dans la position "sans affectation"à l'issue de la période d'active)

    • L'invasion du valenciennois ayant eu lieu dès le 23 Août 1914, c'est donc volontairement que Debève Antoine s'est présenté, après avoir quitté son domicile à Denain (quartier de Chabaud Latour, probablement une maison propriété des mines d'Anzin) et sa famille (il s'est marié en 1904), puis traversé les lignes allemandes ; le front -non stabilisé- étant encore suffisamment poreux à cette époque pour permettre de retrouver nos lignes. Le régiment se trouve alors à Roucy, une 20aine de kms au Nord-ouest de Reims. Encore fallait-il le localiser ! Il est probable qu'il a été orienté au vu de son livret militaire et de sa dernière période d'exercices. La bataille de la Marne se terminait, la course à la mer n'avait pas encore verrouillé la ligne de front, en tous cas, il est passé !
      • On ne peut généraliser sur 2 exemples, mais curieusement, mon grand-père maternel du 4° Cuir aura le même comportement à peu près aux mêmes dates : rejoindre l'armée en zone libre.


          Cependant, sa qualité de mineur le désigne à une tâche moins militaire mais indispensable : il est mis en sursis aux mines de Decazeville où il entre en fonction le 1er Mars 1916, registre dont il est rayé le 18 janvier 1919. Le 22 janvier il est envoyé en congé illimité par le 165°RI et se retire à Haulchin, rattaché au 127°RI, mais classé dans l'affectation spéciale au titre des mines d'Anzin du 9 Janvier 1924 au 9 novembre 1925, date à laquelle il est libéré du service.

      Selon l'historique du 41e RA, il participera aux

      • Combats devant Bouffigneux (1914)
      • Combats devant Soupir et de Champagne (1914)
      • Combats de la Woëvre autour de Verdun (1915)
      • Ceux du massif de Saint-Thierry (1915-1916)


      Ses campagnes seront ainsi décomptées :

      • Aux armées du 25/09/1914 au 1/03/1916
      • Sursis aux mines du 1/03/1916 au 18/01/1919
      • Intérieur du 18/01/1919 au 22/01/1919

 

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  • BECQUET Henri Romain Jean Baptiste

        Né le 13/07/1877 à Loon-plage, il est "de la classe 1897", n° 26 de tirage dans le canton de Gravelines, déclaré bon pour le service sous le n° matricule 1896.
        Il est incorporé au 127°RI en garnison à Valenciennes à compter du 16/11/1898, matricule 9306. Il est envoyé dans la disponibilité le 24 septembre 1901, certificat de bonne conduite "accordé". il passe dans la réserve de l'armée active le 1/11/1901.


       Il est préposé aux Douanes de Lille à partir du 1er septembre 1902 : depuis 1802 les douaniers sont des militaires,(ils regagneront le giron de l'administration en 1945) le décret du 14 juin 1894, portant création de la Médaille d'Honneur des Douanes, reconnaît dans son préambule que les agents du service actif des douanes peuvent être considérés comme «des soldats constamment en campagne»
    • "En effet, sentinelles attentives à la frontière, les brigades des douanes veillent tant à la sauvegarde des intérêts du fisc et du commerce national qu'à la défense éventuelle du territoire, pour laquelle elles sont organisées militairement."(Rapport de Monsieur Raymond Poincaré Ministre des Finances à Monsieur Sadi Carnot Président de la République)

    De ce fait il est dispensé des périodes d'exercices, et passe dans la territoriale le 1/10/1911.

         Rappelé à l'activité (décret de mobilisation générale du 1er Août 1914), il rejoint le 23 Août le Bataillon de Douaniers n°1bis, et passe au 1er Bataillon Actif le 25/12/1915.  (Décision du 25/11/1915 du général en chef) Il est remis à la disposition de l'administration des douanes le 5/12/1917, puis de la Direction des Douanes de Boulogne sur Mer le 16 février 1918. Il est nommé à [la douane de] Chéreng (Direction de Lille) le 1er Mai 1919, pour être libéré du service militaire le 10/11/1926.

    Ses campagnes contre l'Allemagne seront validées du 2 Août 1914 au 11 Février 1919.

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  • DEBEVE Jean Baptiste

         Né le 19 Août 1893 à Haulchin, fils de DEBEVE Jean-baptiste et de MATHIEU Amandine, inscrit sous le n° 88 de la liste du canton de Valenciennes-Sud, classé dans la 1ere partie de la liste de 1913, n° Matricule 1149.

         Il est incorporé au 164 Régiment d'infanterie le 27 novembre 1913, soldat de 2e classe le dit jour sous le n° matricule au corps 4099. Le régiment, formé le 15 avril de la même année, est caserné à Verdun et Longwy et affecté à la Défense de la forteresse de Verdun.


         A partir de la mobilisation, on trouve le régiment successivement :
    • 1914
             Meuse : Étain (24-25 août)
             Bataille de la Marne (5 au 13 septembre) Juvécourt (6 sept.)
            Bataille de la Woëvre et des Hauts-de-Meuse : Saint-Mihiel (26-28 septembre), Mort Homme et bois de Cumières (29 septembre)
    • 1915
             Opérations d'avril en Woëvre : Gussainville (5 avril) (fermes du Haut Bois et de l'hôpital)
             Opérations en Woëvre : Bois Le Prêtre (avril)
    • 1916
             Bataille de Verdun : Herbebois (21-24 février)

          C'est au combat du bois de l'Herbebois que DEBEVE Jean Baptiste est porté disparu le 22 février 1916, présumé prisonnier, (avis du 23/02). il a en réalité été blessé et décède des suites de ses blessures le 29 février 1916 à l'hôpital d'étape de Pierrepont. ( avis officieux du 12 mai 1916).
         Le décès sera officiellement fixé au 29/05/1916 par jugement déclaratif rendu le 29 Juin 1921 par le tribunal de Valenciennes, déclaré "Mort pour la France".

    94693317



    Le monument aux morts d'Haulchin
    95115326

    95115343
    où figure le nom de Jean-Baptiste DEBEVE

    95115375
    La statue

  •   Son nom figure  sur le Livre d'Or du Ministère des Pensions :

    DEBEVEJBLO



       

    Historique du 164e Régiment d’Infanterie.
    21-23 février 1916


        Jusqu'au 21 février 1916, les bataillons sont donc employés à des travaux défensifs ; période dont le calme même semble le signe précurseur du grand combat, de la grande bataille : Verdun (21 février 1916).

    Bataille de Verdun (21-26 Février 1916)
        Le secteur d'Ornes et de l'Herbebois était devenu plus actif que pendant l'hiver 1914-1915 où le 164e l'avait occupé pour la première fois.
    De nombreux indices faisaient prévoir les intentions offensives de l'adversaire : travaux considérables effectués tant dans la région du Cap que sur les Jumelles d'Ornes ou dans la forêt de Spincourt, brèches pratiquées dans les réseaux ennemis, circulation anormale sur les routes, etc.
        Notre artillerie exécutait des tirs nombreux sur le s organisations allemandes, et les travaux de défense étaient poursuivis avec une rapidité fiévreuse, sous l'énergique impulsion du commandant Bodot et ducapitaine Vincendon.
        Au moment de l'attaque du 21 février, le 164e avait ses trois bataillons en ligne : le 1e occupait le bois de Ville; le 2e tenait l'Herbebois; le 3e était chargé de la défense d'Ornes. Les centres de résistance que constituaient ces organisations, étaient placés sous le commandement du lieutenant-colonel Roussel, commandant le sous-secteur.
        En prévision de l'attaque, des éléments de la 51e division d'infanterie étaient venus renforcer les garnisons des centres de résistance.
    Le 21 février, à 7 h. 30, commence la plus violente préparation d'artillerie qui ait été vue jusque-là. La forêt de Spincourt est pleine de pièces de gros calibres qui bombardent sans arrêt nos organisations. En peu de temps, les arbres sont broyés, de nombreux abris effondrés, toutes les organisations téléphoniques coupées.
    Le bombardement se poursuit jusqu'à l'entrée de la nuit.
        Vers 10 heures, les Allemands lancent en avant de fortes reconnaissances et attaquent sur toute la ligne: partout, l'ennemi enlève nos tranchées et progresse au delà.
        Au bois de Ville, le capitaine Laroche est mortellement blessé en contre-attaquant bravement à la tête d'une section de réserve. La défense acharnée de nos éléments avancés, permet aux 2e et 3e compagnies d'établir un barrage à peu de distance de notre ancienne ligne, et de recueillir les débris de deux autres compagnies. On se retranche. L'avance ennemie est provisoirement enrayée.
        A l'Herbebois, l'ennemi. s'infiltrant par les bois de la Montagne et le chemin de terre de Soumazannes-St-André avait presque entouré la compagnie Padieu (7e). Le commandant Bodot rétablit la situation en contre-attaquant vigoureusement avec deux sections de la 3e compagnie et des éléments rassemblés hâtivement (coureurs, pionniers du bataillon, fourriers, cuisiniers, etc.). La compagnie Padieu est dégagée, les assaillants sont rejetés de la ligne de soutien ou ils avaient pris pied. L'ennemi se retranche fiévreusement pendant la nuit et garnit de mitrailleuses toutes ses positions. Le 22, matin, nous exécutons deux nouvelles contre-attaques avec l'appui de renforts des 223e et 327e, elles demeurent infructueuses mais nous permettent de ramasser 74 prisonniers.
    A 7 heures, le bombardement reprend surtout sur le bois de Ville, où l'ennemi va porter son principal effort. A midi, le bois est débordé largement à l'ouest. La 3e compagnie et le 223e opposent une courageuse résistance; les 4e et 1e compagnies du 164e contre-attaquent avec vigueur, mais la supériorité numérique de l'assaillant est écrasante, tous nos efforts restent vains.
    L'ennemi arrive par le sud-ouest, prenant les défenseurs à revers; il parvient au poste de commandement du centre de résistance. Toutes les fractions du bois de Ville sont entourées. Le 1e bataillon du 164e est anéanti. Il n'y a plus dans le bois de Ville que des résistances locales, magnifiques d'ailleurs, et dont les évasions de prisonniers nous ont apporté l'écho; l'ennemi s'avance jusqu'à la lisière nord de la Wavrille où il est arrêté.
    Dans l'après-midi du 22, les Allemands prononcent sur l'Herbebois une série d'attaques partielles, toutes repoussées. Nos fantassins maintiennent l'ennemi en respect. On lutte à la grenade, car il n'y a plus de cartouches; les coureurs sont merveilleux d'endurance et de courage. Le bombardement continue pendant la nuit du 22 au 23, la coupe aux abris est écrasée. Les environs du poste de secours sont encombrés de cadavres. Le bombardement atteint son maximum dans la matinée du 23, après l'échec d'une nouvelle attaque menée à 4 heures du matin
    .

    (.....)

    Le recul du temps devait mettre en pleine lumière,
    d'une façon plus éclatante encore, la brillante conduite du 164e régiment d'infanterie, car, le 26 novembre 1917, par ordre "D" n° 6050, le régiment tout entier était
    cité à l'ordre de l'armée :

    164e RÉGIMENT D'INFANTERIE

    "Magnifique régiment, qui a donné, depuis le début de la campagne. les plus beaux exemples d'ardeur offensive, d'indomptable ténacité et de noble esprit de discipline; notamment dans les sanglants combats d'Ornes, en décembre 1914 et dans la défense opiniâtre de ses positions à Verdun, en février 1916. où, malgré les pertes sérieuses causées par un bombardement violent et continu, il résista jusqu'au bout défendant le terrain pied à pied et contre-attaquant sans cesse avec un entrain merveilleux et le plus bel esprit de sacrifice."


     

    94703624Secteur de l'Herbebois



          Initialement inhumé au cimetière militaire de Pierrepont - alors en zone occupée par les Allemands - tombe n°28, son corps est transféré au cimetière National de Pierrepont - Arrondissement de Briey (Meurthe et Moselle) tombe 30 le 4 Février 1924.
    de 4.000 soldats français, des civils belges, des russes… morts pendant la première guerre mondiale - See more at: http://www.lorrainedecoeur.com/2008/11/pierrepont-des-cimetieres-pour-le-souvenir#sthash.mnHVWdiG.dpuf


         Il y repose toujours, la tombe portant actuellement le n° 158.
    de 4.000 soldats français, des civils belges, des russes… morts pendant la première guerre mondiale - See more at: http://www.lorrainedecoeur.com/2008/11/pierrepont-des-cimetieres-pour-le-souvenir#sthash.mnHVWdiG.dpuf



    94693156

  •  3758 soldats reposent dans la Nécropole Nationale de Pierrepont
    dont :
    • Guerre 1914-1918 : 3045 soldats français dont 2342 en 2 ossuaires, 141 soldats belges, 2 soldats britanniques, 1 soldat roumain, 493 soldats russes.

94703939

 Voir également sur le site BEL-MEMORIAL.

  •  Ses campagnes contre l'allemagne sont décomptées du 2 Aoüt 1914 au 29 Février 1916.


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    • DEBEVE Auguste est né le 3 Février 1883 à Haulchin. Il est le fils d'Antoine et de RUIELLE Adelaïde.

      "De la classe" 1903, il est inscrit sous le N° matricule 1783 au recrutement de Valenciennes, et 05185 au Corps, le "0" initial signifiant qu'il est dans la réserve.

           Nous n'aurons malheureusement pas beaucoup plus d'information sur son parcours d'avant 1914 car le registre matricule correspondant a été détruit lors de l'incendie des archives avec le centre de la ville de Valenciennes en mai 1940, et il n'existe pas de reconstitution de son État Signalétique et des Services, le seul registre des feuillets nominatifs de contrôle établi en 1950 étant lacunaire, et l'existant est parfois en très mauvais état.

           Il épouse le 3 décembre 1907 à la Mairie de Prouvy Berthe Odivine DELHAYE (qui sera orthographié Delhy sur l'acte de décès établi à St Dizier)

          La mobilisation du 2 Août 1914 le retrouve au 18e Bataillon de Chasseurs à Pied, alors en garnison à Amiens, bien qu'il soit caserné à Longuyon en 1914.

      Il décède le 19 septembre 1914 à 16h à l'Hôpital de St-Dizier (Haute-Marne) des suites de ses blessures, déclaré "Mort pour la France" :

      94745803

       

      95119401
      Le monument aux morts de Denain ...

      98330966

       ...où figure le nom d'Auguste DEBEVE.

      A noter que ce monument rend un hommage nominatifs
      aux soldats Canadiens et Britanniques
      qui ont participé à la délivrance de la ville le 19 octobre 1918.

       

    • Son nom figure  sur le Livre d'Or du Ministère des Pensions :

      DEBEVEALO




            C'est enfin avec la découverte de sa citation portant mention de sa Croix de Guerre avec étoile de bronze dans le Journal Officiel de la République du 12 Août 1920 que l'on sait qu'il a été blessé à Maurupt le 10 Septembre  :

    • 95155879

      92218045


       

       

       Historique du 18° Bataillon de Chasseurs à Pied
      Août-Septembre 1914

      LA RETRAITE DE BELGIQUE
      (23 août-4 septembre 1914)

       

         A partir du 23 août, commence le grand mouvement de repli qui doit nous conduire à la Marne. Moins vivement pressée que le reste de l'armée française, la IVe armée recule lentement, conte­nant l'ennemi, reprenant parfois l'offensive, en belle ordonnance toujours, manoeuvrant et ne laissant en arrière ni troupes ni ma­tériel.

      (.....)

      Rapidement, la Division se dérobe par le défilé de Grand-Pré et la lisière ouest de l'Argonne pour ne s'arrêter que sur la Saulx le 5 septembre.

      C'est la Bataille de la Marne.

       

       

      95248215
      Le repli, jusque MAURUPT.

       

      Historique du 18° Bataillon de Chasseurs à Pied

      LA BATAILLE DE LA MARNE
      ET LA RETRAITE ALLEMANDE
      (5 septembre-18 septembre 1914)


      « Au moment où s'engage une bataille dont dépend
      le salut du pays, il importe de  rappeler à tous  que le
      moment n'est  plus de regarder  en arrière ; tous  les
      efforts doivent être employés à attaquer et refouler
      l'ennemi.  Une troupe qui ne peut plus  avancer devra,
      coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire
      tuer  sur place  plutôt  que de  reculer.  Dans  les cir-
      constances actuelles, aucune défaillance ne peut être
      tolérée. »
      6 septembre 1914
      Général JOFFRE
       

           La retraite avait été lugubre. Nulle part on n'avait senti de supé­riorité chez l'adversaire et. cependant on reculait ! Jusqu'où irait-on ? Allait-on abandonner ainsi la moitié de la France à l'ennemi ? Pourquoi ne se battait-on pas ?

           Le 5 soir, la nouvelle circula rapidement : « On fait tête. » Le lendemain, la bataille commençait. Posté le long de la Saulx, de Pargny à Sermaize, le Bataillon dispute pendant deux jours les passages de la rivière et du canal aux troupes du XVIIIe Corps de Réserve allemand.

           On se bat au pont du canal, à la ferme Ajol, à la Tuilerie de Pargny. Le capitaine DE MAISMONT est tué, au passage à niveau de la voie ferrée. Attaqué vigoureusement de front, débordé sur ses ailes, le Bataillon abandonne, le 7 au soir, la ligne de la Saulx pour se reporter sur le front Maurupt-Cheminon où, pendant deux autres journées, se livrent des combats sous bois. Le 10, au petit jour, l'ennemi tente un suprême effort. Il lance sur Maurupt cinq régiments d'infanterie, réussit à enfoncer la garnison du village dont il est maître un instant, mais il est aussitôt contre-attaqué et la journée se passe en une série d'actions extrêmement violentes qui ont pour résultat d'arracher à l'adversaire les restes fumants de Maurupt et de le rejeter dans le bois. Le 18e y prend une part glorieuse ; à la fin de la journée, beaucoup des siens sont restés sur le champ de bataille qui demeure, de l'avis de tous, l'un des plus impressionnants de la guerre. Là sont tombés le capitaine PERROT, le capitaine CARRIN, le lieutenant LINEL, les sous-lieutenants PAGNIEZ, LEFEBVRE et SUEUR ; le lieutenant BONNEF et le sous-­lieutenant SOURISSEAU sont grièvement blessés. Près du tiers des unités qui ont combattu en ce point est mis hors de combat.

           Mais grâce à l'effort fourni, l'adversaire n'a pu enfoncer notre front, et ce village de Maurupt marque la limite de son avance. Dans la nuit, il se replie ;

       

      Animation des journées du 5 au 15 septembre 1914
      les armées allemandes en rouge, les françaises en bleu.

      95260623
      Merci à jmm pour son autorisation et son site http://www.carto1418.fr/

       

             La journée où a été blessé DEBEVE Auguste est décrite en détail dans le Journal de Marches et Opérations du 18e BCP :   

      10 septembre 1914
      2h30.- Une violente attaque débouchant des bois de la Tuilerie se dirige sur la Tuilerie de Pargny et Maurupt . Les compagnies du 18e résistent sur leurs positions et arrêtent l'attaque mais à gauche celle-ci a progressé s'empare de la tuilerie de Pargny et de la lisière Nord de Maurupt.
      A Maurupt violent combat de rues dans le village mené par les 72e et 128e RI.

      3h.-  A droite la 4e compagnie et la section de mitrailleuses du bataillon contre attaque l'ennemi qui arrête son mouvement.

      3h30.- Le mouvement en avant de l'ennemi est repris, il est arrêté et le village de Maurupt est repris

      4h à 10h.- Violent combat dans le village et aux abords avec des alternatives de succès et de revers. La 2e compagnie tient sous son feu le débouché des bois et couvre le terrain de cadavres allemands.

      11h.- Devant la supériorité de forces adverses, les troupes françaises replient, l'infanterie à la lisière sud du village, les chasseurs sur la croupe au Nord.

      de 11h à 13h.- les troupes sont soumises à une canonnade intense, mais devant l'ordre de tenir coûte que coûte ne cèdent pas de terrain
      Les pertes sont sensibles et les combattants disponibles ne sont gère plus de 350.

      13h.- L'ordre de se replier est donné
      Les compagnies de chasseurs se retirent près de la ferme Bridé où elles se reforment, elles vont occuper une position défensive à                 de la ferme, barrant la route de Cheminon.

      14h30.- Les compagnies sont relevées et reçoivent l'ordre de se retirer vers la ferme d'Ambroise, elles bivouaquent.

      17h30.- Les troupes s'installent au bivouac.
      Aucun incident pendant la nuit

       

      95259486
      Carte de Pargny à Cheminon


          Auguste DEBEVE est inhumé à St-DIZIER,
      carré militaire du cimetière de la Noue, tombe 14H.

      95302374

       

       

    •  

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      • DEBEVE Jules

             Né le 5 février 1885 à Maing, il est le fils de Jean-Baptiste et de Marie Amélie MASSART.

            De la classe 1905, il porte le n° Matricule 1672 au recrutement de Valenciennes, et 017196 au Corps, le 0 intitial indiquant qu'il est passé dans la réserve.

           Nous n'aurons malheureusement pas beaucoup plus d'information sur son parcours d'avant 1914 car le registre matricule correspondant a été détruit lors de l'incendie des archives avec le centre de la ville de Valenciennes en mai 1940, et il n'existe pas de reconstitution de son État Signalétique et des Services, le seul registre des feuillets nominatifs de contrôle établi en 1950 étant lacunaire, et l'existant est parfois en très mauvais état.

             Il épouse Célina LEVAN le 30 septembre 1908 à Maing . Ils auront - au moins - deux enfants
        • Marie Charlotte, née à Maing le 30/07/1909,
        • Pauline, née à Maing le 04/01/1912,
        toutes deux seront adoptées pupilles de la nation en 1921.
            La déclaration de guerre le retrouve au 327e Régiment d'Infanterie, régiment de réserve du 127e, tous deux stationnés à Valenciennes.

            Il sera  tué au combat de Corfélix dans Marne le 8 septembre 1914 et déclaré "Mort pour la France".

        94793068

         Sa citation au Journal officiel du 4 Juillet 1922, portant attribution de la croix de guerre avec étoile de bronze :

        95152398

        92218045

         


        Le monument aux morts de Maing ...

        95115026


        ... où figure le nom de Jules DEBEVE :

        95115040

      • Son nom figure  sur le Livre d'Or du Ministère des Pensions :

        DEBEVEJLO





            JMO du 327e Régiment d'Infanterie
        Septembre 1914

        7 septembre
          A 4 heures, l'ordre suivant est donné :
        Le 5e Bataillon occupera la crête au sud de la route Les Essarts - Lachy. Le 6e bataillon se portera à la ferme Les Bordes.  Le mouvement est exécuté à 4h40. A 6h30, les 2 bataillons sont réunis à 1km sud de la ferme les Bordes, à la disposition du Général de Division.
          Vers 8h la 102e brigade se porte à cheval sur la route de Montmirail ; la 101e Brigade à cheval sur la route des Essarts à Moeurs ; les 2 brigades à hauteur du chemin passant à la cote 215, l'artillerie à la cote 215.
           Cette position est quittée à 13h. La Division se porte sur la ferme "les Epées" puis sur Chapton arrêt à 17h/12 au sud du château [de Chapton]. Bivouac au N de Lachy, arrivée au bivouac à 20 heures.

        8 Septembre
        Départ du bivouac de Lachy à 5 heures. La 101e Brigade se porte à cheval sur la route de Charleville. le 327e marche à l'ouest de la route - arrivée à 7h15 en arrière de la coupe de la cote 213 (1 km N.E. de Charleville)
        Dans la matinée la 101e brigade reçoit l'ordre d'attaquer Corfelix. La brigade marche en colonne à grands intervalles, le 233e en tête, le 327e derrière; chaque bataillon en colonne de bataille avec de grands intervalles entre les sections. Le 6e bataillon est en tête du régiment.

        En franchissant la crête de la croupe 213, les compagnies tombent successivement sous le feu de l'artillerie ennemie établie sur la rive droite du Petit-Morin. Les 24e et 21e compagnies qui passent les premières progressent péniblement et éprouvent des pertes assez sérieuses ; elles se jettent dans les petits bois au sud des Culots. Elles sont suivies par les 22e et 23e  compagnies.
                Les compagnies du 5e bataillon passent plus à l'est et n'éprouvent à ce moment aucune perte.
            A la faveur des couverts, le 6e bataillon atteint les Culots puis Corfelix et arrive à la sortie N.E. de ce village. Ce mouvement fut exécuté par petits groupes ; les batteries lourdes et les batteries de campagne allemandes enfilant la vallée du Petit-Morin ouvraient le feu sur ces localités au moindre indice de présence des troupes.. Diverses fractions du 233e avaient pénétré également à Corfelix à la chute du jour. A la nuit 2 bataillons du 233e et le 6e Bataillon du 327e étaient installés dans ce village en cantonnement d'alerte. Les lisières nord et N.E. de Corfelix furent organisées. une demi-compagnie du Génie arrivait à 22h pour l'exécution des travaux. L'infanterie allemande était retranchée sur la rive droite à des distances de 400 à 800m de Corfelix. le 5e Bataillon qui n'était pas encore parvenu à Corfelix reçoit l'ordre de suspendre son mouvement et d'aller bivouaquer au Nord de la Villeneuve.
        Les 17e et 18e compagnies de ce bataillon éprouvèrent quelques pertes à la nuit tombante au moment du bombardement général par l'artillerie allemande de tout le terrain d'attaque.
        Les pertes de cette journée furent de : M. le capitaine de Toytot légèrement blessé. 60 hommes environ tués blessés ou disparus.


         

        L'état des Officiers, sous-officiers et soldats tués, blessés ou disparus aux combats des 7 au 10 Septembre 1914 ( Corfelix - les Culots) énumère les noms des pertes qui s'élèvent à :
        Tués : 3 sous-officiers, 2 soldats.
        Blessés : 1 officier, 14 sous-officiers, 58 soldats ( dont un clairon)
        Disparus : 2 sous-officiers, 20 soldats.
                              dont un certain nombre des environs immédiats de Valenciennes.

        Cependant, un ajout plus récent que le JMO signale pour la troupe 7 tués et 97 blessés

           


              Dans ce même JMO, Jules DEBEVE est cité comme blessé aux combats des 7 à 10 Septembre dans la liste récapitulative évoquée ci-dessus, signalant la compagnie du blessé, ici la 17e : Capitaine Dath, Lieutenant Furko, Adjudants Roger et Bernard, sous-lieutenant Des Motours, la 17e Cie compagnie appartenait au 5e Bataillon : Commandant de Morcourt. Le régiment était sous les ordres du Lieutenant-Colonel d'active VERZAT .
        A la date de rédaction de cette liste, l'information du décès de Jules DEBEVE n'était donc pas parvenue.

        94798713


         Quelques cartes reprenant les différents lieux cités dans le JMO :

        94820450
        Environs de Charleville


        94820356
        de Sézanne vers Corfélix

        94824366

        Agrandir le plan

         
      • A NOTER : 2 jours avant le décés de Jules DEBEVE, le général Boutegourd décidait sommairement dans le même secteur Sézanne-Corfélix de faire fusiller 7 soldats du 327° RI, ce que ne mentionne pas le JMO du régiment ; la sentence est mise à exécution le 7 septembre : j'ai suvolé le sujet dans ce blog, et conseille la lecture du livre d'Odette Hardy-Hemery  : "Fusillé Vivant" cité en fin de la page mise en lien.

 

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  • COLLET Léon

         Né à Maing le 06/11/1894, il est de la classe 1914 ( la même que celle de son petit-cousin COLLET Henri Aimé). Matricule 886 au centre de recrutement de Valenciennes, il est affecté au 43e RI. Cette information apparaît sur la fiche de la croix-rouge auprès de laquelle il s'enquiert du sort de son petit-cousin, espérant encore qu'il est prisonnier et non disparu (il est d'ailleurs le seul probablement à pouvoir faire la démarche, la famille est en territoire occupé, et ne peut s'adresser à la croix-rouge, il est même peu probable qu'elle ait été mise au courant durant la période d'occupation)  :


    CICR
     
      Au moment de la demande, il est affecté à la 2e compagnie ( 1er bataillon) en détachement au camp de la courtine  (Creuse).

         Il n'y a pas d'autre information sur la carrière militaire de Léon COLLET : son État Signalétique et des Services a brûlé avec une grande partie des archives de Valenciennes en mai 1940, et, faute d'un double, un feuillet nominatif de contrôle a tenté d'être reconstitué dans les années 1920 à partir de renseignements collectés, il est malheureusement vide.

    Léon COLLET décède à Maing le 04/07/1950.

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  • DEBEVE Gustave

         Né le le 23 avril 1877 à Haulchin, il est "de la classe 1897", n° 237 de tirage dans le canton de Valenciennes-Sud, Matricule 1163, classé dans la 4e partie de la liste de recrutement cantonal ; engagé volontaire pour 3 ans le 2 mars 1898 à la mairie de Valenciennes au titre de la 5e Compagnie d'ouvriers d'artillerie. No matricule au corps  1747, maître ouvrier le 28/03/1899, Brigadier le 3 juin, passé dans la réserve de l'active le 02/03/1901. "Certificat de bonne conduite accordé".
    Il accomplit une période d'exercices en mars 1904, passe dans l'armée territoriale le 02/03/1911, est promu Maréchal des Logis du détachement le 18 Avril 1913 après une période d'exercice d'une semaine au 1er Régiment d'Artillerie à Pied (1er RAP)

          Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il est affecté le lendemain au 1er RAP stationné à Maubeuge pour la défense de la place forte. Il y est fait prisonnier avec le reste de la garnison (plus de 45.000 hommes) à la reddition de celle-ci le 7 septembre 1914. Il restera prisonnier au camp de Friedrichsfeld bei Wesel (Rhénanie du Nord-Westphalie) - camp qui vait déjà "servi" en 1870- jusqu'au jour de son rapatriement le 6 décembre 1918. 

    Friedrichsfeldlgr
    En plus foncé l'emplacement du camp.
    Tout à droite dans le petit bois, le long de la même rue Alte Hünxer,
    l'actuel cimetière des prisonniers Français.

    Les archives de la Croix-Rouge attestent de sa présence.

    P9175b

     De même que les journaux de zone libre :

    Le Petit parisien 19150203 PG
    Le Petit Parisien du 03/02/1915 (disponible sur Gallica)

     

    Ce que confirme également la Gazette de Ardennes (publiée en zone occupée) dans sa liste N°33 du 18 juillet 1915 :

    GdA

        

    Sous off PG FRIEDRICHSFELD



         Sa campagne contre l'Allemagne est décomptée comme suit :
    du 02/08/1914 au 06/09/1914 : aux armées
    du 07/09/1914 au 06/12/1918 : captivité
    du 07/12/1918 au 08/02/1919 : à l'intérieur, soit arithmétiquement 1651 jours.

         Libéré définitivement du service militaire le 10/11/1926, il aura entre temps été affecté au 151e RAP, au 41e régiment d'artillerie de campagne portée, puis au 190e régiment d'artillerie lourde à tracteurs.

    GDebeve

         Rendu à la vie civile, Gustave DEBEVE, dessinateur industriel, est (r)entré à la Boulonnerie de Thiant dont il est devenu un des directeurs ; il reçoit en 1929 la médaille d'honneur des ouvriers et employés remise par  le Ministère du Commerce et de l'Industrie ( J.O. du 29/07/1929)

    JO 19290729


    Président de la Société de Secours Mutuel des Anciens Combattants de Thiant, il reçoit une récompense honorifique mention honorable ( Journal Officiel du 05/096/1930)

    MAM&AC 23 aout 1925



         Il décède à Thiant le 31 décembre 1938, l'enterrement ayant eu lieu le 05/01/1939.


    funérailles G DEBEVE 5 janvier 1939


    Toutes photos N&B avec l'aimable autorisation de la Société d'Histoire Locale de Thiant.
    qui possède également une intéressante photo de famille :

    Pour G DEBEVE

 

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  • DEBEVE Benoit


          Né en 1885 il est de la classe 1905, Matricule 1675 au recrutement de Valenciennes, classé dans la 1ere partie de la liste.
    Son état Signalétique et des Services est un dommage de la guerre suivante, puisqu'il a été détruit avec de nombreux registres dans l'incendie du centre Valenciennes - dont la mairie- en mai 1940. On trouve cependant un Feuillet Nominatif de Contrôle, qui contient le peu de renseignements fournis probablement par l'intéressé après la guerre à la demande des autorités :

          Il est incorporé au 127e Régiment d'infanterie [régiment de Valenciennes] le 8 octobre 1906, Arrivé au corps et soldat de 2" classe le dit jour. Envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1908 en attendant son passage dans la réserve [d'active] qui aura lieu le 1er octobre 1908.

    Il épouse Anne Marie STYMANS le 2 janvier 1909 à Haulchin

         Rappelé à l'activité le 2 Août 1914 [décret de mobilisation générale], fait prisonnier à Anthée [Belgique] le 23 août 1914. Démobilisé en février 1919.

    Cette information est complétée par les fiches du Comité International de la Croix-Rouge disponibles dans leurs archives : celles-ci permettent de le situer

    • d'abord à l'Etappen Lazarett de la 3e Armée Allemande, en retrait du front à Marche (Belgique, province de Luxembourg) ou il est soigné pour une blessure au dos, le 6 octobre 1914 :

    P724a

    • puis au camp de Darmstadt (Hesse - Allemagne, au sud de francfort) le 24 octobre 1914 :

    P2177a

     

    Comme dans la liste du 24 mai 1915 de la Gazette des Ardennes :

    GdA


         Il n'y a aucun autre renseignement sur d'éventuels changement de camp, ni sur sa date exacte de retour en France, probablement en Décembre 1918 au vu de sa date de démobilisation et des délais habituels.

         Il est indiqué comme soldat du 327eRI, (101e Brigade, 51e Division, Ve Armée) régiment de réserve du 127e, ce qui est logique étant donné sa position depuis 1908. Cependant le Journal de Marche et Opérations du 327e RI le signale disparu de la 19e compagnie au combat de Franqueville St-Pierre (France) des 29 et 30 Août, ce qui est contradictoire aux documents précédents. Peut-être ne l'a-t-on constaté qu'à cette date.

     

    JMO 327 219140824

    Une fois rendu à la vie civile, le Journal Officiel mentionne son nom à l'occasion de sa nomination au grade de lieutenant des sapeurs-pompiers communaux d'Haulchin le 15/12/1926.

    JO 19270105 b

    Il décède à Haulchin le 21/06/1960.


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25 août 2014

DUVERGER

 

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 Le symbole ombré bleu de Mars Mars  pointe vers le détail du parcours du soldat. 

 

  • AGPs DUVERGER  :

    • DUVERGER Siméon Alexandre dit Alfred ( Versigny 15/05/1849 - Le Quesnoy 13/12/1933 )
                Marié en premières noces à Villers-Pol le 06/11/1876 à
           GLINEUR Thérèse ( Villers-Pol 08/07/1865 - Villers-Pol 30/05/1880 )
    ils auront 2 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

    1. Mars  DUVERGER Alfred ( Le Quesnoy 18/04/1877 - Valenciennes 01/06/1928 )

    2. VENUS DUVERGER Marguerite Aline (Villers-Pol 03/04/1879 - Le Quesnoy 13/05/1881)              


    • DUVERGER Siméon Alexandre dit Alfred ( Versigny 15/05/1849 - Le Quesnoy 13/12/1933 )
            Marié en secondes noces à Le Quesnoy le 28/02/1881 à
      BRACQ Marie Joseph ( Villers-en-Cauchies 27/03/1859 - ? )

           ils auront 2 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

    1. VENUS DUVERGER Marie Joséphine ( Le Quesnoy 12/05/1881 - Valenciennes 15/10/1946 )
                  épouse (04/01/1902) DELVAUX Clodomir Alfred ( Crespin 06/02/1868 - ?)

    2. VENUS DUVERGER Marguerite Aline ( Villers-Pol 17/10/1882 - Drancy 04/07/1956)
      •  veuve de BLAS Léon René ( Ghissignies 11/02/1883 - Raismes 20/04/1914),
                 épousé le 24/03/1906 à Le Quesnoy.
      •  épouse (8/7/1920) de Mars  LEROY Paul René (St-Martin/Ecaillon 30/11/1895 - Drancy 16/12/1964)

 

Également : 1 cousin germain au deuxième degré  (son Grand-Père DUVERGER est mon Arrière-Arrière-Grand-Père, DUVERGER Florentin Jean-Baptiste né en 1821).

  • Mars   DUVERGER Georges Adolphe, né le 14 octobre 1888 à Versigny (Aisne),  fils de DUVERGER Florentin Adolphe et de BOIN Adéline.
    "Mort pour la France" le 8 avril 1915 à Verdun.

 


  DUVERGER


 

 

      • DUVERGER Alfred

                    Né en 1877 à Le Quesnoy mon grand-père maternel est de la "classe 1897". N°92 de tirage dans le canton du Quesnoy-sud, il est déclaré " Bon " au centre de recrutement d'Avesnes sous le n° matricule 178.

             Le 16/11/1896 il est incorporé au 4° régiment de Cuirassiers, 3e Escadron, stationné à Cambrai depuis le 19 septembre 1889 dans la caserne Mortier prévue pour quelques 1100 hommes et 600 chevaux, et ce jusqu'à la déclaration de guerre. Matricule au corps 3766,  cavalier de 2e classe à son arrivée, il passe cavalier de 1ère classe le 20/09/1899, éclaireur le 20 juin 1901 et est envoyé en congé le 29 septembre 1901 en attendant son passage dans la réserve d'active prévu le 1/11/1901.

             Certificat de bonne conduite "accordé". Pour une fois le document a été conservé (on peut y voir les ravages dùs au ruban adhésif, du moins à sa colle !)

        Certificat de bonne conduite



             J'ai la chance d'avoir plusieurs photos de lui, en uniforme, cuirasse et sabre, au naturel et légèrement colorisé, agrémenté de cuirassiers au galop :

        AD_4C  AD_4C verso

        AD photocoloriée

          • Il a en main un sabre de cavalerie, Mle 1822 de troupe :

            troupe1822

          • On distingue sur son manteau le galon de 1ere classe,
          • Et sur sa manche droite l'insigne des (cavaliers-)sapeursHH (2 haches croisées).


          • Je possède également un tableau, montrant par collage le cuirassier DUVERGER Alfed chargeant :

            123
            La mise en couleurs personnalisée montre bien son insigne de sapeur.

            cavalier

            • Peut-être (probablement) croisa-t-il à la caserne Mortier un oncle paternel : DEBEVE Antoine incorporé au "4e Cuir" de 1897 à 1900, mais sans savoir, puisque le lien familia (mes parents) n'apparaitra qu'en 1906, et qu'il faudra -quand même- attendre 1929 pour le rendre officiel.

            • Par un autre hasard de la petite histoire c'est dans cette même caserne Mortier, devenue centre de sélection n°2 que j'ai passé ce qu'on appelait alors "les 3 jours", et qui en 1972 n'en duraient plus qu'un et demi. Au cours du séjour on y passait des batteries de tests, physiques (non sportifs !) et intellectuels, pour savoir si on était "toujours bon"...

              Cambrai Mortier



            • Son état signalétique et des services note qu'il a souffert d'une entorse au poignet droit le 6/03/1899, et d'une entorse tibia-péronéo-tarsienne du coté droit le 27/04/1901. Cuirassier n'était probablement pas de tout repos !
                     On a un peu plus d'information sur la seconde blessure gràce à un Certificat de Blessure en Service Commandé conservé par la famille. Établi moyennant 3 témoins, il indique :
              "Le 27 avril 1901 à une heure de l'après-midi, étant à la voltige, s'est tordu le pied droit en sautant à terre et à cheval". Le médecin aide-major de 1ere classe Fache atteste de la blessure.

            • Me reste également sa "patience", petite plaque de bois prévue réglementairement pour l'astiquage des boutons sans endommager le tissu et qu'il avait décorée :

              patience


                  

                 Il a accompli deux périodes d'exercices de 4 et 2 semaines au 4° Cuirassiers en Janvier 1907 et Août 1908. Il passe dans l'armée territoriale le 1/10/1911, la réserve de celle-ci est prévue pour novembre 1917, la libération en 1923 ... ...

          En attendant, devenu territorial, il effectue une période de 8 jours au 1er escadron du train (auto) en mars 1913.

 

      • Rappelé à l'activité (Décret de Mobilisation Générale) le 1/08/1914, son Etat des Services raconte :
        • il arrive au 1er escadron du train le 16 Août, puis passe
        • au 82e Régiment d'Artillerie Lourde le 21 décembre 1916, il aura obtenu son permis de conduire les automobiles le 29 novembre :

          DAP
          Il ne s'agit hélas pas de l'original, mais de celui établi en janvier 1926 pour la capacité à conduire également les "motocyclettes à 2 roues".
          C'est au guidon de l'une d'elles qu'il décédera dans un accident en 1928.

        • au 19e Escadron du Train le 26 mars 1917,
        • au 20e Escadron du Train le 4 mai 1917,
        • au 5e  Escadron du Train le 30 juin 1917,
        • au 4e  Escadron du Train le 17/2/1918 .

        Il est finalement envoyé en congé illimité de démobilisation le 11/01/1919. Il sera libéré du service militaire le 11/11/1926.

        • Dans son livret militaire figure  la mention suivante, peut-être était-il pressé de rentrer, et on le comprend, mais ce fut "à ses frais" :

           1er ESCon DU TRAIN DES EQges Mres

                Arrivé au dépot du 1er Esc. du train à Lille le onze janvier 1919. Mis en route isolément sur Sebourg. N'a rien touché au titre de frais de déplacement.

          Lille, 11 janvier 1919
          Le trésorier


            
        Sa campagne contre l'Allemagne est validée "aux armées" du 16/8/1914 au 11/01/1919 soient 1610 jours.

        Cependant, un fragile document glissé dans le livret militaire donne une information que ne dévoile pas l'état des services, qui globalise les durées :

        franchissement



        "Soldats des régions envahies qui a franchi les lignes allemandes "

             Recrutement d'Avane (sic pour Avesnes), né au Quesnoy, parti de Valenciennes le 21 Septembre 1914, a traversé les lignes allemandes pour se rendre à Beauvais (Oise) où il s'est présenté au Recrutement de cette ville le 2 octobre 1914. renvoyé à son dépot 1er Escadron du train des Equipages à Ribérac (Dordogne) parti au front le ...

        le 22-3-17
        ...Cantonnement
        <signé illisible>


                         Il faut dire quon lui avait donné l'ordre ............ d'attendre !! Le 13 Août on lui remet à Avesnes celui ci-dessous :
        " Le porteur du présent ordre [nominatif au R°] ne se mettra en route pour rejoindre son corps que sur nouvel ordre"

        Ordre

        Et comme on peut le découvrir à la lecture du Journal de Marche de son unité, ce fut assez confus ! L'ordre n'arrivera pas et mon grand-père, rattrapé par les Allemands aurait pu se contenter d'attendre ...... Mais ! Il avaient certainement envie de servir, et peut-être que la mort de l'abbé DELBECQUE, fusillé à Valenciennes le 17 Septembre 1914 pour avoir gagné Dunkerque, puis être revenu porteur de documents (dont je ne pense pas que l'on ait su alors qu'ils disaient de rejoindre les unités en France libre) l'aura-t-elle conforté dans sa décision.

        • Il ne le sait pas encore, mais il sera absent 4 ans 3 mois 20 jours : il laisse sa femme et ses 4 filles nées en 1903, 1904, 1906 et le 25/06/1914. Entre les territoires occupés et la France libre, toute communication sera impossible, on peut imaginer l'angoisse.

            Quelques documents photographiques concernent cette période de séparation :
          • Une photo en camion, dans une ville non connue, dans une posture très "Wells Fargo", il faut dire que le camion est américain, un Pierce Arrow ; ce n'est hélas pas une winchester qu'il brandit, mais un fusil GRAS 1874, 11mm, arme qui avait précédé le Lebel et qui était en dotation des "terribles toriaux", gardes voies de communication etc, quand ces derniers n'étaient pas affublés d'un CHASSEPOT 1866 (modifié 74 ?) avec baïonnette yatagan !

            En camion 

            Duverger Alfred en camion

             Des camions Pierce-Arrow sur une route, près de Mantes-la-Jolie (1914)  
             

            Pierce-Arrow
            Bibliothèque nationale de France – Département Estampes et photographie
            Agence de presse Meurisse – Réf. 55.710

                              
             

            Fusil GRAS Mle 1874
            Fusil Gras MLE 1874

           
          • Une photo de sa famille à Sebourg faite pendant la guerre alors qu'elle habitait rue de Tonvoy, fort probablement hors de la connaissance de l'occupant - qui de son coté n'était pas avare de mise en fiche et photos des populations envahies, mais n'aurait certainement pas apprécié les cadres photos que tiennent les enfants .

            05 DANHIEZ DUVERGER 1917

            Les deux adultes sont de gauche à droite :
            Elise DANHIEZ, épouse DELVIGNE, sa soeur Marie DANHIEZ épouse DUVERGER (ma grand-mère) 
            et les 4 filles de celle-ci, de gauche à droite :
            Marie (ma mère) née en 1906, Hélène née en 1914, Jeanne née en 1904 et Marguerite née en 1903.
            La photo a été prise au plus tôt en 1916 (ou 1917)

            Les cadres ne sont pas anodins, et toujours en ma possession, ils représentent
            • Emile DELVIGNE, dans la main de son épouse Elise,
            • Alfred DUVERGER, dans les mains d'Hélène,
            • Felix DANHIEZ, frère ma grand-mère, dans la main de Jeanne,

              Tous trois sont sous les drapeaux, sans que leur famille en zone envahie ait aucune nouvelle :

              DELVIGNE Emile       DUVERGER Alfred     DANHIEZ Felix  

               

             
          • Cette photo d'Alfred nous est parvenue de façon curieuse, en effet l'expéditeur : Eugène LARCY, prisonnier au camp de Friedrichsfeld, envoie un courrier à sa soeur habitant Marly lez Valenciennes, rue des fabriques, le 2 mars 1916. Rien n'indique que la photo n'est pas celle de l'interessé, et pourtant il s'agit bien d'Alfred DUVERGER. (témoignages de ses filles). La seule explication possible est que cette photo d'Alfred était en possession d'Eugène LARCY qui l'a adressé à sa propre famille qui connaissait la mienne et qui a compris qu'il fallait faire suivre quand il écrit "j'espère que la photo lui fera plaisir et faites-lui des compliments" sans citer personne.
            • Ironie, cette carte pourra parvenir via un prisonnier, les communications étant coupées entre zones occupée et libre.
            • J'apprendrai plus tard grâce aux documents en ligne qu'Eugène LARCY, né en 1893 à Haussy (59), soldat au 127e RI, régiment de Valenciennes, est porté disparu au combat de Mesnil-les-Hurlus le 19 février 1915. En réalité il a été fait prisonnier : le 23 mars 1916 il est effectivement au camp de Friedrischfeld d'où il sera déplacé pour le camp de Görlitz dont il a été évacué le 2 mai 1916 pour celui de Lauban maintenant Lubań en Pologne (sources CICR)

            DUVERGER Alfred


                       On remarque à ses doigts 2 bagues, "artisanat de tranchée", en aluminium - métal nouveau à l'époque - et cuivre, qu'il a ramené à ses filles, et dont il me reste celles de ma mère :

            35 DUVERGER Alfred R° bagues            bague

            Initiales M D mélangées    




              Rédigé sur un cahier Chanteclair enrichi d'une carte et d'un tableau des 86 départements (la France sans l'Alsace et la Lorraine), le JMO du 1er escadron du Train des Equipages Militaires nous conte les difficultés de l'unité à la mobilisation.

1er Escadron du Train des Equipages Militaires
Stationné à LILLE en 1914

Dépots

Journal de Marche et des Opérations.
Campagne de 1914.
1915
Etabli depuis la Déclaration de Guerre par le Major Blanche

 

Journal de Marche des Dépôts
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Période de tension politique

24 Juillet
Le Chef d'Escadron était parti en permission de 30 jours le 24 Juillet et le Major exerçait le Commandement de l'Escadron.

26 Juillet
Une dépêche Ministérielle prescrit le rappel de tous les Officiers Généraux et de tous les Chefs de Corps.

27 Juillet
Une dépêche Ministérielle prescrit le rappel de tous les Officiers

28 Juillet
Le Chef d'Escadron rentre et reprend son Commandement. Les Ordres sont donnés concernant les dispositions secrètes à prendre en cas de tension politique.
L'impression générale est qu'une conflagration est imminente.

30 Juillet
Tous les hommes en permission sont rappelés d'urgence.

31 Juillet
On attend à chaque instant l'ordre de Mobilisation.

1er Août
Ordre de Mobilisation Générale décrété et affiché.

2 Août
A 0 heure premier jour de la Mobilisation.

Mobilisation

Les opérations de la Mobilisation s'exécutent régulièrement comme elles sont prévues au Carnet du Corps plan XVII. L'arrivée des Réservistes et des Territoriaux convoqués se fait parfaitement en ordre. Toutes les formations ont été embarquées à l'heure dite, sauf les C.V.A.X 23-24 et 26 pour des raisons provenant des circonstances de guerre.

La réquisition des chevaux et des voitures a rencontré des difficultés. Elle a fait ressortir une préparation insuffisante et l'oubli du facteur le plus important : le temps. Sur le papier tout semblait parfaitement agencé et prévu : les chevaux et le matériel devaient arriver au quartier tel jour à telle heure. L'exécution n'a pas justifié la théorie ; les détachements se sont présentés avec des retards considérables, souvent en pleine nuit ; ces retards se répercutant d'un détachement sur l'autre, ont rendu très pénibles le contrôle des animaux requis et leur répartition entre les unités. On a du finalement se borner à servir d'abord les compagnies qui devaient partit les premières puis improviser pour les autres.
L'ensemble des opérations n'a pas été compromis, tout a fini par trouver sa place ; mais la réquisition des chevaux et du matériel devra faire l'objet d'une étude spéciale après la guerre. Étude qui sera présentée par le Major. L'effectif des chevaux requis a été de 7000 environ et 2.000 voitures. Sur ces voitures 250 étaient absolument inutilisables.

8 Août
Le Chef d'Escadron Debreil part avec le quartier général du 1er Corps d'Armée à Hirson. Il laisse le commandement des Dépôts à Mr le Chef d'Escadron territorial Lacombe.

12 Août
Le Commandant Lacombe est désigné pour le Grand Parc d'Armée et laisse le commandement des dépôts au Capitaine Blanche, Major.

24 Août à 7 heures
Le capitaine Major reçoit l'ordre d'évacuer les compagnies Territoriales mobilisées cantonnées dans la périphérie de Lille ainsi que les dépots (personnel et animaux dans la direction de La Bassée Béthune). Il donne aussitôt les ordres suivants aux officiers :
1°  Faire rassembler tous les moyens d'attache et de conduite des animaux.
2° Réunir les hommes sortant de la cavalerie et du Train pour monter un cheval, en couverture si possible, l'Escadron n'ayant plus de selles, plus de bridons, faire prendre un second cheval en main.
3° Rassembler tous les autres hommes par fractions de 50, encadrés, leur laisser mettre les quelques effets de linge, qu'ils possèdent dans une voiture de réquisition..
4° Prendre les archives du Trésorier, les caisses de la Mobilisation, certains dossiers du personnel, quelques caisses de comptabilité, les armes, les munitions placées dans les bureaux et qui allaient être distribuées aux territoriaux. Les cantines des officiers.
5°  Faire jalonner la route à suivre par la colonne pour la traversée de la Ville.

Ces opérations ont été exécutées par une nuit absolument complète. On put rassembler 780 chevaux conduits avec des licols et des moyens de fortune, et quand tous ces moyens furent épuisés, il restait encore 156 mulets et les chevaux indisponibles à l'infirmerie : environ une centaine, qu'il était absolument impossible d'emmener.

L'Escadron n'avait que quelques paires de harnais de réquisition pour les convois du Dépôt ce qui a permis d'atteler quelques voitures. Les voitures pour blessés furent réparties par les médecins de la colonne.

Il était exactement 21h30, lorsque les sections du Dépôt se mirent en marche, à une certaine distance les unes des autres, les voitures en arrière. Le Capitaine Commandant, parti le dernier, fit fermer les portes du quartier St Ruth et resta en arrière de la colonne.
Les compagnies 23-24-25 et 26 dont il est question comprenaient : 12 officiers, 1080 hommes de troupes, 1260 chevaux et 540 voitures, elles avaient été prévenues, par note de service portée rapidement, de s'éclairer pour éviter la rencontre d'autres colonnes et l'encombrement.

Les dépôts comprenaient : l'Etat-Major de l'Escadron soit :

Effectif des Dépôts du 1er Escadron du Train des Equipages Militaires à la date du 24 Août 1914 (départ de Lille)

Officiers : 8
MM Blanche : Major ;Frété : Lieut-Trésorier ; Lefebvre : s-Lt Habillement ; Delpech : Lt de réserve ; Bonduelle : Lt Territoriale ; Richardeau : s-Lieut actif.
Docteurs : Meurisse, Aide major de 1e Classe ; Lévèque, Aide major de 2e Classe

Sous Officiers, Brigadiers, Conducteurs : 1391
Chevaux : 780
Voitures : 13



              Le voyage se fait à pied depuis le Quartier Saint-Ruth à Lille jusque Vernon par étapes de 20 à 30 Km :

Agrandir le plan

               L'essentiel des troupes est ensuite conduit en train de Vernon (le 4 septembre) pour Limoges et finalement Périgueux (atteint le 10 septembre après un long détour)


Agrandir le plan

  Entre le 10 et le 20 septembre il est arrivé en gare de Perigueux 4250 territoriaux et Réservistes territoriaux du 1er Escadron du train évacués des Régions du Nord envahies par les Allemands.

2095 seront à Ribérac.

 

           

 

            Ce n'est que le 2 Octobre qu'Alfred DUVERGER se présente à Beauvais, il arrivera bien après le flot de ceux que l'avance ennemie avait poussé vers le sud. A noter qu'il s'est présenté à Beauvais, que la manoeuvre de l'Armée allemande avait épargné, et qui était probablement la première grande ville libre rencontrée, avant d'être envoyé à Ribérac

 

            Une question reste en suspens, en discutant avec d'autres passionnés de la Grande Guerre, j'ai eu un doute sur l'un des personnages de la  photo que l'on m'a communiqué  :

 

3° escadron du train pe A D

 

            Le gabarit, la moustache et surtout le fait que parmi les autres soldats le premier à gauche, identifié comme aïeul de mon correspondant, appartenait au 3°ETEM, et quoi de plus normal que des rencontres entre conducteurs ....??
Alors, à votre avis, Alfred DUVERGER est-il sur cette photo ?


      • Comme bon nombre de combattants, il aura droit à au port de la Médaillle Interalliée dite "de la Victoire" créée en 1922 pour tout militaire ayant servi au moins 3 mois, et dont un modèle existe pour chaque pays allié.

        DAMIV

        Que je possède avec sa miniature :

        DAM                           DAMm

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      • LEROY Paul René

             Né à St-Martin sur Ecaillon  le 30/11/1895, il est "de la classe 1915", il faut cependant croire qu'il a avancé jusque Boulogne-sur-Mer à l'arrivée des Allemands, puisqu'il s'engage volontairement "pour la durée de la guerre" à la mairie de Boulogne-sur-Mer le 16 octobre 1914, matricule 992  : il a donc encore 18 ans.

             Affecté au 141° Régiment d'infanterie, stationné avant-guerre à Marseille et Salon-de-Provence.  Il arrive au corps comme soldat de 2° classe le 20 octobre 1914 sous le matricule 8545 pour y suivre l'instruction. L'analyse de son décompte de campagne montre qu'il ne sera considéré "aux armées" que le 5 février 1915, date à laquelle il est déjà passé au 58e RI depuis 3 jours.  Le régiment est dans le secteur Béthincourt - Moulin de Raffécourt - Forges, le long du Ruisseau des forges, où il alterne avec le 40e RI.
                          Je ne sais s'il a participé à l'opération du 21 février 1915, sinon il en a été le témoin, ce fut une de ces opérations dont le bilan est effrayant, d'autant que le résultat en est tout à fait nul :

        boishache
        Cette carte du secteur où se trouve le 58e RI (clic pour agrandir, puis afficher l'image)
        montre les positions, dont le bois triangulaire en haut à gauche, en hache au centre,
        en U le long de la route qui longe le moulin de Raffécourt et va de Béthincourt à Forges
        .
        (Merci à C.C.)



         JMO du 58e RI

        20 Février 1915
             L'ennemi lance à plusieurs reprises des bombes sur le secteur C. pendant la nuit une vive fusillade éclate à plusieurs reprises, le calme est rétabli chaque fois grâce à notre artillerie. A 22h le colonel reçoit l'ordre particulier 75 prescrivant une attaque d'une compagnie sur le boyau ennemi qui part au nord du Bois en Hache et se dirige vers l'ouest. L'attaque sera précédée d'une préparation par l'artillerie. D'après les ordres complémentaires, l'attaque partira à 14h30 de la tranchée 10 (11e Cie) et de la tranchée à la lisière nord du Bois en Hache. La direction de l'opération est confiée au capitaine de Frayssinet qui reçoit les ordres du colonel entre 23h30 et 1h du matin. Une section de la 8e Cie est envoyée en renfort au Bois en Hache.

        21 février 1915
             la section du Génie 15/2 arrive au Bois en Hache à 3h50 et pratique immédiatement des ouvertures dans nos réseaux de fil de fer. A 8h le capitaine de Frayssinet rend compte que les allemands ont considérablement renforcé leur réseau de chevaux de frise en avant du point à attaquer. Vers 13heures, quelques coups de réglage de l'artillerie. La préparation pour le canon commence à 14h. A 14h24 le tir de l'artillerie s'étant ralenti les sections du Lt Mouret (11e Cie) et du Lt Castello (8e Cie) Bois en hache, sortent des tranchées d'un seul élan, avant même la chute de la 2e fusée signal. D'un seul bond elles atteignent les réseaux de fil de fer et de chevaux de frise ennemis qu'elles trouvent intacts, l'artillerie n'étant pas parvenu à les démolir. La elles sont couchées à terre par la fusillade à bout portant de la tranchée allemande ; les deux officiers, un grand nombre d'hommes tombent devant ces défenses infranchissables. Le sous-Lt Goyet (9e Cie), n'écoutant que son courage enlève alors sa section de sa propre initiative. Il est tué, sa section vient comme les deux autres buter contre les réseaux intacts de l'ennemi. Le capitaine Lapenne, commandant la 11e Cie juge qu'il est inutile d'engager dans ces conditions une 4e section.

             Sur la demande du capitaine de Frayssinet la Division accorde l'autorisation d'amener en arrière les survivants des sections d'attaque lorsque la nuit sera venue, ce qui est fait.

            Vers 18h30 une contre attaque allemande est arrêtée par les feux de la tranchée 10. L'enlèvement des blessés et des morts se poursuit toute la nuit. A 21h une 2e section de la 8e Cie et une de la 10e sont envoyées en renfort dans le centre D. Une section du génie vient également rétablir et améliorer le réseau de fil de fer.
             Le reste de la nuit est calme

        Pertes :  Tués : 2 officiers, 1 s/officier, 8 soldats
                       Blessés : 3 s/officiers, 34 soldats
                       Disparus : 1 officier, 1 s/officier, 25 soldats

        Site Mémoire des Hommes



            Paul LEROY sera muté au 46e RI le 5 mars 1915 par décision du Général commandant le 15e Corps d'Armée. Il est nommé soldat de 1ere classe le même jour, puis caporal le 27/05/1916.

             Blessé le 23 septembre 1916 par éclat d'obus, il est évacué et ne reviendra au 46e RI que le 30 avril 1917.

        Clic, puis afficher l'image pour la taille réelle.
        Carte extraite du JMO de la 125° D.I. septembre 1916.
        Secteur de Bouchavesnes où sera blessé Paul LEROY
        .
        En plus clair les lieux cités ci-dessous.



         JMO du 46e RI

        21 septembre 1916
             Dans la nuit du 20 au 21 le 3e Bataillon ( avec le Lt. Colonel) quitte le bois Marrière et retourne au bois Aiguille.

            Le 1er Bataillon occupe La Brioche et la tranchée de Bouschavesnes, le 2e Bataillon reste aux abords de 760.
        Pertes :  Officiers tués : 1
                      Troupe , Tués : 2, Blessés : 5

        22 7bre
            Dans la nuit du 21 au 22 le P.C. du Colonel est porté route de béthune (poste occupé par le Lt.Colonel commandant le 331e).
            Le 2e bataillon quitte ses emplacements aux abords de 760 et se porte au bois Marrières.
             Le 3e Bataillon relève à Bouchavesnes un bataillon du 331e
        Pertes :  Officiers 2 blessés
                      Troupe 11 tués, 38 blessés

        23 7bre
             En exécution de l'ordre d'attaque de la Division du 31 7bre 1916 N°122/oP le Lt.Colonel Lemenestrel
        [venant du 43°RI] qui arrive au P.C. de la route de Béthune à 7h pour prendre le commandement du régiment fait son ordre d'attaque, donne des ordres de détail (pièces annexes)

             La situation du Régiment est alors la suivante :
                   1er et 3eme Bataillons à Bouchavesnes
                   2e Bataillon au bois Marrière

        Pertes : Troupe : 1 tués, 14 blessés
                      Officiers : Néants

        Site Mémoire des Hommes



          
             Il rejoint le 30 avril 1917 le 46e alors "en campagne" dans la région de Craonne (Bois de Beaumarais) dans l'Aisne puis dans l'Oise, face à la tentavive allemande de percer jusqu'à ce qu'il soit dirigé sur le dépôt de Romorantin où il arrive le 8 avril 1918 pour instruction de la classe 1919 ; il est redirigé vers le 46e RI aux armées le 31/01/1919.

             Envoyé en congé illimité le 25/08/1919 par le D.D. du 127° RI à Valenciennes, 2e bataillon de chasseurs mitrailleurs, il est finalement affecté spécial au titre de la Compagnie des Chemins de fer du Nord, subdivision complémentaire, 5e section des chemins de fer de campagne en date du 5/01/1925.

        Ses campagnes contre l'Allemagne sont ainsi décomptées :
        • Intérieur du 16 octobre 1914 au 5 février 1915
        • Aux armées du 5 février 1915 au 23 septembre 1916
        • Intérieur, blessé de guerre, du 23 septembre 1916 au 30 avril 1917 (compte double)
        • Aux armées du 30 avril 1917 au 24 Août 1919

        Son acte de décès le 16/12/1964 indique qu'il était titulaire de la Croix de guerre 14-18, peut-être gagnée à l'occasion de sa blessure.

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      • DUVERGER Georges Adolphe

             Né le 14 octobre 1888 à Versigny ( Aisne) il est de la classe 1908, inscrit sous le n° 138 au canton de La Fère, il est classé dans la 1ere partie de la Liste par le conseil de révision de 1909 sous le n° Matricule  281. Il est incorporé au 94e RI stationné à Bar-le-Duc le 7/10/1909 et soldat de 2e classe le dit jour.

        Bar-Le-Duc_Caserne_Excelmans[1]



             Passé dans la réserve de l'armée active au 164e RI "par organisation" le 8/10/1911, certificat de bonne conduite "Accordé". Il effectue une première période de 3 semaines en septembre 1913.

             Il est rappelé à l'activité par décret de mobilisation générale et arrive au corps le 2/8/1914.


             Le 164e RI, caserné à Verdun et Longwy en 1914 est affecté à la Défense de la forteresse de Verdun.  On le retrouve successivement à
        • Bezonvaux, Damloup, Souville, Romagne, côte de Morimont, Azannes, bois d’Ormont, Étain (fin août)
        • la bataille de la Marne : Julvécourt, Souilly, Ippécourt
        • puis la Woevre  : Pintheville, Riaville, Marchéville
        • et retour à Verdun : l’Herbebois, ferme St André.

                      C'est au combat de la ferme St André que Georges DUVERGER est blessé une première fois le 24/10/1914 (avis du Ministère de la guerre N° 7810 du 4/11/1914)



        Herbebois
        Secteur de la ferme St André et Herbebois



         Journal de Marche et Opérations du 164e RI

        23 octobre 1914
             Les travaux d'organisation de la corne S.E. du bois de la Wavrille (9°Cie), de la ferme Saint-André (5e Cie) du petit bois des bouleaux, du ravin N. d'Herbebois (6e, 7e et 8e ) et des lisières E et S.E. de ce bois (12e et 11e) sont poursuivis toute la journée.
             L'ennemi n'a montré aucune activité, se contentant comme la veille,  d'envoyer quelques obus sur a ferme de St André et dans le ravin, aux abords de la route du Cap de Bonne Espérance.
             Les circonstances favorables (état d'avancement des travaux et direction de l'ennemi) permettent de dégager 2 tours de service : le 2e Btn est maintenu pour la nuit sur ses emplacements. Les 1ère et 2e Compagnies occupent ornes avec une demi-compagnie sur la croupe au sud d'Herbebois; l'autre moitié du 1er Btn cantonne aux chambrettes, le 3e Btn à Louvemont (ordre n°3)
             Vers 19h, une trentaine de fantassins allemands sont venus faire une démonstration sur Ornes. Ils ont été repoussé par le feu. A cet événement se bornent les incidents de la journée.

        24 octobre
          Aucun évènement saillant dans le courant de la journée. Une batterie de 77 a tiré l'après midi sur la ferme St André une quarantaine de shrapnells qui ont blessé quelques hommes à la 5e Cie et causé deux morts dans cette unité.
             Vers 21h, un lancement de fusée fait redouter une entreprise nocturne de l'ennemi. La nuit n'a été troublée, cependant, que par quelques tirailleries vers une heure du matin dans la direction de St André. une pièce de 77, qu'on a amenée à petite distance au nord de Vaux-Hardelles, a tiré lentement sur la ferme, tandis qu'un obusier battait par intervalles le ravin au N. du bois des Fosses.

           
        •     Une information se dégage de cette rédaction, les blessés du 24/10 appartiennent à la 5e Cie - du 2e Bataillon-, Compagnie à laquelle devait appartenir Georges DUVERGER.
        •      On n'est encore qu'en octobre 1914, mais le rédacteur montre déjà un calme routinier devant les évènements :
          "Aucun évènement saillant dans le courant de la journée (..........) blessé quelques hommes à la 5e Cie et causé deux morts dans cette unité."
          C'est déjà le quotidien dans le secteur de Verdun.

        On sait pas quand Georges DUVERGER est revenu de convalescence, mais il a rejoint le 164e RI qui en 1915 se trouve successivement :
        • dans les secteur d’Ornes de janvier à mars
        • en Woëvre : Herméville-Etain : fermes du Haut Bois et de l’Hôpital, en avril.

             Il sera de nouveau blessé -par balle- au combat d'Herméville-Etain le 7 avril 1915 (avis 25050 du 17/4/15). Il décède le lendemain 8 avril à l'hôpital temporaire n°4 de Verdun. (avis 2859 B.I. du 21 avril 1915).

        DUVERGER G A MDH

              Depuis 1912 il habitait à Reims, et depuis le 27 juillet 1914, 54 rue Lecointe, ce qui explique la transcription de son acte de décès dans cette ville.

        • Son nom figure dans le livre d'or de la ville de Reims (source Mémorial-Genweb merci à A.G.) parmi les 3108 qui ne sont pas gravés sur le monument mais inscrits sur un parchemin scellé dans celui-ci, de même que dans le Livre d'or du Ministère des Pensions :

          Livre d'or Reims DA

          DUVERGERGLO


              L'hôpital temporaire N°4 se situait se situait au collège de filles Margueritte (200 lits, 5 médecins et 90 infirmiers) actuellement Lycée Jean-Auguste Margueritte (général de division mort en 1870).

        hopital N°4    HT4 cloitre    HT4 Verdun

         

        Hermeville-Etain
        Carte du secteur Herméville-Etain en 1915



        Journal de Marche et Opérations du 164e RI

        6 avril 1915
            (..... les journées des 5&6 avril ont été chaudes.....)
        Pour la nuit les dispositions suivantes sont prises  : le 1er Bataillon sur ses positions de la veille restitue à la 12e compagnie le peloton qu'il en avait reçu. 2° Bataillon , 5e Compagnie  la tranchée des "deux routes" et à l'Hopital , 7e Compagnie cote 219 , 6e et 8e Compagnies en seconde ligne.
        3e bataillon : 10e Compagnie au haut-Bois, liaison vers Jean de vaux avec les troupes du 2e secteur, 11e et 12e Compagnies aux tranchées E de 220, 9e Compagnie en Réserve à Herméville.
             L'Hopital, 219, et le Haut Bois sont organisés défensivement et les tranchées retournées dès la nuit du 6 au 7. Des tirs de barrage d'artillerie sont organisés

        7 avril
             L'ennemi n'a réagi que par son artillerie et a bombardé sans discontinuer 221 et 219..
             Il a plu toute la nuit et la situation des troupes, qui ne sont pas abritées, est particulièrement pénible.
            Du fil de fer a été distribué aux bataillons pour créer des défenses accessoires en avant de nouvelles positions.
             Les allemands canonnent toute la journée nos positions.  une mitrailleuse ennemie, installée dans le clocher de Warcq, gène les défenseurs de 221.  Warcq et Fontaine au Rupt sont bombardés par l'artillerie du 2e secteur.

        Pertes : 1 Tué et  5 Blessés.

          
        Georges DUVERGER est selon toute probabilité, l'un des 5 blessés.

        Hermeville-Etain devastes
        Carte du secteur montrant les zones dévastées (ocre et rouge)




        Ses campagnes contre l'Allemagne sont ainsi décomptées :

        • Aux armées du 02/08/1914 au 24/10/1914
        • A l'intérieur  du 25/10/1914 au 08/04/1915
        Une question se pose : pourquoi a-t-il été tué "au combat" s'il n'était pas "aux armées" ???

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24 août 2014

DANHIEZ

 

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 Le symbole ombré bleu de Mars Mars  pointe vers le détail du parcours du soldat.

 

  • AGPs  DANHIEZ Dominique Eloi ( Sebourg 02/03/1851 - Sebourg 02/03/1928)
                    Marié à le 01/06/1874 à Sebourg
            NOTTELEZ Elise ( Sebourg 12/04/1853 - Sebourg 16/08/1932 )
    ils auront 6 enfants : (Voir leur arbre sur Geneanet)

    1. VENUS DANHIEZ Elise Philippine ( Sebourg 28/06/1874 - Sebourg 13/11/1959 )
                      épouse de Mars  DELVIGNE Emile ( Jenlain 12/12/1873 - Sebourg 25/09/1934)

    2. VENUS DANHIEZ Marie Sophie ( Sebourg 22/03/1877 - Valenciennes 07/05/1967 )
                      épouse de Mars  DUVERGER Alfred

    3. Mars  DANHIEZ Edmond Eloi (Sebourg 04/12/1879 - Marly 24/05/1955 )

    4. Mars  DANHIEZ Albert Joseph ( Sebourg 03/06/1882 - Quarouble 09/06/1956)

    5. Mars  DANHIEZ Felix Eloi ( Sebourg 31/08/1887- Valenciennes 10/08/1978 )

    6. VENUS DANHIEZ Jeanne ( Sebourg 11/08/1890 - Marly-lez-Valenciennes ~1975)
                   épouse deMars  BLARY Marcel (Marly-lez-Valenciennes 02/08/1891 - Marly 19/05/1956)

     

  • Ainsi que :

    • DANHIEZ          
      • 1 cousin issu de germain éloigné au 2e degré (son Arrière-Grand-Père est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DANHIEZ Liévin Joseph, né en 1782).
        Mars    DANHIEZ Georges César né le 7/9/1883 à Wargnies le Grand,  fils de Edouard et de LELIEVRE Marie ,"Mort pour la France" le 12/3/1918 à Salonique (GRECE).

      • 1 petit-cousin éloigné au 1er degré (son Arrière-Arrière-Grand-Père est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père DANHIEZ Liévin Joseph, né en 1782).
        Mars    DANHIEZ Georges Léon né le 20/01/1896 à Wargnies le Grand,  fils de Emile et de DEHOVE Marie ,"Mort pour la France" le 17/04/1917 à Craonne (02).


 

 Également :

  • NOTELET : cliquer sur "Apparentés" dans le menu ci-dessus

 


  DANHIEZ


 

 

      • DELVIGNE Émile Druon (époux DANHIEZ Elise)

             Né le 12/12/1873 à Jenlain, fils de Pierre Druon et de Joséphine Joseph TISON, il "est de la classe 1893", numéro 100 de tirage dans le canton de Valenciennes Est. Matricule 748 au recrutement de Valenciennes, il est déclaré "Bon pour le service".

        Il part -et arrive- le 16/11/1894 pour le 1er Escadron du Train des Équipages, matricule au Corps N° 1812. Il passe au 2° Régiment d'artillerie de marine - qui deviendra "coloniale" - le 18 février 1895, nommé 2° canonnier conducteur le 18 février 1895, et envoyé dans la réserve le 1/11/1897.

        Certificat de bonne conduite accordé".

        Son ESS signale, hélas ! sans autre précision : 
        "Campagne Martinique du 26/9/1895 au 21/10/1897."

        Il épouse ma grand'tante Élise Philippine DANHIEZ le 8 juillet 1899 à Sebourg.

        DEDE


        DELVIGNE Émile effectue une période de 15 jours en Mai 1900 au 2° Régiment d'artillerie de marine, puis une autre de 4 semaines en Mai 1904 au 2° Régiment d'artillerie coloniale à Cherbourg, 2° Batterie.

        Il passe dans la territoriale le 1/10/1907 comme auxiliaire de Place Forte et dans le réserve de celle-ci le 1/10/1913, après une période d'exercice d'une semaine au Groupe du 2nd Bataillon (peut_être du 3° Régiment) d'Artillerie à Pied en septembre 1909. Il dépend ensuite du 70e Régiment d'artillerie Lourde. Sa libération du service militaire est fixée au 1/10/1919.

        Mais ....

             Il est rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er Août 1914 et arrive au 1er Régiment d'Artillerie à pied le 2 Août 1914.



             Fait prisonnier à Maubeuge lors de la reddition de la place le 8 septembre 1914, son ESS le signale interné à Minden en Westphalie, près du camp d'Holzminden, sur la Weser. Ce n'était pas un nouveau camp, car La Croix-Rouge naissante de Valenciennes en 1871 décrit un périple des plus épiques de deux de ses membres pour retrouver des prisonniers, c'est pire encore qu'aux guerres suivantes, et le camp de Minden a une fâcheuse réputation !  Ils y arrivent après bien des difficultés et d'autres camps, dont ceux de Deutz, Magdebourg, Stettin, Posen et de Glogau, les prisonniers étant éparpillés dans des conditions épouvantables :

                   Comme des officiers leur affirment que des mobiles Valenciennois doivent être internés à Minden, nos deux infatigables pèlerins s'y rendent immédiatement.  Ils passent en train leur troisième nuit consécutive sans pouvoir s'étendre.
        La encore nouvelles déception, les mobiles n'y sont pas.
        Le camp de 7000 prisonniers de Minden a pour commandant "un espèce de brute" qui les met carrément à la porte. Par bonheur, ils trouvent un aumônier qui leur fait visiter l’hôpital. Près de 300 marins de l'armée de la Loire viennent d'arriver avec les pieds gelés. Leurs jambes sont noirâtres, un certain nombre devront être amputés. ........
        in  G.Piérard : La Croix-Rouge Française dans l’arrondissement de Valenciennes de 1870 à nos jours (1963)



        liste PG dont DELVIGNE Emile


        Suivent quelques lignes barrées ayant fait l'objet d'une rectification par un capitaine au nom illisible concernant son évasion; cette information reprises sur un feuillet collé sur l'ESS et détaillant comme suit son parcours ultérieur.

        • Évade d'Allemagne.
        • Classé au 3e Groupe le 1er Mars 1916 venant de la 11e Batterie.
        • Passé 12e Bie le 21 avril 1916.
        • Classé 7e Groupe rattaché 7e Batterie le 9 Juillet 1916.
        • Classé 11e Bie le 1er septembre 1916 pour formation batterie 240, passé au 3e RAP 101e Bie le 16 sept 1916
        • Aux armées  passé au 70e Regt d'Artillerie Lourde le 1er Aout 1917. DM 24649 3/3 du 10 juillet 1917.
        • Envoyé en congé illimité par le 15e Régiment d'Artillerie de Campagne le 21 février 1919. 1er Echelon (2918) se retire à Sebourg (Nord) rue Tauvoin ( sic pour Tonvoy ) 

          La rue de Tonvoy est bien la rue de Sebourg où vivaient ma grand'mère et sa soeur, épouse d'Émile.

            A en croire les ESS, une confusion a eu lieu lors de la rédaction de celui de DELVIGNE Émile né le 27 juillet 1873 à St Saulve, matricule 107 qui avait fait son service au 23e Dragons, avec période d'exercice au 1er ETEM, mais mobilisé au 1er puis au 3e RAP en 1916 et qui - du fait de l'homonymie, et donc de noms voisins dans le table alphabétique du registre matricule - avait été déclaré en internement à Minden, mention qui a été biffée, le même capitaine avalisant la rectification.

      • MAIS ...
         Je possède trois cartes photos d'Émile relatives à sa détention. Elles le montrent en bonne santé apparente, et a contrario des indications de l'ESS, le camp d'expédition, dont il donne une adresse précise est celui de Münster, également en Westphalie, mais assez éloigné de Minden, plus de 100km, ce qui pourrait être une erreur banale de camp SI .....
        ...Si les dates portées sur ces cartes ne laissaient place au doute concernant une évasion :

        DELVIGNE Emile x3b1     DELVIGNE Emile x3b2


             La première carte est entièrement manuscrite et adressée à ma grand-mère DUVERGER, sa belle-soeur, confirmant son affectation comme soldat et sa résidence comme prisonnier,  mais sans aucune date. Cette carte arrivera à destination, c'est elle qui figure dans le cadre dont il est question dans la rubrique concernant Alfred DUVERGER :

        Kriegsgefangenensendung

        Mr Emile Delvigne
        1er Regt: Artillerie
        7e Groupe
        20e Compagnie
        à Münster
        lager I
        Westphalie
        Allemagne
        (Corvée 36)


              Les deux autres cartes dont l'une est adressée à son épouse à Sebourg, portent les habituels cachets allemands des cartes envoyées par les prisonniers, dont le cachet de vérification-autorisation, et celui de Münster i.W.L II ne laissant aucun doute sur la la situation du camp :

        DE Gepruft       DE Munster

        Minden & Munster


                      Ces deux cartes ont pour dates respectives "2 juin 1918" et "9 juin 1918" qui ne peuvent qu'invalider les affectations listées dans l'ajout sur l'ESS...... reste qu'effectivement la dernière mention est correcte : l'adresse "rue de Tonvoy à Sebourg" est bien la sienne.

               Difficile de dénouer le vrai du faux ................

            La mise en ligne des documents de la Croix-Rouge Internationale confirme sa présence au camp de Minden en janvier 1915 ; ce sont des documents rendus publics récemment, et dont la famille n'a bien entendu pas eu connaissance :

        DELVIGNEEPGF
        Sa fiche nominative.

        DELVIGNEEPGLSon nom sur la liste établie le 26 janvier 1915, émanant du "Bureau Central des preuves" et confirmant sa présence au camp de Minden, comme soldat du 1er Régiment d'Artillerie Territoriale, fait prisonnier à Maubeuge. (extrait)



             Il est définitivement libéré du service le 1/10/1921; ses campagnes contre l'Allemagne sont validées du 3 Août 1914 au 20 Février 1919, sans que soit fait le décompte habituel "intérieur, prisonnier; aux armées"

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      • DANHIEZ Edmond Eloi

             Né à Sebourg le 4 novembre 1879, bien que résidant à Paris, il est "de la classe 1899", n° 182 de tirage dans le canton de Valenciennes-Est (Sebourg) et déclaré "Bon pour le service" sous le n° Matricule 857.

            Il est incorporé au 2e régiment de zouaves le 20 novembre 1900, et arrive au corps comme zouave de 2e classe sous le n° Mle 5454 le 24/11/1900. Ce régiment sort de l'ordinaire de ceux stationnées en métropole :

        • Créé en 1852, se couvrant de gloire à LAGHOUAT (1852), SÉBASTOPOL (1854-55), MAGENTA (1859), puis campagne du MEXIQUE, PUEBLA 1863 et notamment combat de CERRO  de MAJOMA.
          Le 2ème Régiment de  Zouaves était intégré au 19ème Corps, Division d'ORAN, 2ème Brigade d'ALGÉRIE...
          Basé à ORAN, avec des détachements à EL-ARICHA, MARNIA, MERS-EL-KÉBIR, NEMOURS, SEBDOU, et au camp de SATHONAY (1ère bataillon et 1ère compagnie de dépôt).

        J'ai deux photos de lui en Zouave  :

        DANHIEZ Edmond 01 R°     DANHIEZ Edmond 02 R°

        Sans date, l'une faite chez un photographe de Lyon, 64 rue Garibaldi, qui avait également des succursales aux camps de Sathonay et de La Valbonne.

        Son ESS n'est pas très loquace :

        • Zouave de 1ere classe le 17 avril 1902
        • Envoyé dans la disponibilité le 14 septembre 1902
        • Certificat de bonne conduite "accordé"
        • Campagnes : Algérie du 22 novembre 1900 au 12 octobre 1901


                 Il est donc parti directement en Algérie, peut-être comme l'indique l'historique du régiment : "Colonne de Béchar et Beni Abbes" aux portes du Grand Erg Occidental.

        Il passe dans la réserve d'active le 1/11/1903 au 14e (sic, en réalité 4°) régiment de zouaves, au Fort [de] Rosny (l'un des seize forts détachés de l'Enceinte de Thiers qui protégeaient Paris durant la seconde moitié du XIXe siècle), alors sous l'autorité du colonel Henri Micheler ; il y effectue une période de 4 semaines en juin 1906.

        Il est classé non affecté le 14 décembre 1907 comme facteur rural à Sebourg. (Postes et Télégraphes du Nord)

        Le calendrier prévoit qu'il passe dans la territoriale le 1/11/1913, dans la réserve de celle-ci le 1/11/1919 pour être libéré le 1/11/1925 ....

        ...Mais...

             "Rappelé à l'activité décret du 1-8-1914 n'a pas rejoint étant classé non affecté. Resté en pays envahi, retrouvé en pays reconquis, maintenu dans ses foyers. Rayé de l'affectation spécial le 1er avril 1927 (Décret du 13 janvier 1926). Classé dans la position dite sans affectation le 1er avril 1927. Exécution des prescriptions de la circulaire ministérielle 12481-2/1 du 19 octobre 1926."

                                       Il est finalement libéré du service militaire le 10 novembre 1928.

 

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      • DANHIEZ Albert Joseph

                  
                    Né le 3 juin 1882 à Sebourg, il est "de la classe 1902" . Nous n'en saurons malheureusement pas beaucoup plus car les documents relatifs  à sa période militaire ont subi l'outrage des ans et de l'incendie de mai 1940 à Valenciennes .

        Le registre alphabétique de 1902 est déchiré en maints endroits, on croit même deviner son nom là ou la page a été abimée : "Dan....."

        DANHIEZ Al

                    Les registres matricules ayant été mis en ligne par les Archives Départementales du Nord, il me restait à parcourir ceux-ci , les hommes étant classés par n° matricule de recrutement cette fois. Hélas  !!!! ..... Sur les 4 registres annuels (parfois 5) dont deux seulement sont accessibles, l'un -très incomplet- ayant été reconstitué à partir de renseignements (obtenus de sources diverses) recopiés dans les feuillets nominatifs de contrôle, mon grand'oncle DANHIEZ Albert ne figure dans aucune de 1544 pages....

        Vals classe1902 1544pp




             Disposant d'une seule photo de lui, on saura seulement qu'il a appartenu au 146e Régiment d'Infanterie, stationné à Toul, le photographe y avait un magasin, ainsi que Nancy. Sur son bras gauche, le cor, insigne des bons tireurs. A gauche sur la photo la baïonnette Lebel, du fusil du même nom. A droite le képi modèle 1884 avec grenade "de sortie", cocarde tricolore et pompon.

        DANHIEZ Albert

 

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      • DANHIEZ Felix Eloi


             Né en 1887 il est "de la classe 1907", inscrit sous le n°179 de la liste de Valenciennes-Est, il est déclaré bon sous le n° matricule 968.


             Incorporé le 7 octobre 1908 au 24e bataillon du Génie, en garnison au Mont-Valérien 2e sapeur "le dit jour", matricule au corps 16870, il passe 1er sapeur le 25 septembre 1909, et est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1910. Il est alors indiqué comme faisant partie de la réserve de l'armée active au "5° Régiment du Génie, 24e Bataillon, télégraphistes". Il y effectuera une période dont les dates, masquées par un papier collé nous sont inconnues.
        Certificat de bonne conduite accordé.

        Une photographie nous le montre en uniforme du 5°Régiment du Génie :

        DANHIEZ Felixb

             On distingue sur son bras droit l'insigne des télégraphistes, une étoile à 5 branches d'où sortent 3 foudres, et sur le bras gauche un insigne en forme de manipulateur morse, attribué à ceux qui envoyaient les dépêches, les monteurs ayant un insigne représentant poteau, fils et potelets.

        DFD          DFG

             La baïonnette au premier plan est du Modèle GRAS 1874, la photo datant d'avant la guerre, c'est donc au fusil GRAS calibre 11mm qu'elle s'adaptait, et non à sa version modifiée en 1914 au calibre 8mm lebel.

        Une autre photo le montre avec son atelier de télégraphie en 1909 :

        DFAb



        DANHIEZ Félix est rappelé à l'activité par décret du 1er Août 1914 : c'est la Mobilisation Générale.

             Il arrive au 8e Régiment du Génie le 3 Août 1914  (Par une loi du 30 mars 1912, les unités de télégraphie militaire de métropole sont regroupées au sein d'un seul régiment, créé le 1er janvier 1913 au Mont-Valérien, et qui prend l'appellation de 8e Régiment du Génie composé de 2 Bataillons : un Bat. de télégraphistes, un Bat. de radiotélégraphistes.)

        DF15
        Photo prise le 10/06/1915


             Nommé Caporal le 25 Mai 1916, puis Sergent fourrier le 1er Avril 1918 (Équivalent d'un comptable civil, affectation qui correspondait à sa qualité d'employé de banque dans la vie civile). Envoyé en congé illimité le 12 juillet 1919 par le dépôt du Génie d'Arras, 7e échelon N°1684, il se retire à Bruay sur Escaut, 6 rue Nationale.

        DF18       DF19
        Photos prises en 1918 et 1919.


        On remarque sur la photo de droite la croix de guerre avec une étoile de bronze :


          
        CdG


        obtenue par cette citation :

               Cité à l'ordre du régiment n°11 le 6 janvier 1919. Très bon sous-officier brave et courageux sur le front depuis le début de la guerre, s'est toujours dépensé sans compter effectuant comme sapeur et comme caporal les réparations téléphoniques sous les bombardements les plus violents à Fontenoy Confrécourt en septembre 1914, à Verdun en Juin et Octobre 1916. Sergent fourrier dévoué a toujours assuré le ravitaillement dans les moments les plus difficiles

          
           Il est également titulaire de la Médaille de Verdun et de la Croix du Combattant

           Il  passe dans la territoriale en 1921, affecté au 48e Bataillon du 18e Régiment du Génie. Classé sans affectation le 1er Août 1927 - date à laquelle il passe dans la réserve de la territoriale - (Circulaire Ministérielle 5765 2/1 du 7/5/1927) il est ensuite affecté au centre de mobilisation d'infanterie n°12 (Lille) (3e B.on R.)

                     Libéré de toutes obligations militaires le 15 octobre 1933, ses campagnes contre l'Allemagne "aux armées" vont du 3 Août 1914 au 11 juillet 1919 soient 1803 jours, qui comptent double.


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      • BLARY Marcel

                    Né en 1891 à Marly-les-Valenciennes, il est "de la classe 1911", inscrit sous les n°14 de la liste du canton de Valenciennes-est ; déclaré "bon" sous le matricule 1762, il est incorporé au 155e RI stationné à Commercy, quartier Oudinot, à compter du 9/10/1912. Soldat de 1ère classe en 1913, il est "Aux armées" le 31 juillet 1914 lors de la période " de tensions politiques", le régiment sous les ordres du colonel De Mac-Mahon recevant l'ordre de mobiliser le 1er échelon et de se porter sur ses emplacement de couverture, en l'occurrence Noviant-aux-Prés, 25km à l'est.

             Ce n'est pas son ESS qui est disponible, mais une fois de plus pour cause d'incendie des archives en mai 1940, c'est un "feuillet matricule" qui nous conte la suite, avec probablement moins de détails.

        L'historique du régiment permet cependant de le suivre quasiment pas à pas :

        • 1914 Lorraine
          • Août : Labeuville (17/8), Harville (18/08), Noviant-aux-Prés, Joppécourt, Xivry-Circourt (22/08), Spincourt, Étain, Pillon, Billy-sous-Mangiennes, Romagne-sous-les-Côtes, ferme de Mautaubé, Cierges, Montfaucon (30/08).
          • Septembre : Bulainville (06/09), Courcelles-sur-Aire, ferme les Anglecourt (début sept.), Dugny-sur-Meuse (14/09), Vaux-devant-Damloup, fort de Troyon (27/09.
          • Octobre à Décembre : Bataille de la Woëvre et Hauts-de-Meuse : Lacroix-sur-Meuse, Seuzey, bois des Chevaliers.

        • 1915 Argonne
          • Janvier à Juillet : Vauquois, La Gruerie, Les Bouleaux, Bagatelle puis La Harazée, Saint Hubert, Marie Thérèse.
          • Juillet-Août : Champagne.
          • Septembre à Décembre : ouest de l’Épine de Védegrange, secteur de Saint-Hilaire-le-Grand.

        • 1916 Champagne
          • Février : butte de Souain.
          • Avril Mai : bataille de Verdun : Cumières.

        Il est porté disparu à Cumières le 29 mai 1916, pour être finalement déclaré prisonnier au camp des sous-officiers de Darmstadt le 22 juillet 1916.
        Voici tiré du Journal de Marches et Opérations du 155e RI la relation de cette dernière journée :

        29 Mai 1916 (attaque allemande sur Cumières)

        A 3 heures nouvelle tentative des allemands contre la ferme, sans succès.
        A 6 heures commence un bombardement systématique de tout le secteur s'étendant à celui du 154e RI à gauche ; obus de gros calibres, (150 et 210) minen, obus fusant de 105 et 77 ; l'artillerie allemande prend à partie toutes les tranchées de 1ere et de 2eme ligne, la 2e position, les P.C. Le bombardement ininterrompu avec des alternances d'accalmie et de violence ne prit fin qu'à 19h30.
        A 6h35 le Cdt Voiturier signale qu'à sa gauche les Allemands se sont infiltrés et progressent par le boyau Gentil ; il leur fait face (à l'Ouest) avec sa Cie de réserve (3e). la 4e Cie attaquée à la grenade et aux liquides enflammés a reflué jusqu'à l'ouvrage A3 ; mais là l'ennemi est contenu et même contre-attaqué immédiatement reperd une partie du terrain perdu.

        Pas de changement dans la situation jusqu'à 19h30. Les C.R. des chefs de Bataillon qui jusqu'à cette heure arrivent régulièrement au P.C. du Colonel par coureur (il n'y a plus de lignes téléphoniques) signalent l'extrême importance des dégâts causés par les bombardements (tranchées véritablement nivelées, abris effondrés) et pertes très sérieuses en tués et blessés.
        A 19h30 l'attaque d'infanterie allemande se déclenche d'une part par la gauche parties du bois des Caurettes; d'autre part par la route de Forges. Elle encercle complètement le Bataillon voiturier et la 11° Cie.

        A 22heures, la situation du  155e était la suivante :
        Pas de nouvelles du 1er Btn (depuis 16h) et de la 11e Cie (depuis 12h)
        10e Cie : dans le boyau 1 a été en partie entourée.
        12e Cie : tient toujours à la lisière sud
        9e Cie : tient la ferme - très grosses pertes
        2e Btn : Sur la 2e position. Il n'y a donc plus aucune liaison à gauche avec le 154e R.I.
        2 Compagnies du 154e venant de Fromeréville sont mises à la disposition du Lt Colonel Letellier ; elles sont chargées de prolonger vers la gauche les éléments restants du 3e Btn et de chercher à le relier au 154e R.I. vers le Bois des Caurettes.
        La 1ère Cie du 154e arrive à temps et commence une tranchée à l'Est du boyau I en liaison avec la 10e Compagnie du 155e.
        La 4e Cie n'ayant pas pu être rejointe à temps doit rester sur la 2e position, tout mouvement étant impossible de jour.

        Le 30 mai, lendemain de la disparition de Marcel BLARY, se produira une 2de attaque allemande au sud de Cumières.


           La carte ci-dessous montre les tranchées françaises (en rouge) et allemandes (en bleu). On distingue à gauche le boyau  Gentil au nord du bois des Caurettes, et l'ouvrage A3 un peu plus au nord-est.

        CUMIERES

                 Le village de Cumières a pris en 1922 le nom de Cumières-le-Mort-Homme, 0 habitant, village "Mort pour la France", il est l'un des 9 villages détruits non reconstruit de la Meuse.


        Agrandir le plan
        La flèche verte indique l'emplacement de l'église de Cumières et de son cimetière
        Voir


             On ne sait presque rien de la captivité de Marcel BLARY au camp de Darmstadt, au sud de Francfort, sauf qu'il est rapatrié d'Allemagne le 17/12/1918 et rentre au dépôt du 155e le 3 février 1919.

        Darmstadt


             La mise en ligne des documents de la Croix-Rouge Internationale a permis de confirmer sa présence au camp de Darmstadt, mais c'est un document récent dont la famille n'a bien entendu pas eu connaissance:

        BLARYMPGF
        Sa fiche nominative.

        BLARYMPGL


        Son nom sur une liste visée par le commandant du camp de prisonniers de guerre de Darmstadt du 29 juin 1916. (extrait)

             A cette époque Marcel n'était pas encore "de la famille", le 4 octobre 1913, toujours militaire au 155eRI, il avait épousé à Sebourg - avec autorisation du Conseil d'Administration de son régiment- Marthe BLAREAU qui décède le 23 octobre 1918 à Marly, et ne connaitra ni la libération du Valenciennois, ni celle de son mari.
             C'est le 26 juillet 1920 qu'il épouse à Sebourg ma grand' tante Jeanne.

            Entretemps il aura été affecté au 127e RI de Valenciennes le 18/12/1919, dont il sera "désaffecté" (sic) le 15/02/1923 pour être affecté dans le plan de mobilisation au 361° Régiment d'Artillerie Lourde Portée. Il passe au CMA (Centre Médical des Armées) 306 le 01/06/1928 ; "sans affectation" le 1/1/1929, en application de la circulaire ministérielle n°11068 1/11 du 26/11/1928, ce que certifie le capitaine L'Hôte commandant le CMA306.

             Il est ensuite classé dans l'affectation spéciale au titre du tableau III et de la 1ere région [militaire] comme monteur au titre de la Compagnie Industrielle de Matériel de Transport ( CIMT ), Ateliers de la Rhonelle à Marly.



        Ses campagnes contre l'Allemagne seront décomptées comme suit

        • Aux armées du 2/8/1914 au 29/5/1916
        • En captivité du 30/5/1916 au 17/12/1918
        • Intérieur du 18/12/1918 au 19/7/1919

        Soient administrativement : 4 ans, 11 mois, 13 jours ( arithmétiquement 1812 jours).
         

 

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  • DANHIEZ Georges César

         Né le 7/9/1883 à Wargnies le Grand, il est de la classe 1903, n°4 de tirage dans le canton du Quesnoy-Ouest ; d'abord ajourné, il est reconnu bon en 1905 matricule 233 au recrutement d'Avesnes et incorporé au 3e régiment de hussards le 10/10/1905 (Mle 2533 au Corps). Il termine son service actif le 12/07/1907, certificat de bonne conduite : "Accordé".

         Passé dans la réserve d'active, il accomplit 2 périodes de 2 semaines d'exercices, au 3e Hussards en septembre 1910, puis au 46e Régiment d'Artillerie de campagne comme canonnier en décembre 1912.

         Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er Août 1914, il arrive à Châlons-sur-Marne au 46e RAC le 12 Août 1914. Le régiment est intégré à la 6e Brigade d'Artillerie, 6e Corps d’Armée et se compose de 12 batteries de 75 (48 canons)


    • 1914 : combats avec le 25e Bataillon de Chasseurs à Pied (août), Sampigny, Lérouville, Arrancy (22/08),
      Bataille de la Marne (sept.) : Château de Mondemont (sept.), crête du Poirier, Fère Champenoise, Normée, Puisieux-Sillery, fort de la Pompelle.
      Bataille des Flandres : Reninge, maison du passeur, Boesinghe, Ypres, cote 60 (oct.-déc.).

    • 1915 : Argonne (jan.-août.) : La Gruerie, bois du Grand Triage, La Chalade, Fontaine Madame et Lamitte.
      Bataille de Champagne : Aubérive  : « saillant E » (sept.), Baconnes (déc.)

    • 1916 : Verdun (mars- juin) : Clair Chêne, bois Bourrus, Mort-Homme, Cumières.
      Bataille de la Somme : Combles, Sailly-Saillisel, bois du Mouchoir (sept.- oct.)

    • 1917 : Argonne (janv-fév.).
      Aisne (avril)

         Le canonnier DANHIEZ passe au 19e RAC le 1er avril 1917 : ce régiment, après de nombreuses campagnes en France est envoyé dans les Balkans fin 1916, l'Historique nous donne les premières impressions :

    ARMÉE D'ORIENT


    La 30e D[ivision d'].I[nfanterie]. est relevée le 15 décembre 1916 par la 10e D.I, Elle est désignée pour l'Armée d'Orient.

         Tous, officiers, sous-officiers, brigadiers et canonniers quittent avec regret les champs de bataille de France où ils ont versé leur sang pour la défense du sol sacré de la Patrie, mais pénétrés du sentiment du devoir, ils font le serment de contribuer par leurs exploits, là-bas sur le front d'Orient, à maintenir dans tout son éclat et sa splendeur le drapeau de la France.

         Les unités sont transportées par voies ferrées et débarquées à Toulouse où la D.I. doit se réorganiser avant son embarquement pour Salonique. L'A[rtillerie].D[ivisionnaire]/30 est formée des trois groupes du 19e R.A.C[ampagne]. d'un groupe du 2e R.A.M[arine]., d'une batterie de tranchée et du P[arc d']. A[rtillerie].D. 30 composé de quatre S[ections de].M[unitions].

         Le 21 janvier 1917, l'A.D. 30 commence à quitter Toulouse à destination soit de Marseille, soit de Toulon. Du 30 janvier au 12 février, les diverses unités de l'A.D. sont transportées par mer ; après avoir fait escale la plupart à Malte et à Milo, elles sont débarquées à Salonique. Malgré une mer agitée et la menace des sous-marins, la traversée s'effectue pour l'A.D. sans incident sauf pour la batterie de tranchée qui, à Malte, doit abandonner son bateau, le Saint-Laurent, détruit par une explosion.

         Au fur et à mesure de leur débarquement, les troupes sont bivouaquées au camp de Zeitenlick à 5k. au N.E. de Salonique.

         La D.I. au complet est ensuite dirigée sur Topcin en réserve d'Armée.

        La partie de la Macédoine occupée par les troupes alliées où la D.I. va opérer est très accidentée. Les routes sont rares, et en mauvais état. Pas de carte exacte, aussi on ne s'engage sur un itinéraire qu'après l'avoir fait reconnaître. Le pays a un aspect désertique et un climat approprié. A l'été long et très chaud (50° à l'ombre) succède un hiver assez court mais très froid (- 20°). Les freins des canons de 65, ne fonctionnent l'hiver dans certaines positions (pied du Péristéri) qu'avec un réchaud pour les dégeler. Enfin le terrible paludisme fait rage et à Salonique où nous venons de débarquer les cimetières militaires sont aussi garnis que ceux de Verdun.

         Le camp de Zeitenlick se trouve à quelques kilomètres au Nord-Ouest de Salonique. L'endroit s'appelle aujourd'hui Stavroupoli et se trouve dans la banlieue de Thessalonique. Le camp, point de passage de nombreux régiments débarqués dans le port de Salonique avant d'entreprendre des opérations en Macédoine, est décrit comme malsain: "terrain désertique, semi-marécageux, bossué, sans un arbre"

    274 petit karaburun
    Extrait d'une carte britannique


    • L'historique continue en énumérant les missions du régiment :
      • 8-14 mars 1917 : Opérations contre les Comitadji
        Cette opération rappellera "Capitaine Conan" à ceux qui ont lu le livre ou vu le film :
        •  Des naturels du pays inquiètent depuis quelques temps les troupes de passage et assassinent les isolés. Ces indigènes, appelés Comitadji, ont leur repaire dans les roseaux du lac de Yenidcé, Une opération est entreprise contre eux. La 4e batterie, du 19e y prend part du 8 au 14 mars et tire à obus à balles sur le lac. Quelques Comitadji sont arrêtés et fusillés, le calme renaît aussitôt dans le pays et la sécurité des troupes est assurée
      • 1 avril 1917 : (arrivée de G. DANHIEZ) Opération dans la région de Monastir,
      • 5-11 mai 1917 : Opération de la 106° batterie dans la région de Monastir,
      • Concentration de le 30° DI en arrière-front,
      • Juin 1917 : Opération à Athènes,
      • 18-19 juillet 1917 : Détachement  au Corps Expéditionnaire Italien,
      • Fin juillet 1917 : Occupation du secteur de Monastir-Ouest,
      • 2 septembre 1917:  Coup de main sur le saillant de Kiel,
      • Opération sur T.10.
        • Le 19 et le 20 octobre, l'artillerie prépare un coup de main de l'infanterie sur la tranchée ennemie de T. 10. Le 20, cette tranchée visitée est trouvée évacuée. Nos fantassins ne rapportent que trois fusils.
          Fin octobre et pendant le mois de Novembre, le secteur reste agité par suite de l’énervement réciproque des deux infanteries. Des barrages sont demandés par les nôtres ou déclenchés par l'ennemi sans raison sérieuse.
          De janvier à septembre 1918, le secteur de l'A. D. 30 est assez calme, le front ne subit aucune modification. Quelques coups de main nous rapportent des prisonniers ce qui nous permet d'identifier les troupes qui nous sont opposées. L'ennemi, répondant à notre tir d'artillerie, bombarde violemment nos batteries et les villages à proximité des lignes où il suppose des troupes ou des Etats-Majors.

        Carte du front d'Orient (Monastir-Salonique)  dans la collection " Les Armées Françaises dans la Grande Guerre" : la 30e Division est à Monastir

    21
    (Clic! Patienter à l'ouverture)


    (Signalons en passant que le régiment restera en Orient bien après l'Armistice de Novembre 1918 :
    • Rupture du front et poursuite de l'armée Bulgare
      • septembre 1918
    • Poursuite de l'armée Makensen
      • octobre 1918-février 1919
    • Opération dans la région d'Odessa
      • 23 mars 1919
    • Dissolution de l'AD30
      • 28 août 1919)

          DANHIEZ Georges est atteint du paludisme qui contribue à aggraver des problèmes existants, de ceux qui avaient initialement provoqué son ajournement. Il meurt à l'Hôpital Temporaire N°5 de Salonique le 12 Mars 1918, déclaré "Mort pour la France"

    DANHIEZ GC MDH

          Il a été rapatrié après la guerre, comme quelques 5700 autres ; sur demande, l'état se chargeait du rapatriement (via un adjudicataire, dont on pouvait parfois acheter les onéreux services). George DANHIEZ est cité dans une courte liste du journal "L'Egalité" de Roubaix-Tourcoing du 13/02/1922.

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     Ses campagnes sont décomptées comme suit :
    • Contre l'Allemagne du 12 Août 1914 au 5 février 1917
    • En Orient du 6 février 1917 au 12 Mars 1918

    Son nom figure sur le monument aux morts de Wargnies-le-Grand (avec celui d'un autre petit-cousin, Georges Léon du 33eRI)

    MAM

    mamnoms



     ainsi qu'au livre d'Or du Ministère des Pensions :

    LO

    Sources :
    Historique du 19eRA
    Le Chtimiste

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  • DANHIEZ Georges Léon

    né le 20/01/1896 à Wargnies le Grand,  fils de Emile et de DEHOVE Marie ,"Mort pour la France" le 17/04/1917 à Craonne (02).
    smiley28/04/2016

  

 

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23 août 2014

Témoignage direct

 

       L'un de mes oncles (DUBOIS Auguste, 15 ans en 1918) avait mis en forme ses souvenirs de la libération pour le cinquantenaire. Comme il s'agit d'un témoignage sur Valenciennes et ce qu'ont vécu les habitants qui y restaient, vous le trouverez sur mon autre blog sur les civils du valenciennois

Bonne lecture

 


 

 

 

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22 août 2014

APPARENTÉS

       Sont réunis sur cette page ceux - de plus en plus nombreux - qui n'appartenaient pas au projet initial (les descendants de mes arrières-grands-pères DUBOIS, DUVERGER, DEBEVE, DANHIEZ) mais qui ont cependant un lien familial avec l'un ou l'autre des membres de cette descendance.
 Le symbole ombré bleu de Mars Mars  pointe vers le détail du parcours du soldat.

 

  • NOTELET (apparenté aux DANHIEZ)
    • 1 petit-cousin éloigné au 2d degré (son Arrière-Grand-Père NOTELET est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père NOTELET Antoine Joseph né à Sebourg le 6 juin 1786).
      Mars  NOTELET Victor Druon
      ,  né le 23 Mai 1887 à Sebourg,  fils de Victor Druon  et de HOUZÉ Joséphine.
      "Mort pour la France" le 22 juin 1917  à Soissons (Aisne) .

  • LALOUX (apparenté aux DUBOIS)
                 Les 3 frères de LALOUX Marie-Louise, épouse de DUBOIS Auguste fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
    • Mars  LALOUX Paul Marcel, né à Lille le 6 mai 1886, fils de Louis Joseph et de RUMPTAU Pauline Henriette.
      "Mort pour la France" le 1er septembre 1914 à Gercourt (Meuse).
    • Mars  LALOUX André Raymond, né à Lille le 31/07/1895.  
    • Mars  LALOUX Armand Louis, né à Lille le 13/05/1893.

  • HAINAUX (apparenté aux DUBOIS)
    • Père de  HAINAUX Marguerite, épouse de DUBOIS Henri , fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
      Mars  HAINAUX Maurice Alfred
      ,  né le 5 septembre 1881 à Valenciennes, fils d' Edouard et de GOULART Cléophas.
      "Mort pour la France" le 12 juillet 1915 à  Gildwiller (Haut-Rhin) .

  • MICHEAUX (apparenté aux DUBOIS)
    • Oncle de  HAINAUT Marguerite, épouse de DUBOIS Henri , fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
      Mars  MICHEAUX Auguste Célestin
      ,  né le 13 janvier 1879 à Valenciennes,  fils de Auguste et de QUARREZ Marie Désirée.
      "Mort pour la France" le 11 septembre 1915 à l'hôpital de Rohrbeck (Allemagne)

 

  • TISON (apparenté aux DUBOIS)
    • Oncle de  TISON Georges, époux de DUBOIS Thérèse, petite-fille de DUBOIS Henri Joseph Louis.
      Mars  TISON Georges Joseph
      ,  né le 4 juin 1891 à Obies (Nord),  fils de Pierre et de CLOUET Desange Célina.
      "Mort pour la France" le 13 Décembre 1914 au bois de Mortmare (Meurthe-et-Moselle) .

     


 

 

  •  HAINAUX Maurice Alfred
     
        Né le 5 septembre 1881 à Valenciennes, il est "de la classe" 1901, n° de tirage 85 dans le canton de Vervins (Aisne) où il réside. Il est déclaré "bon" pour le service armé avec le numéro matricule 81 au recrutement de St Quentin (Aisne). Il arrive au 3e Régiment du Génie le 16 novembre 1902 comme sapeur mineur de 2e classe. Il passe mineur de 1ère classe le 23 juillet 1903 au 5e régiment du Génie pour faire partie d'un détachement de relevé au Soudan.
        Arrivé au corps le 16 Août, il embarque le 13 à Bordeaux. Il revient du Soudan par Bordeaux le 7 mai 1905, est fait caporal le 8. Il est envoyé dans la disponibilité d'active le 23 septembre 1905, et passe dans la réserve d'active le 1er novembre. Le calendrier militaire prévoyait qu'il passe dans la territoriale le 1/10/1915, dans la réserve de celle-ci le 1/10/1921 pour être libéré du service militaire le 1/10/1927.

    Certificat de bonne conduite "accordé".
    Campagnes du Soudan du 23/08/1903 au 07/05/1905

         Le 28 octobre 1906 il épouse à Valenciennes Jeanne Véronique Micheaux, née le 11 janvier 1877 à Valenciennes, ils auront le 13 juin 1909 une fille Marguerite (ma tante) ; celle-ci sera adoptée pupille de la nation le 09/07/1919.

        Il semble qu'il "rate" la mobilisation générale, mais se présente volontairement le 9 août 1914 au bureau central du Rhône où il est affecté au 28e bataillon du Génie à Belfort, matricule 01616, le 0 initial signifiant qu'il est réserviste.

    Sa fiche Mémoire des Hommes :

    HAINAUX Maurice Alfred MDH


    Le document mentionne qu'il a été tué au bois de Gildwiller (Haut-Rhin), devant Ammertzwiller, "par balles dans la poitrine".


    Il est toujours avec le 28e bataillon du Génie, sans que jusque-là sa compagnie soit précisée :

         Le 28e Bataillon du Génie naît à Belfort, à la caserne Vauban et comporte trois compagnies d’active et 8 compagnies de réserve. A la date de la création du bataillon, le génie de la région fortifiée de Belfort est commandé par le colonel Lanty. Son adjoint, le chef de bataillon Mathelin dirige le génie du noyau central de la place. Au moment de la mobilisation, le génie de Belfort se compose des trois compagnies d’active du 28e BG commandées par les capitaines Fage (28/1), Doumert (28/2), Thiébaut (28/3), d’un détachement de télégraphistes de forteresse aux ordres du capitaine Gaucher, d’une section de radiotélégraphistes, d’un groupe colombophile installé à la caserne Friedrichs, d’un détachement de sapeurs conducteurs renforcé d’un élément de convoi automobile : l’ensemble étant placé sous le commandement du capitaine Stremler, et d’une escouade d’ouvriers d’art.
         A partir du 2 août, le 28e BG incorpore quatre compagnies composées de réservistes : 28/4 (capitaine Guery), 28/5 (lieutenant Faucheux), 28/6 (capitaine Fouillade) et une compagnie de dépôt (28/21) aux ordres du lieutenant Vivier.
    Le 28e BG est aussitôt engagé dans la région de Belfort où les compagnies réalisent des travaux au profit des forts du Salbert (28/6) et de Fougeraies (28/21), dans les secteurs d’Andelnans (28/1), de Roppe (28/2), de Bessoncourt (28/3), de Vezelois (28/4) et du bois d’Oye (28/5). Du 6 au 9 août, les Français pénètrent en Alsace, mais en sont chassés par une contre-offensive allemande, puis le général Pau reprend l’initiative et s’empare de Thann, Mulhouse et atteint Colmar le 21 août.  

           L’insuccès de Dubail en Lorraine et la contre-attaque de la VIIe armée du général von Heeringen contraignent l’armée du général de Maud’huy à se replier sur les pentes des Vosges où elle s’installe solidement autour de l’Hartmannswillerkopf. Dès le début de la campagne, les compagnies du 28e BG ont été affectées à la place de Belfort, à la 57e division de réserve, aux 46e, 133e et 134e divisions d’infanterie, au groupement sud ; elles sont également détachées auprès des 113e, 114e, 210e, 213e et 214e brigades.

         Agissant de façon dissociée, elles ont pour mission de détruire les lignes de chemin de fer vers l’Allemagne au-delà de Belfort, d’organiser et d’améliorer les défenses autour de Belfort, de renforcer les première et deuxième lignes en Alsace en creusant des tranchées sur ces positions. Elles doivent également créer des centres de résistance dans les bois ou en fortifiant des villages.
    Naturellement, les sapeurs participent aux attaques de l’infanterie en créant des brèches dans les fils de fer barbelés dont les Allemands pourvoient généreusement les abords de leurs positions, puis organisent le terrain conquis. Thann, Cernay, Masevaux, Altkirch, Dannemarie, Aspach-le-Bas, Burnhaupt-le-Haut, les bois de Gildwiller, d’Hirtzbach ou le Gluckerwald, autant de lieux où se distinguent les sapeurs du 28e BG et qui témoignent de l’étendue du secteur et de la diversité des missions du bataillon.

         En 1915, l’espoir d’une guerre courte est définitivement abandonné ; le 28e BG est engagé en Alsace et en Champagne. Les 2e, 3e, 4e et 5e compagnies participent aux violents combats en Alsace pour la possession des crêtes et des observatoires des Vosges. Poursuivant leurs missions d’organisation du terrain, les compagnies sont également chargées de réparer les boyaux, les tranchées, les abris, les refuges et les casemates démolis par les bombardements ennemis comme à Balschwiller, sur le Kalberg ou le mamelon du Cadoret. La violence des combats sur le Sudelkopf et surtout l’Hartmannswillerkopf implique sans cesse de nouveaux renforts.

        
    Présent sur tous les fronts, le génie s’enrichit de deux nouvelles compagnies d’appui créées au dépôt n° 28 : la compagnie 28/1 bis formée avec des auxiliaires le 8 janvier 1915 et employée avec les unités du 28 à Michelbach et à Guewenheim ; puis la compagnie 28/55 mise sur pied à Montbéliard le 24 novembre 1915 et qui est engagée dans la région de Delle, au sud de Belfort.

          La 28/1bis changera d’appellation le 1er octobre 1915 et deviendra la compagnie divisionnaire du génie 28/51. Au cours du deuxième semestre 1915, la bataille se poursuit dans les Vosges.
    [début octobre, elle débarque à Salonique]

    Extrait de l'historique du 28e Régiment de Transmissions, héritier du 28e B.G.


         Si l'on ignore précisément dans quelle compagnie a été affecté le caporal Hainaux à la mobilisation, on sait grâce au Journal de Marche et Opérations qu'en juillet 1915 il est à la 28/1 puisque son nom figure parmi les pertes du 12 juillet :

    pertes

    JMO de la compagnie 28/1

    1er Juillet 1915 : Travail normal. Le 235e régiment d'infanterie remplace le 242e pour le travail.

    du 2 au 10 juillet : Sans changement

    11 juillet 1915 : Travail normal. Vers 20h l'ennemi fait exploser un fourneau de mines. L'alerte est donnée vers la même heure. La compagnie devant occuper Gildwiller et Hecken, les sections sont réparties en 2 groupes : 1e et 2e sections à Hecken, 3e et 4e sections à Gildwiller-village.
         A 22h30 suivant l'ordre reçu du Colonel Commandant la 113e brigade [général Farineau] le Capitaine [Fage] désigne la 2e section pour aller travailler au ponceau et la 4e section pour les tranchées du tunnel. La 1e section reste à Hecken où elle occupe les tranchées de lisières.
         La 3e section se porte dans les tranchées au nord de Gildwiller-Église. A 22h50 elle se joint à la 4e section.

    12 juillet 1915 : La 2e section relève les éboulements et réfectionne les crêtes de feu. Cette section, de même que la 4e n'ont eu aucune perte.
        Les 3e et 4e sections ont fait le coup de feu avec l'infanterie jusqu'au moment où l'ennemi ayant lâché pied, le peloton reçut l'ordre de rétablir les crêtes de feu et de procéder à l'organisation de l'entonnoir produit par l'explosion de la mine.

    [ Ici se place l'extrait reproduit plus haut décomptant les pertes. Le rédacteur du JMO poursuit : ]

    pour citations

         Les sections regagnent leur cantonnement vers 10H, un peloton de la compagnie 28/6 vient remplacer les 3e et 4e sections pour organiser l'entonnoir.
    A 18h après repos, les 3e et 4e sections relèvent le peloton de la compagnie 28/6.

    Le 10 août, dans une période de travail normal, le rédacteur écrit :

    citation % armée

    Ce que vient confirmer le Journal officiel du 17 septembre 1915 :
     

    JO 19150917a

    JO 19150917


          Le JMO du 28e BG est assez laconique concernant l'explosion de cette mine et les attaques qui ont suivi : il faut lire le journal du 235e régiment d'infanterie, qui était dans les tranchées : je reproduis quelques extraits caractéristiques, l'original se trouve ICI sur le site su ministère de la défense.

    JMO du 235e RI (11 juillet 1915)

         Sur le front au centre de Gildwiller, la situation devenait critique. L’ennemi canonnait furieusement la tranchée du tunnel et les pentes Est du bois de Gildwiller.
    A 19h30, il fit exploser un fourreau de mine à 40 m environ à l’Est du centre de la tranchée du tunnel, produisant une excavation d’environ 40m de diamètre et 15m de profondeur, et projetant une masse énorme de terre sous laquelle 2 soldats de la 18e Cie moururent écrasés.

         A la faveur de l’explosion une 1ère vague allemande gagna la partie nord de la tranchée du tunnel et traversa le secteur de fils de fer désorganisé. Une vive fusillade (...) faisait se terrer les assaillants dont plusieurs étaient atteints comme l’indiquèrent les plaintes et gémissements entendus.
    Mais une 2e vague très forte dépassa la 1ère, renversa nos boucliers et à coups de fusils et grenades assaillit les défenseurs et réussit à pénétrer nos tranchées ou se livrait un terrible combat corps à corps.
    (... ...)
    Mais, peu à peu, subissant des pertes assez sensibles, il leur fallut se retirer vers le sud de l’ouvrage.


         Dans le même temps, une autre vague allemande s’était, par l’entonnoir creusé par l’explosion, précipité dans la tranchée du centre que défendait et organisait à l’aide de barrage l’adjudant COLLIGNON.
    (... ...)
         A 20h30 la situation était la suivante : la tranchée Nord et la partie de la tranchée centrale au nord de notre mine étaient évacuées, les nôtres occupaient d’une part l’extrémité de la sape 3 qui conduit au poste 4 et d’autre part résistaient pied à pied dans les éléments de la tranchée centrale, et dans la tranchée Sud. Vers 21h10, [arrivait] l’ordre de se porter sur la route de Burnhaupt-Balschwiller à hauteur de la petite chicane du calvaire pour s’opposer à tous mouvements de l’ennemi. Celui-ci tendait à déborder les défenseurs par le Nord de l’ouvrage. L'ordre était immédiatement exécuté et les allemands pris d’enfilade sur cette route étaient obligés de se terrer de chaque coté d’elle. « tant dans notre tranchée à l’Est de la route, que dans une tranchée déjà ébranlée par eux sur largeur 40m environ à l’avant de la même route et déjà protégée par des chevaux de frise, » ce qui les amenait à se contenter d’organiser la partie Nord de notre ouvrage, avec une très grande activité d’ailleurs.

         Dans le même temps la section de mitrailleuses du 242ème (poste 4bis) faisait avec ces feux un barrage entre la tranchée Nord et les tranchées allemandes. De leur coté le caporal LEJENNE et ses grenadiers lançaient une cinquantaine de grenades. Tout cela gênait fort les assaillants qui cependant s’installaient solidement. Ils retournaient les parties de tranchées occupées par eux, ils creusaient des niches individuelles pour se protéger contre le feu, y plaçaient des boucliers métalliques et des créneaux de bois, comblaient le passage souterrain de la sape 3, construisaient 2 plate-formes de mitrailleuses et y mettaient en action un de ces engins, creusaient 2 boyaux de communication rejoignant leurs propres tranchées et y installaient même le téléphone.

    (... ...)
         Entre temps, (...) le sous secteur central de la 113e Brigade avait pris le commandement du centre de résistance de Gildwiller et que 2 escadrons allaient venir pour appuyer ou prendre part à une contre attaque destinée à rejeter l’ennemi hors de nos tranchées. En attendant l’heure de la contre attaque fixé à 3h15 [le 12] les garnisons de nos ouvrages aidées par les Cies 28/1 et 28/6 du Génie, en même temps qu’ils interdisaient à l’ennemi le moindre progrès, réorganisaient et réparaient nos tranchées bouleversées.

         La contre-attaque qui devait en définitive être faite par 1 escadron à pied et une Cie du 235ème, devait être appuyée par une section d'auto-canons portée au carrefour Est de 332 et toute l’artillerie disponible. Mais à 3 heures du matin le Lt. GEIST est averti que quelques allemands quittaient nos tranchées pour s’enfuir dans les leur. Il donnait l’ordre (...) de s’engager prudemment dans les boyaux conduisant à la partie Nord du tunnel, les barrages allemands étaient rapidement détruits et l’ouvrage entièrement réoccupé. Quatre allemands qui s’y trouvaient encore furent faits prisonniers, un 5ème fut pris près du poste 4.
        Un tir très violent et précis d’artillerie et de mitrailleuses, immédiatement déclenché semble avoir été efficace et avoir enlevé à l’ennemi toute envie de faire un retour offensif.

    carte 242RICarte tirée du JMO du 242e RI

    IGN
    Carte IGN, le cratère est dans le cercle rouge au sud-ouest d' Ammer(t)zwiller

    cratere
    Vue du cratère  -rempli d'eau - de nos jours

    1949
    Le cratère en 1949, la zone du carrefour n'est pas encore urbanisée.

    La transcription de l'acte de décès à Lyon le 10 septembre 1915 mentionne :

    L'an 1915, le 12 juillet à treize heures étant à Falkwiller (Alsace)
    Acte de décès de Hainaux Maurice Alfred, caporal à la 1ère Compagnie du 28e Bataillon du génie, matricule n°116, né le cinq septembre 1881 à Valenciennes (Nord) domicilié à Lyon, 10, Cours Suchet, décédé dans le bois de Gildwiller, sur le champ de bataille. Mort pour la France le 12 juillet à une heure du matin (lieu d'inhumation : cimetière de Gildwiller)
    signé : François Fage, capitaine commandant la compagnie, officier de l'état-civil.

    Le site http://lyon.voyeaud.org qui recense les morts pour la France de la ville de Lyon ajoute quant à sa résidence :
    Personne (à) aviser Mme PAQUELET Adresse: 10 cours Suchet "Prenait ses repas chez eux mais ne sait où il habitait"

    Une vue du Cours Suchet en 1910, le n° 10 est après le pont coté gauche, près de la Saône :

    CS1910



    Le cimetière de Gildwiller est autour de l'église "sur le mont" :cimetière de Gildwiller-Eglise

    L'église a souffert de la guerre et a été reconstruite à l'identique :

    dessin  Gildwiller,_Eglise_de_l'Épiphanie-de-Notre-Seigneur


    Après la guerre le corps de Maurice Hainaux a été réhinumé le 10 janvier 1922
    à la Nécropole Nationale de Cernay (Haut-Rhin),
    2eme carré 1914-118, n°634 :

    vue
    Tombe du milieu au premier plan

      

    tombe


    Son nom figure sur la liste d'or de Valenciennes où il est né :

    LOvals

    et sur le Monument aux Morts de Valenciennes :

    MaMvals

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  • MICHEAUX Auguste Célestin

         Né le 13 janvier 1879 à Valenciennes, fils de Auguste et de QUARREZ Marie Désirée, est de la classe 1899. N° 209 de tirage du Canton de Valenciennes-Est.  Ajourné en 1900, il est déclaré "bon" en 1901, sous le matricule 882 et dispensé article 21 comme fils aîné de veuve.
    (La dispense article 21 de la loi du 15 juillet 1889 autorise - en temps de paix- le retour au foyer au bout d'un an)

         Incorporé au 127° Régiment d'Infanterie de Valenciennes le 14 novembre 1901, matricule au corps 3007, il est envoyé dans la disponibilité le 20/09/1902, "Certificat de bonne conduite accordé".
    Il est versé dans la réserve de l'armée active le 1er novembre 1903, et effectue deux périodes d'exercices en 1907 et 1909, toujours au 127°RI.

         Versé dans l'armée territoriale en novembre 1913, il devait passer dans la réserve de celle-ci en 1919, pour être libéré en 1925, mais il est rappelé à l'activité par décret du 1er Aout 1914 de mobilisation générale. Le 3 Août 1914 il rejoint le 2e Régiment d'Infanterie Territoriale.

         Le 2°RIT est affecté à la défense de la place forte de Maubeuge qui, assiégée dès le 27 Août 1914, capitule le 8 septembre.
    Son JMO est inexistant  comme l'indique l'Historique du Régiment :
    "Les Journaux de Marche et Opérations ayant été brûlés pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi, le détail des opérations a été constitué par les rapports des chefs de bataillon."

    L'historique fait le décompte nominatif des pertes du régiment (sans qu'on puisse affirmer que liste soit exhaustive) :
    • Disparus à Maubeuge : 7
    • Décédés à Maubeuge : 25
    • Décédés en Captivité  : 80

    Maubeuge%20-%20Map%20016
    Lire en détail Le siège de Maubeuge sur le site du Chtimiste


    Auguste faisait donc partie des quelques 45.000 hommes faits prisonniers ; seul un petit nombre parviendra à s'enfuir et rejoindre l'armée française ( lire  l'Odyssée du colonel Charlier sur mon autre blog)

       On n'a pas plus d'information sur sa captivité, il reste un pourcentage de fiches non encore en ligne sur le site du CICR, et les "MI" sont de celles-là. Cependant, connaissant la date de son décès, j'ai pu retrouver les circonstances :

    CICR + Micheaux

    Enterré à Doberitz

    Döberitz lager



    MICHAUX ?  verstorben 11/9/15 im Kriegs Gefangenen Lazarett Rohrbeck, Rückenschuss.

                   Mort à l'Hopital des prisonniers de guerre de Rohrbeck, atteint d'un coup de feu dans le dos.

         Cherchait-il à s'évader du camp de Döberitz ? La citation pour la MÉDAILLE MILITAIRE attribuée en 1924 (Journal officiel du 20 Novembre 1924) apporte une précision  :

         Soldat courageux, ayant donné l'exemple du devoir au cours du siège de Maubeuge en Septembre 1914. Lâchement assassiné par une sentinelle allemande, le 11 septembre 1915, dans un camp de prisonniers.
    Croix de guerre avec étoile de bronze

                                                            

     

    MICHEAUX AC citationJO
    ( extrait du Journal Officiel )

            Il  est probable qu'Auguste MICHEAUX ait été transféré dans un camp proche de l'hopital : celui de Döberitz -à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Berlin - et son camp de prisonniers de guerre situé au fond du terrain de manoeuvres et camp militaire.

    Rohrbeck_Döberitz

    Rohrbeck_Döberitz_Friedhof
    vue aérienne du cimetière en 1945

         Le cimetière où fut originellement inhumé Auguste MICHEAUX est maintenant disparu (situation).
    305 prisonniers décédés y ont été inhumés, un monument créé par un sculpteur français prisonnier y a été élevé en 1918 : emplacement. (52°32'16.2"N,13°01'26.2"E).


    Il est situé un peu à l'est du site olympique de 1936 dont la plupart des bâtiments sont encore visibles (Olympisches Dorf).

  • monument Rhorbeck 1 monument Rhorbeck 2
    (photos de ce site allemand)

        De nombreuses et très belles photos du monument dans un reportage sur ce forum russe. La statue représente une femme courbée en pleurs, cachant son visage, placée sur un haut piedestal, et appelée en allemand "Weißen Maria" (Marie la blanche), "Белая Мария" en russe.

    Furent enterrés dans le cimetière :

    • 186 soldats Russes,
    •  53 soldats Français,
    •  38 soldats Britanniques,
    •  25 soldats Italiens,
    •   3 soldats Roumains.

    Les victimes françaises ont été ré-inhumées en 1927 en France, probablement toutes à la Nécropole de Sarrebourg
    Les restes des Italiens et  Britanniques ont été enterrés au cimetière de Stahnsdorf. (Enclave appelée Berlin South-West pour les Britanniques)
    Les soldats Russes étant ceux du tzar, après la partition de l'Allemagne l'URSS n'a plus entretenu le monument qui a été "oublié".
    De chaque coté les plaques gravées appellent au souvenir : l'une en français, anglais, italien et russe, l'autre en latin.

    A NOS CAMARADES FRANÇAIS ET ALLIES MORTS EN CAPTIVITE

    IN MEMORY OF OUR BRITISH COMRADES AND ALLIED WHO DIED IN CAPTIVITY

    AI NOSTRI CAMERATA ITALIANI E ALLEATI MORTI IN CAPTIVITA

    РУССКИМъ И СОЮЗНИКАМъ ПОГИБШИМъ въ ПЛѣНУ

    illis qui pro patria illo ??? ceciderunt exsilio antequam ineffabilia reditus gaudia tangerunt hoc monumentum suae pietatis testimonium ad perpetuam reliquerunt amici memoriam.


    A ceux qui pour (leur) patrie sont morts en exil avant l'ineffable joie du retour, ce monument a été érigé en témoignage du perpétuel souvenir de leurs amis.

         En 2010, les visiteurs allemands et russes signalaient que ce monument oublié était sur un terrain privé dont le propriétaire n'avait aucune envie de voir des visiteurs. J'ignore si en 2016 la situation a changé.


    La fiche Mémoire des Hommes d'Auguste MICHEAUX :

    MDH MICHEAUX AC

         La transcription du jugement de décès ne nous en apprend pas plus, mais précise qu'il était célibataire et employé de banque :

     

    jugement

         Après la guerre, son corps a été rapatrié à la Nécropole Nationale des Prisonniers de Guerre Français de Sarrebourg (Moselle) où il repose tombe n°7949 parmi 13.220 autres :


    MICHEAUX A1

    MICHEAUX A2

    Son nom figure  au Livre d'Or de la Ville de Valenciennes,

    Livre d'or Vals MICHEAUX AC

    ainsi que sur le monument aux morts :

     PICT1992 P1020596


         Le monument valenciennois aux 127° et 327° RI (devant la caserne Vincent) rend également hommage aux combattants du 2°RIT :

    P1050756

       
    Les campagnes d'Auguste MICHEAUX contre l'Allemagne sont comptabilisées du 3 Août 1914 au 11 Septembre 1915.


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  • LALOUX Paul Marcel

       Né le 6 mai 1886 à Lille, fils de Louis Joseph et de RUMPTEAU Pauline Henriette, il est de la classe 1906. Inscrit n°134 de la liste de Lille-Centre, matricule 6234 au recrutement de Lille, classé dans la 1ère partie de la liste en 1907, il est déclaré "Bon pour le service armé". Affecté au 148e régiment d'infanterie en garnison à Rocroi et Givet, il arrive au corps le 9 octobre 1907 sous le n°12606.
    Il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1909, "certificat de bonne conduite accordé"
         Alors dans la réserve d'active, il effectue dans ce même régiment une première période d'exercices  du 30/08 au 21/09/1911

    Il est affecté au 151e RI le 1er avril 1914 au titre du plan XVII. Ce plan, le 17° depuis 1870, est un plan militaire de mobilisation et concentration des forces françaises. Préparé en 1913, applicable à partir du 15 avril 1914, ce sera celui d'Août 1914. Chaque unité de l'armée doit passer par trois temps : sa mobilisation, puis sa concentration et enfin sa participation aux opérations. Ce plan prévoit essentiellement attaque et défense à l'Est, négligeant de renforcer la frontière belge.

    planxvii
    Plan XVII


    Le 30 mars 1914 il épouse à Lille Jeanne Augustine CRAMETTE.  4 mois après il est rappelé à l'activité (décret du 1er Août 1914 de mobilisation générale), il arrive au corps le 3 août, matricule au n°08409. 

         Sa fiche Mémoire des Hommes :

    LALOUX Paul MDH

       Sa disparition est officialisée par un avis du 16 Août 1916, ce que validera un jugement du tribunal de Lille le 9/12/1920. Les campagnes de Paul Laloux contre l'Allemagne ("aux armées") sont décomptées du 3 août 1914 au 1er septembre 1914.
    Très grandeSon nom figure au Livre d'Or de la Ville de Lille :

    Livredor

    Il n'y a pas de nom sur le monument aux morts de Lille place Rihour :

    MaM Lille


         "Inauguré en 1927 par le maire de Lille, Roger Salengro, ce mémorial est à caractère universel et évolutif. Il rend hommage aux morts des deux guerres mondiales, ainsi qu’à ceux tombés en Algérie et en Indochine. Monument érigé pour la paix et non pour la patrie, les noms des soldats tués ne sont pas gravés dans la pierre."

    L'Historique du 151e RI nous décrit ainsi le premier mois de la guerre :

    EN COUVERTURE

    Le 151e RI appartenait à la garnison de Verdun et, fin juillet, faisait route vers le camp de Châlons pour des manœuvres quand, les événements se précipitant, il fut rappelé d'urgence dans sa caserne Miribel et dirigé aussitôt en couverture sur la frontière le 31 juillet, 5 heures.
    Le régiment va cantonner à Marchéville, Pintheville, Riaville; et, pendant quinze jours, travaille énergiquement à l'organisation défensive de cette position. L'armée allemande a envahi le Luxembourg et la région Longwy-Longuyon.
    La 42e DI dont fait partie le 151e se resserre sur Ville-en-Woëvre pour marcher au secours de Longwy assiégée.

    Pierrepont.
    Le 21 août, le 19e bataillon de chasseurs à pied, qui couvre la DI, prend contact avec l'ennemi dans la région de Domprix; après un combat court, mais sanglant, les chasseurs se replient sur le gros. Le lendemain, la marche en avant est reprise. C'est le 151e qui est en tête, sous le commandement du colonel DEVILLE (aujourd'hui général de division, commandant le 16e C. A.), qui prend toutes mesures de sécurité malgré le renseignement apporté par la cavalerie divisionnaire
    « Aucun ennemi à moins de 10 kilomètres, vous pouvez marcher en toute confiance. » Le régiment venait à peine de dépasser Pierrepont lorsqu'il fut accueilli par une violente fusillade. Le 151e se porte tout entier à l'attaque et engage un rude combat avec les Allemands, solidement établis dans les bois. Certaines compagnies s'élancent jusqu'à sept fois à l'assaut contre les masses ennemies constamment renforcées.

    Mais la gauche des armées françaises est en retraite : la 42e DI. doit se replier. C'est au 151e que revient la lourde tâche de couvrir, dans le défilé de Mangiennes, la colonne qui se rabat sur Verdun.

         Ce premier contact avait été dur, les pertes étaient élevées : 800 hommes et de nombreux officiers : capitaines de CURZON, AWENG, de CROUEZ; lieutenants MAULNY, DARRIGOL, TROCHU, MÉNAGE, GUIONIC; adjudants-chefs BLACAS, HOENCHES.


    Bataille de la Marne.
         Le 29 août, le régiment est embarqué pour Reims où il arrive le 30. A partir de ce moment, la 42e D. I., avec une division marocaine, fait partie d'un corps combiné.
    Le 1er septembre, le 151e qui doit défendre à l'ennemi le passage de la Retourne (rivière), contient l'infanterie adverse pendant toute la journée, mais l'ordre arrive de ne pas se laisser accrocher et de rompre le contact.

          A la lecture de ce document, on remarque qu'au 1er septembre, date de la disparition de Paul Laloux, le régiment est déjà devant Reims, ce qui ne cadre pas avec le fait qu'il soit porté disparu à Gercourt dans la Meuse, lieu reporté sur les documents officiels le concernant.

    • Soit Gercourt n'est pas son lieu de disparition,
    • Soit sa disparition a eu lieu plus tôt et n'a été constatée que le 1er septembre, ce qui parait étonnant pour un régiment qui compte bien évidemment ses effectifs, d'autant plus qu'il est en guerre, et -notamment-  lorsqu'il s'agit de prendre le train, et le 1er septembre, le régiment défend La Retourne, affluent de l'Aisne 30km au Nord de Reims, au cours Est-Ouest jusqu'à Neuchatel-sur-Aisne, le long de l'actuelle D925.
    • Soit ..........

        Le Journal de marche et Opérations du régiment, s'il est plus précis, n'apporte aucune confirmation, au contraire :
    Du 31 juillet au 30 août le régiment se porte au devant de l'ennemi, puis reflue, effectuant un périple Verdun (Caserne Miribel) - Verdun (Gare)

    Verdun-VerdunDans l'itinéraire ci-dessus, GERCOURT (P) a été ajouté sur le parcours décrit par le JMO, c'est un point de passage plausible.

    Verdun Reims
    Ligne Verdun-Reims


          Le régiment embarque effectivement pour Reims, où dès son arrivée au soir du 30 août, le JMO confirme qu'il avance jusqu'à La Retourne, où il prend position de L'Ecaille à St-Rémy-le-Petit, puis regagne son cantonnement initial de Courcy le 2 septembre, il ne pouvait être à GERCOURT le 1er.

    Reims-Reims
        

        La citation de Paul LALOUX pour la médaille militaire accompagnée de la croix de guerre avec étoile de bronze (JO de 1922) :

    LALOUX Paul JO 1922 vol3

    (tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume)



         Sans nouvelle, sa famille - dont son épouse réfugiée à Marseille - a cherché à savoir par l'intermédiaire de la Croix-Rouge s'il n'avait pas été fait prisonnier. On trouve dans leurs archives en ligne deux fiches témoignant de ces recherches, pour lesquelles la croix-rouge n'a pu renseigner ses proches :

    C_G1_E_13_01_1204_0163_0  C_G1_E_13_01_1204_0164_0
    Les recherches vont du 10 mars 1915 au 5 octobre 1918 (versos des fiches).

        On remarque sur l'une des fiches que Paul LALOUX est signalé comme étant au 351e RI, le régiment de réserve du 151e : effectivement la lecture de l'Historique du 351 relate la journée du 1er septembre 1914 : combat de Gercourt. Il était donc affecté au 351eRI, ce qui parait logique vu son âge : 28 ans.

    Le parcours du soldat était régi par un calendrier qui était pour cette classe le suivant :

    1. Classe ou année de recrutement = année de naissance +20 = 1906
    2. Service dans l'armée d'active et période de disponiblité (dispenses éventuelles incluses) : 4 ans : jusqu'en 1910
    3. Dans la réserve d'active durant 11 ans soit jusqu'en 1921
    4. Dans l'armée territoriale : 7 ans : jusqu'en 1928
    5. Dans la réserve de la territoriale : 6 ans
    6. Date de libération du Service militaire (sic) : 1934 - il aurait eu 48 ans.


    JMO du 351e RI :

         "Le télégramme de Mobilisation générale parvient à Verdun [où se trouve le 151e RI] à 15h, fixant au deux août le premier jour de la Mobilisation.
         "Les officiers, sous-officiers et hommes de troupe du 151e Regt. d'Inf. désignés pour entrer dans la constitution du 351e Regt d'Inf. de Réserve s'embarquent à 6 heures en gare de Verdun sous le commandement du chef de bataillon Destival à destination de St. Quentin, lieu de mobilisation du dépôt et du régiment de  Réserve. Ils suivent l'itinéraire prévu Sedan-Hirson et parviennent à destination à minuit.
    (...)
         Les réservistes se présentent au point de convocation : 22, Boulevard du 8 octobre.
      

  • HISTORIQUE du 351e RÉGIMENT D'INFANTERIE

    La Guerre de mouvement

    Le 351e RI, constitué à St Quentin, part, le 5 août pour Verdun [le JMO précise : via Tergnier, Compiègne, Soisson, Fismes, Reims, Challerange, Ste Menehould, Verdun] où il entre dans la composition de la 72e Division d'infanterie attachée à la place.
         Du 6 au 11 août 1914, le régiment exécute des travaux de défense à Bezonvaux et Ornes. Du 12 au 17, cantonnement à Verdun.
       Le 17, le 351e se porte sur Trésauvaux où il reste jusqu'au 20, après avoir détaché deux compagnies à Louvemont, pour exécuter des travaux à la cote du Poivre et à la cote 378, au sud des Chambrettes
         Le 24 août au matin, le régiment est à Fromezey où il est arrivé après avoir cantonné, le 21 à Fresnes, le 22 à Riaville.

    Combat d'Etain (24-25 août 1914)

        Le 24 août, le 351e reçoit l'ordre d'engagement et se porte en avant avec la 72e D.I., qui relève la 67e D.I. au combat. Le régiment reste sous le feu d'artillerie toute la soirée, entre la route et le moulin d'Etain, puis reçoit un ordre pour une attaque de nuit dans la direction des carrières de Behaux. Le 6e bataillon, seul engagé, culbute les avant-postes ennemis, mais ne peut poursuivre en raison du mélange des unités dans la nuit. Le chef de bataillon DESTIVAL rallie son bataillon et le ramène en arrière à Foameix où il bivouaque, tandis que le 5e bataillon passe la nuit à la sortie ouest d'Etain
        Le 25 août, le régiment reprend le combat à l'est du moulin d'Etain, avec deux compagnies détachées aux fermes de Bloucq et Roger-Champ ayant des fractions avancées à la lisière ouest du bois de Tilly.

        Vers 11 heures, a lieu un mouvement de repli sur Fromezey, puis quelques instants après, le régiment, en raison de nouveaux ordres, se porte sur Ornel qu'il enlève à la baïonnette. L'ordre de cantonnement, le 25 au soir, envoie le régiment à Châtillon-sous-les-Côtes d'où il repart presque aussitôt pour Verdun et Bras où il est le 27 au matin.

        Du 27 au 30 août, repos - avant-postes à la cote 344 avec grand'garde à Samogneux et cantonnement à Champneuville le 30.

    Combat de Gercourt (1er septembre)

         Les Allemands ayant franchi la Meuse à Sivry, le 351e est envoyé sur la rive gauche de la Meuse le 31, et il relève, le 1er septembre, le 54e R.I., en avant de Gercourt - lisière est du bois Juré, en liaison à gauche avec le 362e R.I.

        L'artillerie allemande, placée sur les hauteurs au nord-est de Consenvoye, inflige des pertes assez fortes. Vers 16 heures, le combat d'infanterie s'engage. Notre artillerie provoque des pertes sérieuses dans les colonnes allemandes, sans pouvoir arrêter leur progression. Dans la soirée, le régiment recule sous la poussée de l'ennemi, après avoir subi des pertes par le feu des mitrailleuses et du fusil. Les éléments groupés à Cuisy sont constitués en quatre compagnies, sous le commandement du capitaine HUET, commandant le régiment, le lieutenant-colonel [Poignon] ayant été blessé. Le régiment est porté à la cote 287 où il reste jusqu'au 3 septembre dans la nuit. A ce moment il reçoit l'ordre de rentrer à Verdun et y reprend ses cantonnements jusqu'au 6 septembre.

     

     Verdun-verdun 351

    Noter dans cette liste de lieux des noms qui vont devenir tristement célèbres après l'attaque allemande sur Verdun du 21 février 1916.

    Gercourt ne sera pas épargnée, elle restera sur la ligne de front :

    ruines église


    La commune sera décorée comme bien d'autres de la croix de guerre le 5 février 1921 :

    citation gercourt
    JO du 11/02/1921



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  • LALOUX André Raymond

        Né à Lille (et y résidant) le 31/07/1895, il est de la classe 1915 ; ayant probablement quitté la ville à l'arrivée de l'armée allemande (Lille, bien que déclarée "ville ouverte" dès le début de la guerre, subira le 13 octobre un intense bombardement, détruisant 882 immeubles et 1500 maisons) , il s'engage à Gravelines le 18 octobre 1914 "pour la durée de la guerre". Matricule au recrutement n°4632, et 3086 au corps, le 6e Régiment de Hussards. Le "certificat de bonne conduite" lui est accordé à l'issue de ses classes, il est nommé soldat (cavalier) de 1er classe le 03/09/1917.

    Son État Signalétique et des Services n'indique aucune blessure et le situe :

    • au 15e Escadron du Train à compter du 26 février 1919, (date de sa démobilisation)
    • au 1er escadron du Train le 1er septembre 1920 et affecté au plan "P" (pour Pologne, prévu en cas d'invasion de celle-ci),
    • affecté spécial à la Compagnie des Chemins de Fer du Nord (Lille-Délivrance) au 5 juin 1922 puis réaffecté au 1er ETM le 6/10/1922,
    • il passe au train automobile n°1 en 1928, puis au train hippomobile en 1931,
    • enfin il est noté "sans affectation" le 15/4/1937
    N'oublions pas que la durée du service (active, réserve, territoriale) est de 29 ans il a été "libéré des obligations militaires" par la suite.

       Il a donc fallu examiner l'historique du 6e Hussards, ainsi que son Journal de Marche et Opérations pour suivre son parcours de guerre. Sa campagne contre l'Allemagne étant décomptée à partir de sa date d'engagement, il aura droit  en octobre 1918 de porter 7 brisques - ou chevrons d'ancienneté - sur la manche gauche (1 pour la première année, puis 1 par semestre de campagne), sauf période longue hors zone du front.

    briques



    Il est une première fois cité à l'ordre du régiment le 3 septembre 1917, avec d'autres cavaliers du régiment,  il est au 2e escadron :

    Ordre du régiment n°185

    "Au moment de l'attaque a assuré le service de coureur sous un violent bombardement avec le plus grand dévouement et mépris absolu du danger"

    JMO 6e Hussard 37de101 1917

     C'est à cette date qu'il passe cavalier de 1ère classe.

         Rappelons que le coureur, ou agent de liaison, qui ne pouvait guère s'abriter, devait porter le plus rapidement possible des messages entre PC, et en rapporter la réponse. Il était choisi pour ses qualités : de mémoire, de vigilance, de sang-froid, d'orientation et d'observation ; ayant la confiance du commandement et de ses camarades, il devait être à même de passer les consignes en cas de blessure.

    Ainsi par exemple, le 6 septembre, le cavalier HIPPOLYTE (3e esc. 6e Hussards), pris dans un violent bombardement par obus spéciaux, meurt des suites de l'intoxication. Il était détaché comme coureur auprès de l'Infanterie Divisionnaire 20.

    Le cavalier JEANNETS, du même escadron, également coureur, a été, lui aussi, grièvement blessé et intoxiqué par un de ces obus, (décédé un peu plus tard). Tous deux ont été cités à l'ordre de l'I. D. 20,

    Un très beau monument dédié à Ferdinand MARCHE, le coureur de Verdun décédé en 1916, rappelle le sacrifice de ces soldats :

    coureur

         Le cavalier LALOUX sera cité une nouvelle fois, à l'ordre de la Division le 3 juillet 1918, ce qui lui vaudra la Croix de Guerre avec une étoile de bronze :

    92218045 Extrait de l'Ordre [de la 123e Division d'infanterie] n°159

    "S'est porté sous un violent bombardement au secours d'un de ses camarades qui venait d'être mortellement blessé"

    JMO 6e Hussard 63de101

     
    Parcours du 6e Régiments de Hussards :

        La durée des classes d'un engagé volontaire pouvait aller jusque 6 mois, mais devant l'hécatombe elles ont été portées à 3, voire 2 mois. On ne connaît pas la date d'arrivée au corps de LALOUX André, peut-être fin 1914 : je commence donc la rédaction à la mobilisation.

    • Parti de Marseille (quartier Beauvau, Rue de Toulon, Marseille-Menpenti) le 6 août 1914, le régiment débarque à Vézelise au sud de Nancy le 8, et participe à l'offensive de la IIe armée en Lorraine. Il passe la frontière (franco-allemande des provinces occupées) et stationne à Bourdonnay le 16.
    • Le 19 Août c'est la bataille de Dieuze et la retraite jusque Lunéville
    • A partir du 3 septembre, le régiment se porte sur Sermaize-les-Bains et participe aux combats de Sermaize et Vassincourt à la suite desquels il poursuit l'ennemi qui recule jusque dans la région de Verdun.
    • Le 22 octobre il quitte Marre pour la Belgique, le 27 il est mis à la disposition de la 42 D.I. à Avecapelle pour la défense de la ligne Nieuport-Dixmude. Le 5 décembre 1914, il retournera prendre le service aux tranchées dans la région de Verdun jusqu'au 31 mai 1915:
    • Le 1er juin1915, il prend les tranchées à Melzicourt jusqu'au 14 Aout, puis part une semaine en repos à Sivry-sur-Ante, et en manoeuvres dans la région de Fismes jusqu'au 13 septembre, d'où un détachement part pour l'offensive de Champagne, objectif : Juvincourt-et-Dammarie, cependant que le régiment ( qui a toujours ses chevaux)  stationne à Favreolle et prend les tranchées face à Craonne avant de séjourner près d'Epernay.

    • Le 8 décembre 1915, le régiment, morcelé en de nombreux détachements, retourne en Champagne, puis se rassemble à Pringy-sur-Marne le 17 mai 1916, d'où les 8 pelotons (1 à cheval, et 7 à pied par camions-autos) vont être dirigés sur la féroce bataille de Verdun.
    • Il y reste jusqu'au 31 décembre 1916, date à laquelle a lieu la dislocation du 6e hussards, qui ne sera reconstitué que le 5 avril 1917 pour la préparation de l'attaque en Champagne. Entre-temps les escadrons sont affectés aux 123e et 126e D.I.

    • En Champagne il fait partie d'une Brigade provisoire composée près de Châlons et mise à la disposition du 8e Corps d'Armée (Général Hély d'Oissel) puis dissoute le 23 avril après des opérations en Champagne (Mont-Cornillet, Suippes) : le régiment passe au 15e CA et gagne par étapes la région de Verdun. Durant 2 mois il sera aux tranchées : Dugny, Hardaumont ; le 26 juin 1917 les escadrons gagnent Bar-le-Duc où ils feront de l'instruction.
    • Le 3 Août, sous le commandement du Cel Rolloy le régiment se distingue sur le front de Verdun  pendant la grande attaque d'août 1917 dirigée par le général Pétain. Le 18 août les hussards subissent un violent bombardement par obus asphyxiants, le 3 septembre a lieu vers 21 heures une attaque à la bombe et à la mitrailleuse particulièrement violente, par les avions allemands, (environs de Lempire) ;
      c'est à cette date que le hussard LALOUX est cité à l'ordre du régiment.
    • Le 15 septembre le 6e hussards est envoyé au repos dans la région d'Arcis sur Aube d'où il repart le 6 octobre pour un nouveau champ d'opérations dans .la région de Nancy ; il y restera jusqu'au 10 juin 1918, alternant périodes de cantonnement et présence au front.

    • Du 10 juin au 1er octobre 1918 le régiment est à la poursuite des forces allemandes en retraite, région de Compiègne puis Noyon :
                  C'est le 2 juillet que le hussard LALOUX, du 2e escadron, sera (avec d'autres) cité à l'ordre de la 123e Division.


    •  A partir du 1er octobre, les forces allemandes battent en retraite, depuis la région de St-Quentin jusqu'en Belgique :
      • le 4 novembre la 123eDI franchit le canal de la Sambre en faisant 1375 prisonniers.
      • le 5 le 2e escadron envoie une reconnaissance  (à cheval) au-delà du canal ; le lendemain est prévue l'attaque du Nouvion.
      • le 6 le 2e escadron se porte en avant vers le Nouvion-Etroeungt, l'un de ses pelotons pousse jusqu'à Garmouset puis Fontenelle il sera le 7 à Floyon le 8 en direction de Glageon où il sera le 9 avec l'Etat-Major, tandis que le 10 le maréchal des Logis Autrand fait connaître par estafette qu'il a passé la frontière de Belgique à 7h15 et gagné Macon.
      • Le 11 novembre 1918, la poursuite s'accentue, malgré la forte résistance de l'ennemi qui protège ses mouvements .
        "Depuis le matin, il est question un peu partout d'un ordre de cessation générale des hostilité le 11/11 à 11heures, mais le colonel Flatters n'a pu en obtenir confirmation officielle et n'a pu par conséquent avertir ses éléments avancés."

    • Du 13/11/1918 au 29/07/1919 : le 6e Hussards se rend d'abord dans la région de Paris, puis gagne la Lorraine par étapes durant le mois de février et sera le 14 mars à Sarrebrück. Les préliminaires de paix ayant été signés à Versailles le 28 juin, le 6e hussards recevra le 25 juillet l'ordre de rejoindre sa garnison à Marseille où il sera au complet le 3 août, très exactement 5 ans après la déclaration de guerre.


    Rentré dans ses foyers, André Raymond LALOUX se marie à Lille le 14 mai 1921 avec Angèle Albertine Favier, il travaillait aux transports Pierchon à Lille. Quand il a pris sa retraite au début des années 60, il était le dernier livreur en voiture à cheval ; il décède (à Lille) le 10 janvier 1979.

         Un dernier détail, plutôt amusant après coup; dans son état signalétique établie en 1914, puis complété au fur et à mesure : la rubrique "degré d'instruction" est censée indiquer -sauf précision- par un nombre le niveau d'instruction générale, de 0 pour le jeune homme qui ne sait ni lire ni écrire, à 5 pour les bacheliers, licenciés, etc...

    ESS
    Dans ce cas précis, c'est une d'une instruction
    pour le tir au fusil-mitrailleur dont il s'agit ........

 

 
smiley (quelques probables ajouts à venir .....)

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  • LALOUX Armand Louis

         Né à Lille le 13/05/1893, il est de "la classe 1913", n°144 de la liste du canton de Lille-Centre, classé dans la 1ère partie de la liste il est "bon pour le service" avec le matricule 6368 au recrutement.
    Il est incorporé le 28/11/1913 au 110e régiment d'infanterie, matricule 5568.

        C'est donc durant son service que la mobilisation générale est déclarée le 2 août 1914 : son parcours de guerre va suivre celui de son régiment, en garnison à Dunkerque, qui le 7 août s'embarque pour Hirson (Aisne) : 58 officiers, 3366 hommes. A marche forcée, il atteint la Meuse au Nord de Dinant le 15 Août pour empêcher l'ennemi de la franchir, mais malgré les efforts, celui-ci continue son avance, forçant le régiment à reculer : via Le-Hérie-la-Vieville, il atteindra Reims le 14 septembre, d'où il repart pour occuper le secteur de La-Ville-au-bois, qu'il quittera le 9 décembre pour cantonner à Fismes.



        Le repos est de courte durée, puisque le 18 décembre le régiment débarque à Cuperly et rejoint la zone Somme-Suippes/Somme-Tourbe où il prend part à diverses attaques infructueuses.

    Le 21 janvier 1915 2 bataillons vont occuper le secteur des tranchées brunes.

    Dans ces tranchées célèbres, conquises naguère par le 17e Corps d'armée, encombrée de cadavres dont les corps amoncelés constituent parfois des parapets, la boue est un ennemi redoutable. Les cas de pieds gelés sont nombreux. L'espace compris entre Mesnil [les-Hurlus] et Laval [sur-Tourbe] n'est lui aussi qu'un immense bourbier. Pas d'abris, des tanières où l'on se couche à même le sol. Les abris Guerin ne valent guère mieux et Laval laisse même à ceux qui y ont passés le souvenir d'un caravansérail où toutes les armes s'entremêlent, où les hommes voisinent avec les chevaux, hésitant entre la terre détrempée et la paille pleine de vermine des cantonnements.
    En ligne, les comptes-rendus mentionnent quotidiennement de violents bombardements ou de longues fusillades presque toujours sans motif. les canons-revolvers de l'ennemi nous causent des pertes sérieuses.
    Jusqu'aux attaques, la vie était cependant supportable. Le 3 février, une compagnie ennemie, partant des Bois-Jumeaux, attaque une section de la 7e compagnie
    (1) commandée par le sous-lieutenant Evin. Sa belle attitude contraint l'assaillant à battre en retraite, laissant sur le terrain une quarantaine de morts et blessés.
    Le 7 février, la 5e Cie, sous le commandement du capitaine Debacker, s'empare sans coup férir des Bois-Jumeaux. L'opération de grande envergure annoncée pour le 12 février est différée à cause du mauvais temps. Elle est reprise le 16 pour les 1er
    (2) et 17e Corps d'Armée.
    Les bataillons sont massés suivant le dispositif prévu. Le bataillon d'attaque (3e) est rassemblé à 2h du matin dans la place d'armes à l'est du Bois Lorrain; il est appuyé par la 5° compagnie. Le 1er bataillon occupe  à 4h les tranchées et les boyaux au sud du Bois Jaune. Le 2e bataillon (troupe de tranchée), celles de première et de deuxième ligne.
    A midi trente, le 3° bataillon, entraîné par le chef de bataillon David, a mis sac à terre; baïonnette au canon, sans tirer un coup de fusil, il s'élance à l'assaut et s'empare de toute la partie ouest des tranchées Blanches.
    Le 1er bataillon (commandant Dujardin), descendant par les boyaux prononce son attaque sur la droite du 3° bataillon et se dirige rapidement sur la partie est des tranchées Blanches, dont il s'empare. Le gain total est d'environ huit cents mètres de tranchées(2).
    L'ennemi se ressaisit vite, Le nombre de ses contre·attaques (trois le 16 février), toutes menées furieusement, indique sa volonté de reprendre ses positions.
    ..............

    (1) Compagnie d'Armand LALOUX, élément du 2e Bataillon.
    (2) Le 110e RI fait partie avec les 8e, 73e, 73e RI et le 72eRIT de la 2e Division, 1er Corps d'armée (IVe Armée)
    (3) 800m de tranchées, séparées par quelques 50m le territoire reconquis est de 4Km² ......

    in "Pages de gloire du 110e RI", librairie Chapelot, Paris

    19150216


     

         Le secteur des combats du 16 février se trouve maintenant à l'intérieur du camp militaire de Suippes qui ne se visite pas, sauf en de rares  exceptions : les " Journées des Villages Détruits". C'est en effet le cas de Tahure, Perthe-les Hurlus, Le Mesnil-les-Hurlus et Hurlus qui n'ont pas été reconstruits et dont les noms ont été rattachés aux villages voisins (et hors du camp) ( en voir les vestiges sur ce site)

    Camp de Suippes


    Certains noms, comme le Bois Jaune, apparaissent encore sur les cartes actuelles de l'IGN :

    CdS
    On peut également, en zoomant sur le site Geoportail apercevoir encore les tracés de tranchées.

         J'arrête ici le récit tiré de l'historique du régiment, puisqu'à la date du 16 février 1915 le soldat LALOUX Armand est blessé à la tête et perd l'oeil gauche, ce qui lui vaut citation et récompenses : Médaille Militaire et Croix de guerre avec palme

    MM

    blessure citation

     

    CGP

     

    l'arrêté parait au Journal officiel du 21/09/1915.

    citationMM


         Il a été nommé caporal le 13 mai 1915, et proposé pour une pension de retraite le 11 août, elle lui sera attribuée le 15 avril 1916, le rendant ainsi à la vie civile.

    JO 19160512 pension

    Il épouse à paris Marie BURRIEZ le 29/12/1917 et décède à Cannes le 09/12/1982.


    smiley (quelques probables ajouts à venir .....) 

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  • NOTELET Victor Druon


           Né à Sebourg le 23 Mai 1887, Victor Druon Alexandre "est de la classe" 1907. Boulanger à Rieux-en-Cambrésis, alors que ses parents habitent Solesmes, n° 99 dans ce dernier canton, il est classé dans le 1ère liste sous le numéro Matricule 2119 au centre de recrutement de Cambrai.
           Incorporé à la 1ère Section de Commis et Ouvriers Militaires à compter du 7 octobre 1908 sous le matricule 1965. Il passe soldat de 1ère classe le 27/09/1909, et dans la disponibilité de l'armée active le 2 septembre 1910 (même section de C.O.M.).
    "Certificat de bonne conduite accordé"
           Il accomplit une période d'exercice dans la 1ère Section de Commis et Ouvriers Militaires et d'Administration (COMA) du 20/09 au 12/10/1912.

          Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er Août 1914, il arrive au corps le 6 Août 1914.

         En 1916 il passe successivement au 66e puis au 360e régiment d'infanterie, enfin au 279e RI, 13e Compagnie le 12 février 1917.

         Le 14 juin 1917 il est blessé par éclat d'obus à Vauxaillon : "plaie pénétrante à la cuisse gauche". Victor Druon décède le 22 juin 1917 à deux heures des suites de ses blessures de guerre à l'ambulance 237 (Élément Non Endivisionné), secteur postal 162, sous les ordres du médecin major de 1ère classe Henri Gilliard.

         Il est d'abord inhumé au cimetière civil de Soissons : tombe E 556 (Avis Ministériel 2069B du 4 juillet 1917),  puis à la Nécropole Nationale de Crouy, rénovée en 2014, tombe E 277.

    NNCROUY

    Sa tombe, après rénovation ; l'erreur sur son second prénom subsiste, la demande de rectification est en cours

    CROUY02NOTELETVictorN1

Déclaré "Mort pour la France".

  • NOTELETVD
    Sa fiche MDH a laissé penser que le second prénom était Dinon,
    ce qui a été rectifié, de même que sur sa fiche "Sépulture de Guerre".


          Le Journal de Marche et Opérations du 279eRI n'est pas disponible pour cette période, voici un extrait de l'historique, beaucoup plus succinct :


    PÉRIODE DU 15 AVRIL AU 16 AOUT 1917

         Vers le 15 Avril 1917, le régiment (faisant alors partie de la 70ème D. I.) est retiré de cette division et du secteur qu'il occupe dans la région Parisis-Ferme.

    Il part au repos, et formera avec le 262ème et 308ème R. I. la 81ème division :  Général PAJOLLE commandant cette division, le Colonel VINCENDON commandant l'Infanterie Divisionnaire.
    Dès que cette division est formée, elle est dirigée sûr le secteur Vauxaillon-Laffaux où elle relève une division coloniale. Le secteur du régiment part de la ferme Moisy et carrières Moisy (à droite inclus), au Mont des Singes (à gauche exclu). Il y a à droite le 308ème R. I. qui garde le bois 160, et à gauche le 262ème R. I. qui garde le Mont des Singes.

         Le régiment a trois compagnies en ligne, de la gauche à la droite : 13ème, Lieutenant PELLOT ; 14ème, Capitaine PARROT ; 17ème, Lieutenant RICHARD ; 2ème en soutien ; 18ème à gauche ; 15ème à droite; la 19ème est au point 152.2 et au talus du chemin de fer. Le 6ème bataillon (Commandant PEROTEL) est dans un bois et dans les carrières à l'arrière.
    Le 16 Mai matin, vers 3 heures 45, les Allemands déclenchent une forte attaque sur tout le front de la division.
    Sur la droite du régiment (17ème et 14ème compagnies), cette attaque échoue, mais sur la gauche des éléments allemands qui s'étaient emparés de la position gardée par le 262ème R. I., réussissent à faire lâcher pied à la 13ème compagnie, font plusieurs prisonniers à cette compagnie dont le commandant qui avait son P. C. en 1ère ligne.

         La 15ème compagnie (Capitaine HEFTY) est chargée de contre-attaquer pour rétablir la situation. La section du Lieutenant TEILLAS chasse les boches de la position qu'ils occupaient tant sur le secteur du 279ème R. I. que sur celui du 262ème R. I. Une trentaine d'ennemis sont tués et une quinzaine sont prisonniers.
    A la suite de cette attaque, le Lieutenant TEILLAS est promu Chevalier de la Légion d'Honneur et le régiment obtient une citation à l'ordre Corps d'Armée.

         Le 279ème R. I. tient le secteur pendant quarante jours, il est relevé vers le 20 Juin, par la 62ème D. I. (307ème, 278ème et 338ème R. I) et va au repos à Vauxrezis et environs dans les baraquements où il reste un mois.



    Vauxaillon 81DI_IDCarte issue du JMO de l'infanterie Divisionnaire de la 81e DI montrant
    le secteur occupé par le 279°RI à l'est devant Vauxaillon,
    entre le Mont des Signes au Nord et la Ferme Moisy au Sud.
    (Les Allemands font face à l'est de cette ligne)

    LigneHLa Ligne Hindenburg, jusque Laffaux :




    La ferme Moisy, vue actuelle.

    81DI
    Extrait du JMO de la 98e DI, juin 1917.
    Violentes actions des artilleries le 14 juin, date de la blessure de Victor NOTELET.

     
    Sa campagne contre l'Allemagne est décomptée du 6 Août 1914 au 23 Juin 1917.
         Le soldat de 1ère classe NOTELET Victor figure dans la liste des pertes du régiment, mais en Août 1917 - probablement du fait de son décès à Soissons.

    CITATION de 279ème RÉGIMENT D'INFANTERIE pour cette période :


    Par ordre général N° 178 du 24 Mai 1917, le Général Commandant le 37ème C.A. cite à l'ordre du Corps d'Armée le 279ème Régiment d’infanterie.

    « Le 279ème Régiment d’infanterie, sous les ordres du Lieutenant-Colonel BOISSELET, le 16 Mai 1917, devant Vauxaillon (Aisne), au cours d’une violente attaque précédée d'un fort bombardement, a résisté pendant plusieurs heures à des assauts réitérés qui furent tous brisés. Alors que son 5ème bataillon, plus vivement attaqué, conservait toutes ses positions, grâce à l'énergie au courage et à l'exemple de son chef, faisant des prisonniers et causant de lourde pertes à l’ennemi, son 4ème bataillon s'est spontanément, tout en maintenant la défense de ses tranchées, porté énergiquement et habilement au secours d'un régiment voisin, dont la situation était particulièrement délicate, et l’a puissamment aidé, par son intervention, à repousser les troupes assaillantes ».



    Le nom de Victor NOTELET est inscrit sur le monument aux morts de Sebourg :

    67237121 P1030730



    et figure dans le Livre d'Or du ministère des Pensions :

    NOTTELETVLO



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  • TISON Georges Joseph

         Né le 1 juin 1891 à Obies (Nord), il est de la classe 1911. Nous n'en saurons pas plus sur son parcours militaire  avant-guerre, les archives ayant brûlé lors de l'incendie qui ravagea le centre ville de Valenciennes - dont la mairie - en mai 1940. En lieu et place de l'Etat Signalétique et des Service qui relatait son parcours figure un Feuillet Nominatif de Contrôle, rempli avec les renseignement fourni par les intéressés ou leur famille.
    Celui de Georges Tison ne comporte que son numéro d'inscriprion sur la liste du recrutement de Valenciennes (380) ainsi que son numéro matricule : 1727.

        Il est probable que comme ceux de sa classe, il a rejoint le corps où il était affecté en novembre 1912 pour, sauf dispense article 21 pour causes familiales, une durée de 3 ans.
    Il est donc sous les drapeaux lorsque la mobilisation générale est décrétée le 2 août 1914.

    TISONGeorges



         La suite ressort des documents que l'on peut trouver suite à sa mort en décembre 1914, à commencer par sa fiche mémoire des hommes.

    MDH Tison Georges new

         C'est donc au 168e régiment d'infanterie qu'il est affecté, en tant que sergent, matricule au corps : 809. L'historique du 168e permet d'en retracer les grandes lignes du parcours :

    168ème RÉGIMENT D’INFANTERIE HISTORIQUE 1914-1918



    LES ORIGINES DU RÉGIMENT
    La MOBILISATION

         Au moment de la déclaration de guerre, le 168e, jeune Régiment, créé en 1913, fait partie de la garnison de Toul.

    Sauf l'Etat-major du 3e Bataillon et deux Compagnies, les 9e et 10e, qui sont détachées au fort de Frouard, il occupe dans la ville la caserne Marceau.
    Le Colonel LEBOCQ est à sa tête,
    Dès le 31 juillet conformément au plan prévu, les compagnies sont réparties dans les forts du Nord-Ouest de la Place.
    C'est là que le Régiment passe le premier mois de la guerre, continuant l'exercice, exécutant aussi, aux abords du camp retranché, de nombreux travaux de défense.

    LES PREMIERS COMBATS
    MARTINCOURT – CHAMPENOUX

         Au début du mois de septembre, les Allemands prenant comme objectif Nancy, exécutent de furieux assauts contre le Grand Couronné.
    Le Régiment participe à une série d'opérations, dont le but est de tenir la rive gauche de la Moselle, entre Frouard et Pont-à-Mousson et menacer ainsi la droite des assaillants du Grand Couronné.
    Le 5, un Régiment de marche est constitué avec des éléments de la garnison de Toul. Ce Régiment commandé par le Colonel LEBOCQ, comprend le 1er bataillon du 168e Régiment d'infanterie, une partie du 2e et un bataillon du 169e Régiment d'infanterie. Il est mis à la disposition de la 73e D.I. de réserve, qui résiste vers Martincourt.
    C'est le 6 septembre que le 168e reçoit le baptême du feu.

         Après avoir pris position devant Manonville et au Bois de la Rape, il est attaqué le soir du 6 et durant la matinée du 7 par des forces très supérieures. Les Bataillons, soumis à un violent feu d'artillerie, lâchent un peu de terrain, mais se ressaisissent et, pendant deux jours, tiennent sur place, vers le Bois de la Côte-en-Haye.
    Le Régiment de marche est relevé le 8 septembre. Le Colonel BRAULT remplace à sa tête le Colonel LEBOCQ, désigné pour le commandement de la 73e D.I.
    Il est embarqué le 8 septembre à Liverdun et passe la nuit du 9 au 10 dans les casernes d'Essey, près de Nancy.

         C'est l'heure où les attaques allemandes, pour la Ville, se font de plus en plus pressantes. L'ennemi multiplie ses efforts. Il faut dégager Nancy, coûte que coûte. Le 10, le Régiment participe à la glorieuse bataille qui obtiendra ce résultat.
    L'objectif du 168e, pour cette journée, c'est la lisière Est de la forêt de Champenoux.
    A midi, le 1er Bataillon, suivi du 2e, s'élance du château du Tramblois, enlève le Bois de Velaines et chasse l'ennemi de la partie Nord-Ouest de la forêt.
    Avec de lourdes pertes, l'objectif est atteint.
    En fin de journée, le Régiment se rassemble alors dans le bois, vers la Maison Forestière.

         Le 11, l'attaque reprend. Il s'agit d'enlever, cette fois, le village même de Champenoux. Les Allemands, appuyés par une nombreuse artillerie, se défendent avec plus d'âpreté encore que la veille. Après plusieurs assauts, des alternatives d'avance et de recul, les Bataillons s'accrochent aux lisières du village, mais ne peuvent progresser au-delà. (Le Lieutenant HARTMANN, commandant une Section de mitrailleuses, frappé à mort, crie à ses hommes en voyant s'esquisser un mouvement de recul : « Sauvez les pièces »)

    Dans ces combats, le Commandant BESSON est tué en se portant à l'attaque, en tête du 1er Bataillon : de nombreux gradés et hommes ont payé de leur vie cette première page de gloire, écrite par le Régiment. (Le Sous-lieutenant MANONI, Saint-Cyrien de la promotion 14, tombe mortellement atteint d'une balle à la tête, en entraînant crânement sa Compagnie à l'assaut du village de Champenoux)

         Le 15 septembre, le 168e regagne la région touloise et va cantonner, durant quelques jours, aux environs de Rosières-en-Haye. A ce moment, le détachement dit « de Saizerais » est constitué avec deux Bataillons de chacun des Régiments de forteresse de Toul : 167e, 168e, 169e, réunis en une Brigade et placés sous le commandement du Colonel RIBERPRAY Ce Groupement s'appellera bientôt Brigade mixte, puis Brigade active de Toul.

    Dès sa formation, le détachement de Saizerais est engagé en Woëvre.


    LES COMBATS DE MAMEY

         Après leur échec devant Nancy, les Allemands veulent forcer les Hauts de Meuse et tournent Verdun par le Sud. Dans ce but, des forces importantes s'avancent entre Meuse et Moselle, vers Saint-Mihiel et Commercy.

    Les deux Bataillons du 168e, que commande le Chef de Bataillon GOUTHAUD, entrent en ligne le 19 septembre, derrière le village de Mamey.
    Les 20 et 21, ils progressent. Après le combat, ils dépassent Mamey et s'installent aux lisières du Bois de la Lampe et sur la route de Limey à Pont-à-Mousson. Mais devant les contre-attaques répétées de l'ennemi et le repli général de la ligne française, ils abandonnent leurs conquêtes momentanées et s'arrêtent à leurs premières positions. Ils contribuent à y enrayer l'offensive ennemie.

         Le 25, l'attaque est reprise de notre part. La forêt de Puvenelle est enlevée, Mamey conquis de haute lutte. Les Bataillons progressent au-delà et, le soir du 26, leurs éléments de tête ont atteints les abords de l'Auberge Saint-Pierre. C'est là l'entrée du Bois-le-Prêtre.

    LE BOIS LE PRÊTRE

         Le 27, les soldats du 168e pénètrent, pour la première fois, dans cette forêt, désormais fameuse dans les annales du Régiment.
    Et c'est le commencement d'une période dure, mais glorieuse, pendant laquelle le 168e, sous l'impulsion successive des Colonels MAYRAN et ROLLET, et en collaboration étroite avec ses camarades de la Brigade mixte, acquerra un juste renom.

         Durant huit mois, du 27 septembre 1914 au 19 juin 1915, ce sera la lutte implacable, pied à pied, le combat de boyau à boyau, où chaque pouce de terrain est l'objet d'une sanglante rencontre.
    Les attaques se succèdent par bataillons, compagnies, sections, demi-sections. L'ennemi, qui sait l'importance de ce massif boisé dominant la Moselle et la Woëvre, résistera avec acharnement.

         Après avoir atteint, dans la journée du 26 septembre, l'Auberge Saint-Pierre, les deux Bataillons du 168e R.I. continuent, les jours suivants, leur progression vers le Nord. Ils s'enfoncent en coin dans la forêt du Bois-le-Prêtre. C'est une succession de combats acharnés qui se prolonge jusqu'au 5 octobre.

    A cette époque, le Régiment a dépassé la Fontaine-aux-Cerfs ; ses éléments de tête sont au contact des postes ennemis qui ont organisé, face au Sud, la tranchée de Fay.
    Le reste du mois d'octobre se passa en patrouilles, reconnaissances ; les bataillons creusent leurs premières tranchées. (Le 17 octobre, le chef de bataillon ROYER, du 1er Bataillon, est blessé grièvement au cours d'une reconnaissance qu'il exécutait seul dans la plaine à l'Ouest de la lisière du Bois-le-Prêtre. Il meurt 2 jours après).

         Au début du mois de novembre, les deux bataillons essaient de progresser vers la Fontaine du Père Hilarion. La résistance est dure. Après quatre jours de lutte, la tranchée de Fay est dépassée et la route de Fay-en-Haye – Pont-à-Mousson atteinte en plusieurs endroits.
    A l'issue de ces combats, à l'heure où le Régiment va goûter quelques jours de repos, le Colonel RIBERPRAY lui exprime sa satisfaction dans l'ordre suivant :

    « Après deux mois d'une vie pénible, vaillamment supportée en pleine forêt, loin de toute habitation, le 168e au complet va connaître les douceurs du cantonnement et se préparer, par un repos nécessaire, à reprendre, dans une quinzaine de jours, avec plus d'entrain que jamais, la coopération déjà si efficace que poursuit la Brigade mixte : bouter l'ennemi hors du Bois-le-Prêtre.
    « Je saisis l'occasion de cette séparation momentanée pour féliciter le 168e R.I. du bel exemple de résistance physique, de mordant et d'opiniâtreté qu'il a donné au cours d'une longue série d'attaques sous bois où les difficultés de la marche donnent au courage individuel la première place ».

         Vers le milieu du mois de décembre, le 2e Bataillon exécute une attaque locale au Bois de Mortmare.
    Sa mission est d'enlever plusieurs tranchées importantes formant saillant (1) à l'Est et à l'Ouest de la voie ferrée de Toul à Thiaucourt.

         Le Bataillon entier part d'un bel élan, mais les mitrailleuses, non réduites, balaient le terrain. En quelques heures de combat, ses pertes sont immenses. Les objectifs atteints ne peuvent être maintenus qu'au prix de sanglants efforts. La 6e Compagnie, que commande le Capitaine EYRIES, lancée en pointe et prise de toutes parts sous le feu de l'ennemi, excite l'admiration de tous. Elle est citée à l'Ordre de l'Armée :
    Le Caporal MORIN reçoit la Médaille Militaire à la suite de ces combats. « Parti avec un admirable entrain, il s'est porté seul à 30 mètres au-delà de la tranchée conquise, puis arrêté par un feu violent à quelques mètres d'un poste ennemi, a répondu par des coups de fusil à l'invitation qui lui était faite de se rendre. »


    (1) un sailant bien modeste comparé à celui de St-Mihiel  qui l'englobe .....(NDR)

    StMihiel


    Le bois de Mortmare est au nord de Flirey, à 15 km à l'ouest de Pont-à-Mousson. La voie ferrée, maintenant disparue, passait à l'ouest du village :

    277RI 19141312
    JMO du 277e RI 13/12/1914


         Les tranchées françaises (en rouge) et allemandes (en bleu) se font face au nord de Flirey, les Allemands occupant le bois. Sur cet extrait de carte de mai 1915 issue du JMO de la 77eDivision d'infanterie, le réseau des tranchées est plus dense qu'il ne devait l'être en décembre 1914, le saillant n'ayant pas été réduit.

    saillant
    Les lignes droites rouges correspondent aux directions de tirs d'artillerie.


    Cet autre extrait issu du JMO de la 76e DI montre le même secteur en décembre 1916.

    76DI 1916
    La situation n'a guère changé deux ans après,
    illustrant les difficultés auxquelles va se heurter
    le 3e bataillon du 168e RI

    La ville de Flirey, photographiée après-guerre, n'a pas résisté (au fond à gauche les ruines de l'église) :

    pan-flirey2

    si une église a été reconstruite, les ruines de la précédente ont été conservées :

    Eglise de Flirey



    Flirey et le bois de Mortmare .
    On distingue le talus de l'ancienne voie ferrée au N-O du village.



    Le Journal de Marche et Opérations du 168e RI restitue la journée du 13 décembre :

    13 décembre
    Participation du 2e Bataillon du 168e aux combats des 13 et 14 décembre

         Le 13 décembre, le 2e bataillon du 168e, Commandant Ducani participe à l’attaque des tranchées allemandes formant saillant à l’Est et à L’ouest de la voie ferrée de Toul à Thiaucourt à 800m environ de la lisière sud du bois de Mort-Mare.

         Il forme la première ligne d’attaque et est installé dans une tranchée de départ à une distance variant entre 80 et 110m de l’objectif dans la formation ci-après : à l’ouest de la voie ferrée, sur un front d’environ 200m la 7° compagnie (capitaine de Molny) ; à l’est de la voie ferrée, sur un front d’environ 400mla 6° compagnie (capitaine Eyries) et 5° compagnie (lieutenant Romand). En arrière au S.O. de la 7e Cie dans une tranchée dite principale la 8eCie (Capitaine Vanet) en soutien.


         Après la préparation intense de l’artillerie (de 7h30 à 8h) entre 8.3 et 8.7 les 7e et 8e Cies s’élancent résolument à l’assaut baïonnette haute et enlèvent l’objectif assigné. Des fractions dépassent la tranchée allemande (à la 6e Cie), d’autres s’installent sur la parapet, d’autres fouillent les tranchées ennemies. La 5e Cie soumise à un feu violent [d’artillerie et] de mitrailleuse et d’infanterie, en face d’une organisation peu endommagée par notre artillerie ne peut réussir à se porter en avant, malgré les efforts du Commandant de Cie et des chefs de section.

         Sur la voie ferrée une tranchée allemande est enlevée de vive force par des fractions des 6e et 7e Cies, renforcées par des hommes du 232e. Le sergent Floxe (7e Cie) qui en prend le commandement avec le sergent renard (6e Cie) découvre, dans une galerie de 10m environ de profondeur percée dans le déblai de la voie ferrée et se dirigeant sous la tranchée conquise par la compagnie, cinq barils de poudre noire, des mèches et des pinces de mineur. Sur les 12 défenseurs allemands de cette tranchée, onze sont faits prisonniers et dirigés sur l’arrière, tandis que le douzième un sous-officier est tué au moment où il cherche à s’enfuir.
    Pendant ce temps, la 6eVie, trop en l’air par suite de la résistance opposée à la 5e, est obligée de renoncer à enlever la 2e ligne allemande qu’elle prenait comme nouvel objectif et de s’installer avec 3 sections dans la première tranchée conquise qu’elle organise solidement. Dès ce moment elle occupe une tranchée de 150 à 180m dont le reste est en possession de l’ennemi.

         Vers 15h,  le commandant Ducani, debout sur le parapet de la tranchée de départ de la 7eCie, suivant lui-même, sous les balles, les mouvements ennemis est blessé au cou et doit être évacué. Le Capitaine Eyriès (6e Cie) remet le commandement au lieutenant de Castelbajac et bien prendre le commandement du bataillon.

    Vers 16h  la 7e Cie repousse, à l’ouest de la voie ferrée, avec le concours d’éléments de la 3e Cie et du 232e qui envoie une compagnie pour occuper solidement la tranchée, opération qui cause des pertes nombreuses.

    14 Décembre
     
        Pendant la nuit les défenseurs de la tranchée ne peuvent résister à une violente contre-attaque et se replient sur la tranchée de départ, à l’exception de la 6e qui repousse toute les attaques.

    D’autre part une violente fusillade des Allemands, s’attendant à être attaqués n’a cessé que sur l’intervention de notre canon. Pour la première fois nos tranchées sont canonnées probablement de front et de flanc (direction de Fey) par du 77, obus habituels et obus à ceinture épaisse – 3 blessés.


    Le bois de Mortmare est abondamment illustré sur ce site

           Ces archives (en ligne sur le site Mémoire des Hommes du Ministère de la Défense) ne permettent pas d'obtenir plus d'information sur le Sergent TISON - informations qui doivent se trouver dans les annexes du JMO, consultables à Vincennes -, mais la transcription de l'acte de décès réalisé par l'officier d'état-civil du bataillon fixe l'heure de son décès à 9h :

    extraitAD

         On peut remarque qu'une fois de plus le 4e prénom de Georges Joseph Achille TISON surprend le rédacteur ( qui écrit "Lin" sur la fiche MDH plus haut, "Lina" ici) ; cependant en accord avec l'acte de naissance, une mention rectificative figure à la fin de la transcription réalisée à Valenciennes le 10 Juillet 1919 :  "Le quatrième prénom  est Lia." . (A noter que si la fiche Mémoire des Hommes ne peut être modifiée, sa transcription devrait prochainement en tenir compte)


       Pour compenser l'absence de documents militaire, la famille a la chance d'avoir conservé photo et médailles :

    PhotoTG
    C'est cette photo, réalisée posée chez un photographe avant la guerre,
    qui a permis de réaliser la plaque émaillée :

     

    plaque


    Cette plaque émaillée, que les familles faisaient réaliser à leurs frais
    devait être apposée sur la tombe du soldat.
    Elles ne sont cependant pas acceptées en Nécropole Nationale.

         On y retrouve le portrait encadré par les médailles -posthumes - décernées au sergent TISON : médaille militaire 1914-1918 à gauche, croix de guerre 14-18 à droite.


    cadre
    sous la même photo de gauche à droite :

    • croix de guerre 14-18 avec étoile de bronze
    • médaille militaire 14-18
    • croix du combattant.

           Pour  recevoir la médaille militaire, à laquelle s'attache la croix de guerre avec étoile de bronze, il a fallu que le sergent reçoive une citation, comme nombre de soldats du 168eRI pour la journée du 13 décembre 1914. Cette citation parait nécessairement au journal officiel  A ce jour, malgré la mise en ligne du JO par la Bibliothèque Nationale de France sur le site Gallica, il n'a pas encore été possible de la retrouver, certains JO, notamment les pages spéciales énumérant les décorations à titre posthume, ne sont pas totalement  numérisés.

         Le sergent TISON Georges est inhumé à la Nécropole Natioale de Flirey, tombe n°2624 :

    Tombe300
    Tombe originelle
    "Sa mort inattendu a déchiré nos coeurs,   
    "Ni le temps ni l'oubli ne tariront nos pleurs


    Vues actuelles :

    NNflirey1

    NNflirey2

    NNflirey3

    On remarque derrière la croix celle que l'on voit également
    à droite de la tombe originelle :
    Sergent TEISSIER Georges du 340eRI décédé aussi à Mortmare, en juin 1915


     Le nom du sergent TISON figure sur le livre d'or de Valenciennes, ainsi que sur le monument aux morts :

    Livredor Vals
    Toujours l'erreur sur le 4e prénom, ainsi cette fois que le nom de sa ville natale (Obies).

    P1020594

     

 

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06 août 2014

AUTRES

     Ayant passé en revue les membres (relativement) proches de la famille, il restait à étudier les soldats de 14-18 que j'ai connu de leur vivant . Mes souvenirs en contiennent peu, parceque probablement tous ne se signalaient pas ;  voici ceux que j'ai pu retrouver  :

 

  • STEFFE Eugène qui a été longtemps notre "garagiste de famille"
     (à venir ....)

  • THIBAULT Justin dont l'atelier de serrurerie était juste en face de ma maison natale.
     (à venir ....)

  • DELEDICQ Henri Justin Désiré  (1897-1985) qui a rédigé la convention d'armistice et habitait non loin ...
    (à venir ...)

 

 

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