22 août 2014

APPARENTÉS

       Sont réunis sur cette page ceux - de plus en plus nombreux - qui n'appartenaient pas au projet initial (les descendants de mes arrières-grands-pères DUBOIS, DUVERGER, DEBEVE, DANHIEZ) mais qui ont cependant un lien familial avec l'un ou l'autre des membres de cette descendance.
 Le symbole ombré bleu de Mars Mars  pointe vers le détail du parcours du soldat.

 

  • NOTELET (apparenté aux DANHIEZ)
    • 1 petit-cousin éloigné au 2d degré (son Arrière-Grand-Père NOTELET est mon Arrière-Arrière-Arrière-Grand-Père NOTELET Antoine Joseph né à Sebourg le 6 juin 1786).
      Mars  NOTELET Victor Druon
      ,  né le 23 Mai 1887 à Sebourg,  fils de Victor Druon  et de HOUZÉ Joséphine.
      "Mort pour la France" le 22 juin 1917  à Soissons (Aisne) .

  • LALOUX (apparenté aux DUBOIS)
                 Les 3 frères de LALOUX Marie-Louise, épouse de DUBOIS Auguste fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
    • Mars  LALOUX Paul Marcel, né à Lille le 6 mai 1886, fils de Louis Joseph et de RUMPTAU Pauline Henriette.
      "Mort pour la France" le 1er septembre 1914 à Gercourt (Meuse).
    • Mars  LALOUX André Raymond, né à Lille le 31/07/1895.  
    • Mars  LALOUX Armand Louis, né à Lille le 13/05/1893.

  • HAINAUX (apparenté aux DUBOIS)
    • Père de  HAINAUX Marguerite, épouse de DUBOIS Henri , fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
      Mars  HAINAUX Maurice Alfred
      ,  né le 5 septembre 1881 à Valenciennes, fils d' Edouard et de GOULART Cléophas.
      "Mort pour la France" le 12 juillet 1915 à  Gildwiller (Haut-Rhin) .

  • MICHEAUX (apparenté aux DUBOIS)
    • Oncle de  HAINAUT Marguerite, épouse de DUBOIS Henri , fils de DUBOIS Henri Joseph Louis.
      Mars  MICHEAUX Auguste Célestin
      ,  né le 13 janvier 1879 à Valenciennes,  fils de Auguste et de QUARREZ Marie Désirée.
      "Mort pour la France" le 11 septembre 1915 à l'hôpital de Rohrbeck (Allemagne)

 

  • TISON (apparenté aux DUBOIS)
    • Oncle de  TISON Georges, époux de DUBOIS Thérèse, petite-fille de DUBOIS Henri Joseph Louis.
      Mars  TISON Georges Joseph
      ,  né le 4 juin 1891 à Obies (Nord),  fils de Pierre et de CLOUET Desange Célina.
      "Mort pour la France" le 13 Décembre 1914 au bois de Mortmare (Meurthe-et-Moselle) .

     


 

 

  •  HAINAUX Maurice Alfred
     
        Né le 5 septembre 1881 à Valenciennes, il est "de la classe" 1901, n° de tirage 85 dans le canton de Vervins (Aisne) où il réside. Il est déclaré "bon" pour le service armé avec le numéro matricule 81 au recrutement de St Quentin (Aisne). Il arrive au 3e Régiment du Génie le 16 novembre 1902 comme sapeur mineur de 2e classe. Il passe mineur de 1ère classe le 23 juillet 1903 au 5e régiment du Génie pour faire partie d'un détachement de relevé au Soudan.
        Arrivé au corps le 16 Août, il embarque le 13 à Bordeaux. Il revient du Soudan par Bordeaux le 7 mai 1905, est fait caporal le 8. Il est envoyé dans la disponibilité d'active le 23 septembre 1905, et passe dans la réserve d'active le 1er novembre. Le calendrier militaire prévoyait qu'il passe dans la territoriale le 1/10/1915, dans la réserve de celle-ci le 1/10/1921 pour être libéré du service militaire le 1/10/1927.

    Certificat de bonne conduite "accordé".
    Campagnes du Soudan du 23/08/1903 au 07/05/1905

         Le 28 octobre 1906 il épouse à Valenciennes Jeanne Véronique Micheaux, née le 11 janvier 1877 à Valenciennes, ils auront le 13 juin 1909 une fille Marguerite (ma tante) ; celle-ci sera adoptée pupille de la nation le 09/07/1919.

        Il semble qu'il "rate" la mobilisation générale, mais se présente volontairement le 9 août 1914 au bureau central du Rhône où il est affecté au 28e bataillon du Génie à Belfort, matricule 01616, le 0 initial signifiant qu'il est réserviste.

    Sa fiche Mémoire des Hommes :

    HAINAUX Maurice Alfred MDH


    Le document mentionne qu'il a été tué au bois de Gildwiller (Haut-Rhin), devant Ammertzwiller, "par balles dans la poitrine".


    Il est toujours avec le 28e bataillon du Génie, sans que jusque-là sa compagnie soit précisée :

         Le 28e Bataillon du Génie naît à Belfort, à la caserne Vauban et comporte trois compagnies d’active et 8 compagnies de réserve. A la date de la création du bataillon, le génie de la région fortifiée de Belfort est commandé par le colonel Lanty. Son adjoint, le chef de bataillon Mathelin dirige le génie du noyau central de la place. Au moment de la mobilisation, le génie de Belfort se compose des trois compagnies d’active du 28e BG commandées par les capitaines Fage (28/1), Doumert (28/2), Thiébaut (28/3), d’un détachement de télégraphistes de forteresse aux ordres du capitaine Gaucher, d’une section de radiotélégraphistes, d’un groupe colombophile installé à la caserne Friedrichs, d’un détachement de sapeurs conducteurs renforcé d’un élément de convoi automobile : l’ensemble étant placé sous le commandement du capitaine Stremler, et d’une escouade d’ouvriers d’art.
         A partir du 2 août, le 28e BG incorpore quatre compagnies composées de réservistes : 28/4 (capitaine Guery), 28/5 (lieutenant Faucheux), 28/6 (capitaine Fouillade) et une compagnie de dépôt (28/21) aux ordres du lieutenant Vivier.
    Le 28e BG est aussitôt engagé dans la région de Belfort où les compagnies réalisent des travaux au profit des forts du Salbert (28/6) et de Fougeraies (28/21), dans les secteurs d’Andelnans (28/1), de Roppe (28/2), de Bessoncourt (28/3), de Vezelois (28/4) et du bois d’Oye (28/5). Du 6 au 9 août, les Français pénètrent en Alsace, mais en sont chassés par une contre-offensive allemande, puis le général Pau reprend l’initiative et s’empare de Thann, Mulhouse et atteint Colmar le 21 août.  

           L’insuccès de Dubail en Lorraine et la contre-attaque de la VIIe armée du général von Heeringen contraignent l’armée du général de Maud’huy à se replier sur les pentes des Vosges où elle s’installe solidement autour de l’Hartmannswillerkopf. Dès le début de la campagne, les compagnies du 28e BG ont été affectées à la place de Belfort, à la 57e division de réserve, aux 46e, 133e et 134e divisions d’infanterie, au groupement sud ; elles sont également détachées auprès des 113e, 114e, 210e, 213e et 214e brigades.

         Agissant de façon dissociée, elles ont pour mission de détruire les lignes de chemin de fer vers l’Allemagne au-delà de Belfort, d’organiser et d’améliorer les défenses autour de Belfort, de renforcer les première et deuxième lignes en Alsace en creusant des tranchées sur ces positions. Elles doivent également créer des centres de résistance dans les bois ou en fortifiant des villages.
    Naturellement, les sapeurs participent aux attaques de l’infanterie en créant des brèches dans les fils de fer barbelés dont les Allemands pourvoient généreusement les abords de leurs positions, puis organisent le terrain conquis. Thann, Cernay, Masevaux, Altkirch, Dannemarie, Aspach-le-Bas, Burnhaupt-le-Haut, les bois de Gildwiller, d’Hirtzbach ou le Gluckerwald, autant de lieux où se distinguent les sapeurs du 28e BG et qui témoignent de l’étendue du secteur et de la diversité des missions du bataillon.

         En 1915, l’espoir d’une guerre courte est définitivement abandonné ; le 28e BG est engagé en Alsace et en Champagne. Les 2e, 3e, 4e et 5e compagnies participent aux violents combats en Alsace pour la possession des crêtes et des observatoires des Vosges. Poursuivant leurs missions d’organisation du terrain, les compagnies sont également chargées de réparer les boyaux, les tranchées, les abris, les refuges et les casemates démolis par les bombardements ennemis comme à Balschwiller, sur le Kalberg ou le mamelon du Cadoret. La violence des combats sur le Sudelkopf et surtout l’Hartmannswillerkopf implique sans cesse de nouveaux renforts.

        
    Présent sur tous les fronts, le génie s’enrichit de deux nouvelles compagnies d’appui créées au dépôt n° 28 : la compagnie 28/1 bis formée avec des auxiliaires le 8 janvier 1915 et employée avec les unités du 28 à Michelbach et à Guewenheim ; puis la compagnie 28/55 mise sur pied à Montbéliard le 24 novembre 1915 et qui est engagée dans la région de Delle, au sud de Belfort.

          La 28/1bis changera d’appellation le 1er octobre 1915 et deviendra la compagnie divisionnaire du génie 28/51. Au cours du deuxième semestre 1915, la bataille se poursuit dans les Vosges.
    [début octobre, elle débarque à Salonique]

    Extrait de l'historique du 28e Régiment de Transmissions, héritier du 28e B.G.


         Si l'on ignore précisément dans quelle compagnie a été affecté le caporal Hainaux à la mobilisation, on sait grâce au Journal de Marche et Opérations qu'en juillet 1915 il est à la 28/1 puisque son nom figure parmi les pertes du 12 juillet :

    pertes

    JMO de la compagnie 28/1

    1er Juillet 1915 : Travail normal. Le 235e régiment d'infanterie remplace le 242e pour le travail.

    du 2 au 10 juillet : Sans changement

    11 juillet 1915 : Travail normal. Vers 20h l'ennemi fait exploser un fourneau de mines. L'alerte est donnée vers la même heure. La compagnie devant occuper Gildwiller et Hecken, les sections sont réparties en 2 groupes : 1e et 2e sections à Hecken, 3e et 4e sections à Gildwiller-village.
         A 22h30 suivant l'ordre reçu du Colonel Commandant la 113e brigade [général Farineau] le Capitaine [Fage] désigne la 2e section pour aller travailler au ponceau et la 4e section pour les tranchées du tunnel. La 1e section reste à Hecken où elle occupe les tranchées de lisières.
         La 3e section se porte dans les tranchées au nord de Gildwiller-Église. A 22h50 elle se joint à la 4e section.

    12 juillet 1915 : La 2e section relève les éboulements et réfectionne les crêtes de feu. Cette section, de même que la 4e n'ont eu aucune perte.
        Les 3e et 4e sections ont fait le coup de feu avec l'infanterie jusqu'au moment où l'ennemi ayant lâché pied, le peloton reçut l'ordre de rétablir les crêtes de feu et de procéder à l'organisation de l'entonnoir produit par l'explosion de la mine.

    [ Ici se place l'extrait reproduit plus haut décomptant les pertes. Le rédacteur du JMO poursuit : ]

    pour citations

         Les sections regagnent leur cantonnement vers 10H, un peloton de la compagnie 28/6 vient remplacer les 3e et 4e sections pour organiser l'entonnoir.
    A 18h après repos, les 3e et 4e sections relèvent le peloton de la compagnie 28/6.

    Le 10 août, dans une période de travail normal, le rédacteur écrit :

    citation % armée

    Ce que vient confirmer le Journal officiel du 17 septembre 1915 :
     

    JO 19150917a

    JO 19150917


          Le JMO du 28e BG est assez laconique concernant l'explosion de cette mine et les attaques qui ont suivi : il faut lire le journal du 235e régiment d'infanterie, qui était dans les tranchées : je reproduis quelques extraits caractéristiques, l'original se trouve ICI sur le site su ministère de la défense.

    JMO du 235e RI (11 juillet 1915)

         Sur le front au centre de Gildwiller, la situation devenait critique. L’ennemi canonnait furieusement la tranchée du tunnel et les pentes Est du bois de Gildwiller.
    A 19h30, il fit exploser un fourreau de mine à 40 m environ à l’Est du centre de la tranchée du tunnel, produisant une excavation d’environ 40m de diamètre et 15m de profondeur, et projetant une masse énorme de terre sous laquelle 2 soldats de la 18e Cie moururent écrasés.

         A la faveur de l’explosion une 1ère vague allemande gagna la partie nord de la tranchée du tunnel et traversa le secteur de fils de fer désorganisé. Une vive fusillade (...) faisait se terrer les assaillants dont plusieurs étaient atteints comme l’indiquèrent les plaintes et gémissements entendus.
    Mais une 2e vague très forte dépassa la 1ère, renversa nos boucliers et à coups de fusils et grenades assaillit les défenseurs et réussit à pénétrer nos tranchées ou se livrait un terrible combat corps à corps.
    (... ...)
    Mais, peu à peu, subissant des pertes assez sensibles, il leur fallut se retirer vers le sud de l’ouvrage.


         Dans le même temps, une autre vague allemande s’était, par l’entonnoir creusé par l’explosion, précipité dans la tranchée du centre que défendait et organisait à l’aide de barrage l’adjudant COLLIGNON.
    (... ...)
         A 20h30 la situation était la suivante : la tranchée Nord et la partie de la tranchée centrale au nord de notre mine étaient évacuées, les nôtres occupaient d’une part l’extrémité de la sape 3 qui conduit au poste 4 et d’autre part résistaient pied à pied dans les éléments de la tranchée centrale, et dans la tranchée Sud. Vers 21h10, [arrivait] l’ordre de se porter sur la route de Burnhaupt-Balschwiller à hauteur de la petite chicane du calvaire pour s’opposer à tous mouvements de l’ennemi. Celui-ci tendait à déborder les défenseurs par le Nord de l’ouvrage. L'ordre était immédiatement exécuté et les allemands pris d’enfilade sur cette route étaient obligés de se terrer de chaque coté d’elle. « tant dans notre tranchée à l’Est de la route, que dans une tranchée déjà ébranlée par eux sur largeur 40m environ à l’avant de la même route et déjà protégée par des chevaux de frise, » ce qui les amenait à se contenter d’organiser la partie Nord de notre ouvrage, avec une très grande activité d’ailleurs.

         Dans le même temps la section de mitrailleuses du 242ème (poste 4bis) faisait avec ces feux un barrage entre la tranchée Nord et les tranchées allemandes. De leur coté le caporal LEJENNE et ses grenadiers lançaient une cinquantaine de grenades. Tout cela gênait fort les assaillants qui cependant s’installaient solidement. Ils retournaient les parties de tranchées occupées par eux, ils creusaient des niches individuelles pour se protéger contre le feu, y plaçaient des boucliers métalliques et des créneaux de bois, comblaient le passage souterrain de la sape 3, construisaient 2 plate-formes de mitrailleuses et y mettaient en action un de ces engins, creusaient 2 boyaux de communication rejoignant leurs propres tranchées et y installaient même le téléphone.

    (... ...)
         Entre temps, (...) le sous secteur central de la 113e Brigade avait pris le commandement du centre de résistance de Gildwiller et que 2 escadrons allaient venir pour appuyer ou prendre part à une contre attaque destinée à rejeter l’ennemi hors de nos tranchées. En attendant l’heure de la contre attaque fixé à 3h15 [le 12] les garnisons de nos ouvrages aidées par les Cies 28/1 et 28/6 du Génie, en même temps qu’ils interdisaient à l’ennemi le moindre progrès, réorganisaient et réparaient nos tranchées bouleversées.

         La contre-attaque qui devait en définitive être faite par 1 escadron à pied et une Cie du 235ème, devait être appuyée par une section d'auto-canons portée au carrefour Est de 332 et toute l’artillerie disponible. Mais à 3 heures du matin le Lt. GEIST est averti que quelques allemands quittaient nos tranchées pour s’enfuir dans les leur. Il donnait l’ordre (...) de s’engager prudemment dans les boyaux conduisant à la partie Nord du tunnel, les barrages allemands étaient rapidement détruits et l’ouvrage entièrement réoccupé. Quatre allemands qui s’y trouvaient encore furent faits prisonniers, un 5ème fut pris près du poste 4.
        Un tir très violent et précis d’artillerie et de mitrailleuses, immédiatement déclenché semble avoir été efficace et avoir enlevé à l’ennemi toute envie de faire un retour offensif.

    carte 242RICarte tirée du JMO du 242e RI

    IGN
    Carte IGN, le cratère est dans le cercle rouge au sud-ouest d' Ammer(t)zwiller

    cratere
    Vue du cratère  -rempli d'eau - de nos jours

    1949
    Le cratère en 1949, la zone du carrefour n'est pas encore urbanisée.

    La transcription de l'acte de décès à Lyon le 10 septembre 1915 mentionne :

    L'an 1915, le 12 juillet à treize heures étant à Falkwiller (Alsace)
    Acte de décès de Hainaux Maurice Alfred, caporal à la 1ère Compagnie du 28e Bataillon du génie, matricule n°116, né le cinq septembre 1881 à Valenciennes (Nord) domicilié à Lyon, 10, Cours Suchet, décédé dans le bois de Gildwiller, sur le champ de bataille. Mort pour la France le 12 juillet à une heure du matin (lieu d'inhumation : cimetière de Gildwiller)
    signé : François Fage, capitaine commandant la compagnie, officier de l'état-civil.

    Le site http://lyon.voyeaud.org qui recense les morts pour la France de la ville de Lyon ajoute quant à sa résidence :
    Personne (à) aviser Mme PAQUELET Adresse: 10 cours Suchet "Prenait ses repas chez eux mais ne sait où il habitait"

    Une vue du Cours Suchet en 1910, le n° 10 est après le pont coté gauche, près de la Saône :

    CS1910



    Le cimetière de Gildwiller est autour de l'église "sur le mont" :cimetière de Gildwiller-Eglise

    L'église a souffert de la guerre et a été reconstruite à l'identique :

    dessin  Gildwiller,_Eglise_de_l'Épiphanie-de-Notre-Seigneur


    Après la guerre le corps de Maurice Hainaux a été réhinumé le 10 janvier 1922
    à la Nécropole Nationale de Cernay (Haut-Rhin),
    2eme carré 1914-118, n°634 :

    vue
    Tombe du milieu au premier plan

      

    tombe


    Son nom figure sur la liste d'or de Valenciennes où il est né :

    LOvals

    et sur le Monument aux Morts de Valenciennes :

    MaMvals

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  • MICHEAUX Auguste Célestin

         Né le 13 janvier 1879 à Valenciennes, fils de Auguste et de QUARREZ Marie Désirée, est de la classe 1899. N° 209 de tirage du Canton de Valenciennes-Est.  Ajourné en 1900, il est déclaré "bon" en 1901, sous le matricule 882 et dispensé article 21 comme fils aîné de veuve.
    (La dispense article 21 de la loi du 15 juillet 1889 autorise - en temps de paix- le retour au foyer au bout d'un an)

         Incorporé au 127° Régiment d'Infanterie de Valenciennes le 14 novembre 1901, matricule au corps 3007, il est envoyé dans la disponibilité le 20/09/1902, "Certificat de bonne conduite accordé".
    Il est versé dans la réserve de l'armée active le 1er novembre 1903, et effectue deux périodes d'exercices en 1907 et 1909, toujours au 127°RI.

         Versé dans l'armée territoriale en novembre 1913, il devait passer dans la réserve de celle-ci en 1919, pour être libéré en 1925, mais il est rappelé à l'activité par décret du 1er Aout 1914 de mobilisation générale. Le 3 Août 1914 il rejoint le 2e Régiment d'Infanterie Territoriale.

         Le 2°RIT est affecté à la défense de la place forte de Maubeuge qui, assiégée dès le 27 Août 1914, capitule le 8 septembre.
    Son JMO est inexistant  comme l'indique l'Historique du Régiment :
    "Les Journaux de Marche et Opérations ayant été brûlés pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi, le détail des opérations a été constitué par les rapports des chefs de bataillon."

    L'historique fait le décompte nominatif des pertes du régiment (sans qu'on puisse affirmer que liste soit exhaustive) :
    • Disparus à Maubeuge : 7
    • Décédés à Maubeuge : 25
    • Décédés en Captivité  : 80

    Maubeuge%20-%20Map%20016
    Lire en détail Le siège de Maubeuge sur le site du Chtimiste


    Auguste faisait donc partie des quelques 45.000 hommes faits prisonniers ; seul un petit nombre parviendra à s'enfuir et rejoindre l'armée française ( lire  l'Odyssée du colonel Charlier sur mon autre blog)

       On n'a pas plus d'information sur sa captivité, il reste un pourcentage de fiches non encore en ligne sur le site du CICR, et les "MI" sont de celles-là. Cependant, connaissant la date de son décès, j'ai pu retrouver les circonstances :

    CICR + Micheaux

    Enterré à Doberitz

    Döberitz lager



    MICHAUX ?  verstorben 11/9/15 im Kriegs Gefangenen Lazarett Rohrbeck, Rückenschuss.

                   Mort à l'Hopital des prisonniers de guerre de Rohrbeck, atteint d'un coup de feu dans le dos.

         Cherchait-il à s'évader du camp de Döberitz ? La citation pour la MÉDAILLE MILITAIRE attribuée en 1924 (Journal officiel du 20 Novembre 1924) apporte une précision  :

         Soldat courageux, ayant donné l'exemple du devoir au cours du siège de Maubeuge en Septembre 1914. Lâchement assassiné par une sentinelle allemande, le 11 septembre 1915, dans un camp de prisonniers.
    Croix de guerre avec étoile de bronze

                                                            

     

    MICHEAUX AC citationJO
    ( extrait du Journal Officiel )

            Il  est probable qu'Auguste MICHEAUX ait été transféré dans un camp proche de l'hopital : celui de Döberitz -à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Berlin - et son camp de prisonniers de guerre situé au fond du terrain de manoeuvres et camp militaire.

    Rohrbeck_Döberitz

    Rohrbeck_Döberitz_Friedhof
    vue aérienne du cimetière en 1945

         Le cimetière où fut originellement inhumé Auguste MICHEAUX est maintenant disparu (situation).
    305 prisonniers décédés y ont été inhumés, un monument créé par un sculpteur français prisonnier y a été élevé en 1918 : emplacement. (52°32'16.2"N,13°01'26.2"E).


    Il est situé un peu à l'est du site olympique de 1936 dont la plupart des bâtiments sont encore visibles (Olympisches Dorf).

  • monument Rhorbeck 1 monument Rhorbeck 2
    (photos de ce site allemand)

        De nombreuses et très belles photos du monument dans un reportage sur ce forum russe. La statue représente une femme courbée en pleurs, cachant son visage, placée sur un haut piedestal, et appelée en allemand "Weißen Maria" (Marie la blanche), "Белая Мария" en russe.

    Furent enterrés dans le cimetière :

    • 186 soldats Russes,
    •  53 soldats Français,
    •  38 soldats Britanniques,
    •  25 soldats Italiens,
    •   3 soldats Roumains.

    Les victimes françaises ont été ré-inhumées en 1927 en France, probablement toutes à la Nécropole de Sarrebourg
    Les restes des Italiens et  Britanniques ont été enterrés au cimetière de Stahnsdorf. (Enclave appelée Berlin South-West pour les Britanniques)
    Les soldats Russes étant ceux du tzar, après la partition de l'Allemagne l'URSS n'a plus entretenu le monument qui a été "oublié".
    De chaque coté les plaques gravées appellent au souvenir : l'une en français, anglais, italien et russe, l'autre en latin.

    A NOS CAMARADES FRANÇAIS ET ALLIES MORTS EN CAPTIVITE

    IN MEMORY OF OUR BRITISH COMRADES AND ALLIED WHO DIED IN CAPTIVITY

    AI NOSTRI CAMERATA ITALIANI E ALLEATI MORTI IN CAPTIVITA

    РУССКИМъ И СОЮЗНИКАМъ ПОГИБШИМъ въ ПЛѣНУ

    illis qui pro patria illo ??? ceciderunt exsilio antequam ineffabilia reditus gaudia tangerunt hoc monumentum suae pietatis testimonium ad perpetuam reliquerunt amici memoriam.


    A ceux qui pour (leur) patrie sont morts en exil avant l'ineffable joie du retour, ce monument a été érigé en témoignage du perpétuel souvenir de leurs amis.

         En 2010, les visiteurs allemands et russes signalaient que ce monument oublié était sur un terrain privé dont le propriétaire n'avait aucune envie de voir des visiteurs. J'ignore si en 2016 la situation a changé.


    La fiche Mémoire des Hommes d'Auguste MICHEAUX :

    MDH MICHEAUX AC

         La transcription du jugement de décès ne nous en apprend pas plus, mais précise qu'il était célibataire et employé de banque :

     

    jugement

         Après la guerre, son corps a été rapatrié à la Nécropole Nationale des Prisonniers de Guerre Français de Sarrebourg (Moselle) où il repose tombe n°7949 parmi 13.220 autres :


    MICHEAUX A1

    MICHEAUX A2

    Son nom figure  au Livre d'Or de la Ville de Valenciennes,

    Livre d'or Vals MICHEAUX AC

    ainsi que sur le monument aux morts :

     PICT1992 P1020596


         Le monument valenciennois aux 127° et 327° RI (devant la caserne Vincent) rend également hommage aux combattants du 2°RIT :

    P1050756

       
    Les campagnes d'Auguste MICHEAUX contre l'Allemagne sont comptabilisées du 3 Août 1914 au 11 Septembre 1915.


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  • LALOUX Paul Marcel

       Né le 6 mai 1886 à Lille, fils de Louis Joseph et de RUMPTEAU Pauline Henriette, il est de la classe 1906. Inscrit n°134 de la liste de Lille-Centre, matricule 6234 au recrutement de Lille, classé dans la 1ère partie de la liste en 1907, il est déclaré "Bon pour le service armé". Affecté au 148e régiment d'infanterie en garnison à Rocroi et Givet, il arrive au corps le 9 octobre 1907 sous le n°12606.
    Il est envoyé dans la disponibilité le 25 septembre 1909, "certificat de bonne conduite accordé"
         Alors dans la réserve d'active, il effectue dans ce même régiment une première période d'exercices  du 30/08 au 21/09/1911

    Il est affecté au 151e RI le 1er avril 1914 au titre du plan XVII. Ce plan, le 17° depuis 1870, est un plan militaire de mobilisation et concentration des forces françaises. Préparé en 1913, applicable à partir du 15 avril 1914, ce sera celui d'Août 1914. Chaque unité de l'armée doit passer par trois temps : sa mobilisation, puis sa concentration et enfin sa participation aux opérations. Ce plan prévoit essentiellement attaque et défense à l'Est, négligeant de renforcer la frontière belge.

    planxvii
    Plan XVII


    Le 30 mars 1914 il épouse à Lille Jeanne Augustine CRAMETTE.  4 mois après il est rappelé à l'activité (décret du 1er Août 1914 de mobilisation générale), il arrive au corps le 3 août, matricule au n°08409. 

         Sa fiche Mémoire des Hommes :

    LALOUX Paul MDH

       Sa disparition est officialisée par un avis du 16 Août 1916, ce que validera un jugement du tribunal de Lille le 9/12/1920. Les campagnes de Paul Laloux contre l'Allemagne ("aux armées") sont décomptées du 3 août 1914 au 1er septembre 1914.
    Très grandeSon nom figure au Livre d'Or de la Ville de Lille :

    Livredor

    Il n'y a pas de nom sur le monument aux morts de Lille place Rihour :

    MaM Lille


         "Inauguré en 1927 par le maire de Lille, Roger Salengro, ce mémorial est à caractère universel et évolutif. Il rend hommage aux morts des deux guerres mondiales, ainsi qu’à ceux tombés en Algérie et en Indochine. Monument érigé pour la paix et non pour la patrie, les noms des soldats tués ne sont pas gravés dans la pierre."

    L'Historique du 151e RI nous décrit ainsi le premier mois de la guerre :

    EN COUVERTURE

    Le 151e RI appartenait à la garnison de Verdun et, fin juillet, faisait route vers le camp de Châlons pour des manœuvres quand, les événements se précipitant, il fut rappelé d'urgence dans sa caserne Miribel et dirigé aussitôt en couverture sur la frontière le 31 juillet, 5 heures.
    Le régiment va cantonner à Marchéville, Pintheville, Riaville; et, pendant quinze jours, travaille énergiquement à l'organisation défensive de cette position. L'armée allemande a envahi le Luxembourg et la région Longwy-Longuyon.
    La 42e DI dont fait partie le 151e se resserre sur Ville-en-Woëvre pour marcher au secours de Longwy assiégée.

    Pierrepont.
    Le 21 août, le 19e bataillon de chasseurs à pied, qui couvre la DI, prend contact avec l'ennemi dans la région de Domprix; après un combat court, mais sanglant, les chasseurs se replient sur le gros. Le lendemain, la marche en avant est reprise. C'est le 151e qui est en tête, sous le commandement du colonel DEVILLE (aujourd'hui général de division, commandant le 16e C. A.), qui prend toutes mesures de sécurité malgré le renseignement apporté par la cavalerie divisionnaire
    « Aucun ennemi à moins de 10 kilomètres, vous pouvez marcher en toute confiance. » Le régiment venait à peine de dépasser Pierrepont lorsqu'il fut accueilli par une violente fusillade. Le 151e se porte tout entier à l'attaque et engage un rude combat avec les Allemands, solidement établis dans les bois. Certaines compagnies s'élancent jusqu'à sept fois à l'assaut contre les masses ennemies constamment renforcées.

    Mais la gauche des armées françaises est en retraite : la 42e DI. doit se replier. C'est au 151e que revient la lourde tâche de couvrir, dans le défilé de Mangiennes, la colonne qui se rabat sur Verdun.

         Ce premier contact avait été dur, les pertes étaient élevées : 800 hommes et de nombreux officiers : capitaines de CURZON, AWENG, de CROUEZ; lieutenants MAULNY, DARRIGOL, TROCHU, MÉNAGE, GUIONIC; adjudants-chefs BLACAS, HOENCHES.


    Bataille de la Marne.
         Le 29 août, le régiment est embarqué pour Reims où il arrive le 30. A partir de ce moment, la 42e D. I., avec une division marocaine, fait partie d'un corps combiné.
    Le 1er septembre, le 151e qui doit défendre à l'ennemi le passage de la Retourne (rivière), contient l'infanterie adverse pendant toute la journée, mais l'ordre arrive de ne pas se laisser accrocher et de rompre le contact.

          A la lecture de ce document, on remarque qu'au 1er septembre, date de la disparition de Paul Laloux, le régiment est déjà devant Reims, ce qui ne cadre pas avec le fait qu'il soit porté disparu à Gercourt dans la Meuse, lieu reporté sur les documents officiels le concernant.

    • Soit Gercourt n'est pas son lieu de disparition,
    • Soit sa disparition a eu lieu plus tôt et n'a été constatée que le 1er septembre, ce qui parait étonnant pour un régiment qui compte bien évidemment ses effectifs, d'autant plus qu'il est en guerre, et -notamment-  lorsqu'il s'agit de prendre le train, et le 1er septembre, le régiment défend La Retourne, affluent de l'Aisne 30km au Nord de Reims, au cours Est-Ouest jusqu'à Neuchatel-sur-Aisne, le long de l'actuelle D925.
    • Soit ..........

        Le Journal de marche et Opérations du régiment, s'il est plus précis, n'apporte aucune confirmation, au contraire :
    Du 31 juillet au 30 août le régiment se porte au devant de l'ennemi, puis reflue, effectuant un périple Verdun (Caserne Miribel) - Verdun (Gare)

    Verdun-VerdunDans l'itinéraire ci-dessus, GERCOURT (P) a été ajouté sur le parcours décrit par le JMO, c'est un point de passage plausible.

    Verdun Reims
    Ligne Verdun-Reims


          Le régiment embarque effectivement pour Reims, où dès son arrivée au soir du 30 août, le JMO confirme qu'il avance jusqu'à La Retourne, où il prend position de L'Ecaille à St-Rémy-le-Petit, puis regagne son cantonnement initial de Courcy le 2 septembre, il ne pouvait être à GERCOURT le 1er.

    Reims-Reims
        

        La citation de Paul LALOUX pour la médaille militaire accompagnée de la croix de guerre avec étoile de bronze (JO de 1922) :

    LALOUX Paul JO 1922 vol3

    (tableau spécial de la médaille militaire à titre posthume)



         Sans nouvelle, sa famille - dont son épouse réfugiée à Marseille - a cherché à savoir par l'intermédiaire de la Croix-Rouge s'il n'avait pas été fait prisonnier. On trouve dans leurs archives en ligne deux fiches témoignant de ces recherches, pour lesquelles la croix-rouge n'a pu renseigner ses proches :

    C_G1_E_13_01_1204_0163_0  C_G1_E_13_01_1204_0164_0
    Les recherches vont du 10 mars 1915 au 5 octobre 1918 (versos des fiches).

        On remarque sur l'une des fiches que Paul LALOUX est signalé comme étant au 351e RI, le régiment de réserve du 151e : effectivement la lecture de l'Historique du 351 relate la journée du 1er septembre 1914 : combat de Gercourt. Il était donc affecté au 351eRI, ce qui parait logique vu son âge : 28 ans.

    Le parcours du soldat était régi par un calendrier qui était pour cette classe le suivant :

    1. Classe ou année de recrutement = année de naissance +20 = 1906
    2. Service dans l'armée d'active et période de disponiblité (dispenses éventuelles incluses) : 4 ans : jusqu'en 1910
    3. Dans la réserve d'active durant 11 ans soit jusqu'en 1921
    4. Dans l'armée territoriale : 7 ans : jusqu'en 1928
    5. Dans la réserve de la territoriale : 6 ans
    6. Date de libération du Service militaire (sic) : 1934 - il aurait eu 48 ans.


    JMO du 351e RI :

         "Le télégramme de Mobilisation générale parvient à Verdun [où se trouve le 151e RI] à 15h, fixant au deux août le premier jour de la Mobilisation.
         "Les officiers, sous-officiers et hommes de troupe du 151e Regt. d'Inf. désignés pour entrer dans la constitution du 351e Regt d'Inf. de Réserve s'embarquent à 6 heures en gare de Verdun sous le commandement du chef de bataillon Destival à destination de St. Quentin, lieu de mobilisation du dépôt et du régiment de  Réserve. Ils suivent l'itinéraire prévu Sedan-Hirson et parviennent à destination à minuit.
    (...)
         Les réservistes se présentent au point de convocation : 22, Boulevard du 8 octobre.
      

  • HISTORIQUE du 351e RÉGIMENT D'INFANTERIE

    La Guerre de mouvement

    Le 351e RI, constitué à St Quentin, part, le 5 août pour Verdun [le JMO précise : via Tergnier, Compiègne, Soisson, Fismes, Reims, Challerange, Ste Menehould, Verdun] où il entre dans la composition de la 72e Division d'infanterie attachée à la place.
         Du 6 au 11 août 1914, le régiment exécute des travaux de défense à Bezonvaux et Ornes. Du 12 au 17, cantonnement à Verdun.
       Le 17, le 351e se porte sur Trésauvaux où il reste jusqu'au 20, après avoir détaché deux compagnies à Louvemont, pour exécuter des travaux à la cote du Poivre et à la cote 378, au sud des Chambrettes
         Le 24 août au matin, le régiment est à Fromezey où il est arrivé après avoir cantonné, le 21 à Fresnes, le 22 à Riaville.

    Combat d'Etain (24-25 août 1914)

        Le 24 août, le 351e reçoit l'ordre d'engagement et se porte en avant avec la 72e D.I., qui relève la 67e D.I. au combat. Le régiment reste sous le feu d'artillerie toute la soirée, entre la route et le moulin d'Etain, puis reçoit un ordre pour une attaque de nuit dans la direction des carrières de Behaux. Le 6e bataillon, seul engagé, culbute les avant-postes ennemis, mais ne peut poursuivre en raison du mélange des unités dans la nuit. Le chef de bataillon DESTIVAL rallie son bataillon et le ramène en arrière à Foameix où il bivouaque, tandis que le 5e bataillon passe la nuit à la sortie ouest d'Etain
        Le 25 août, le régiment reprend le combat à l'est du moulin d'Etain, avec deux compagnies détachées aux fermes de Bloucq et Roger-Champ ayant des fractions avancées à la lisière ouest du bois de Tilly.

        Vers 11 heures, a lieu un mouvement de repli sur Fromezey, puis quelques instants après, le régiment, en raison de nouveaux ordres, se porte sur Ornel qu'il enlève à la baïonnette. L'ordre de cantonnement, le 25 au soir, envoie le régiment à Châtillon-sous-les-Côtes d'où il repart presque aussitôt pour Verdun et Bras où il est le 27 au matin.

        Du 27 au 30 août, repos - avant-postes à la cote 344 avec grand'garde à Samogneux et cantonnement à Champneuville le 30.

    Combat de Gercourt (1er septembre)

         Les Allemands ayant franchi la Meuse à Sivry, le 351e est envoyé sur la rive gauche de la Meuse le 31, et il relève, le 1er septembre, le 54e R.I., en avant de Gercourt - lisière est du bois Juré, en liaison à gauche avec le 362e R.I.

        L'artillerie allemande, placée sur les hauteurs au nord-est de Consenvoye, inflige des pertes assez fortes. Vers 16 heures, le combat d'infanterie s'engage. Notre artillerie provoque des pertes sérieuses dans les colonnes allemandes, sans pouvoir arrêter leur progression. Dans la soirée, le régiment recule sous la poussée de l'ennemi, après avoir subi des pertes par le feu des mitrailleuses et du fusil. Les éléments groupés à Cuisy sont constitués en quatre compagnies, sous le commandement du capitaine HUET, commandant le régiment, le lieutenant-colonel [Poignon] ayant été blessé. Le régiment est porté à la cote 287 où il reste jusqu'au 3 septembre dans la nuit. A ce moment il reçoit l'ordre de rentrer à Verdun et y reprend ses cantonnements jusqu'au 6 septembre.

     

     Verdun-verdun 351

    Noter dans cette liste de lieux des noms qui vont devenir tristement célèbres après l'attaque allemande sur Verdun du 21 février 1916.

    Gercourt ne sera pas épargnée, elle restera sur la ligne de front :

    ruines église


    La commune sera décorée comme bien d'autres de la croix de guerre le 5 février 1921 :

    citation gercourt
    JO du 11/02/1921



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  • LALOUX André Raymond

        Né à Lille (et y résidant) le 31/07/1895, il est de la classe 1915 ; ayant probablement quitté la ville à l'arrivée de l'armée allemande (Lille, bien que déclarée "ville ouverte" dès le début de la guerre, subira le 13 octobre un intense bombardement, détruisant 882 immeubles et 1500 maisons) , il s'engage à Gravelines le 18 octobre 1914 "pour la durée de la guerre". Matricule au recrutement n°4632, et 3086 au corps, le 6e Régiment de Hussards. Le "certificat de bonne conduite" lui est accordé à l'issue de ses classes, il est nommé soldat (cavalier) de 1er classe le 03/09/1917.

    Son État Signalétique et des Services n'indique aucune blessure et le situe :

    • au 15e Escadron du Train à compter du 26 février 1919, (date de sa démobilisation)
    • au 1er escadron du Train le 1er septembre 1920 et affecté au plan "P" (pour Pologne, prévu en cas d'invasion de celle-ci),
    • affecté spécial à la Compagnie des Chemins de Fer du Nord (Lille-Délivrance) au 5 juin 1922 puis réaffecté au 1er ETM le 6/10/1922,
    • il passe au train automobile n°1 en 1928, puis au train hippomobile en 1931,
    • enfin il est noté "sans affectation" le 15/4/1937
    N'oublions pas que la durée du service (active, réserve, territoriale) est de 29 ans il a été "libéré des obligations militaires" par la suite.

       Il a donc fallu examiner l'historique du 6e Hussards, ainsi que son Journal de Marche et Opérations pour suivre son parcours de guerre. Sa campagne contre l'Allemagne étant décomptée à partir de sa date d'engagement, il aura droit  en octobre 1918 de porter 7 brisques - ou chevrons d'ancienneté - sur la manche gauche (1 pour la première année, puis 1 par semestre de campagne), sauf période longue hors zone du front.

    briques



    Il est une première fois cité à l'ordre du régiment le 3 septembre 1917, avec d'autres cavaliers du régiment,  il est au 2e escadron :

    Ordre du régiment n°185

    "Au moment de l'attaque a assuré le service de coureur sous un violent bombardement avec le plus grand dévouement et mépris absolu du danger"

    JMO 6e Hussard 37de101 1917

     C'est à cette date qu'il passe cavalier de 1ère classe.

         Rappelons que le coureur, ou agent de liaison, qui ne pouvait guère s'abriter, devait porter le plus rapidement possible des messages entre PC, et en rapporter la réponse. Il était choisi pour ses qualités : de mémoire, de vigilance, de sang-froid, d'orientation et d'observation ; ayant la confiance du commandement et de ses camarades, il devait être à même de passer les consignes en cas de blessure.

    Ainsi par exemple, le 6 septembre, le cavalier HIPPOLYTE (3e esc. 6e Hussards), pris dans un violent bombardement par obus spéciaux, meurt des suites de l'intoxication. Il était détaché comme coureur auprès de l'Infanterie Divisionnaire 20.

    Le cavalier JEANNETS, du même escadron, également coureur, a été, lui aussi, grièvement blessé et intoxiqué par un de ces obus, (décédé un peu plus tard). Tous deux ont été cités à l'ordre de l'I. D. 20,

    Un très beau monument dédié à Ferdinand MARCHE, le coureur de Verdun décédé en 1916, rappelle le sacrifice de ces soldats :

    coureur

         Le cavalier LALOUX sera cité une nouvelle fois, à l'ordre de la Division le 3 juillet 1918, ce qui lui vaudra la Croix de Guerre avec une étoile de bronze :

    92218045 Extrait de l'Ordre [de la 123e Division d'infanterie] n°159

    "S'est porté sous un violent bombardement au secours d'un de ses camarades qui venait d'être mortellement blessé"

    JMO 6e Hussard 63de101

     
    Parcours du 6e Régiments de Hussards :

        La durée des classes d'un engagé volontaire pouvait aller jusque 6 mois, mais devant l'hécatombe elles ont été portées à 3, voire 2 mois. On ne connaît pas la date d'arrivée au corps de LALOUX André, peut-être fin 1914 : je commence donc la rédaction à la mobilisation.

    • Parti de Marseille (quartier Beauvau, Rue de Toulon, Marseille-Menpenti) le 6 août 1914, le régiment débarque à Vézelise au sud de Nancy le 8, et participe à l'offensive de la IIe armée en Lorraine. Il passe la frontière (franco-allemande des provinces occupées) et stationne à Bourdonnay le 16.
    • Le 19 Août c'est la bataille de Dieuze et la retraite jusque Lunéville
    • A partir du 3 septembre, le régiment se porte sur Sermaize-les-Bains et participe aux combats de Sermaize et Vassincourt à la suite desquels il poursuit l'ennemi qui recule jusque dans la région de Verdun.
    • Le 22 octobre il quitte Marre pour la Belgique, le 27 il est mis à la disposition de la 42 D.I. à Avecapelle pour la défense de la ligne Nieuport-Dixmude. Le 5 décembre 1914, il retournera prendre le service aux tranchées dans la région de Verdun jusqu'au 31 mai 1915:
    • Le 1er juin1915, il prend les tranchées à Melzicourt jusqu'au 14 Aout, puis part une semaine en repos à Sivry-sur-Ante, et en manoeuvres dans la région de Fismes jusqu'au 13 septembre, d'où un détachement part pour l'offensive de Champagne, objectif : Juvincourt-et-Dammarie, cependant que le régiment ( qui a toujours ses chevaux)  stationne à Favreolle et prend les tranchées face à Craonne avant de séjourner près d'Epernay.

    • Le 8 décembre 1915, le régiment, morcelé en de nombreux détachements, retourne en Champagne, puis se rassemble à Pringy-sur-Marne le 17 mai 1916, d'où les 8 pelotons (1 à cheval, et 7 à pied par camions-autos) vont être dirigés sur la féroce bataille de Verdun.
    • Il y reste jusqu'au 31 décembre 1916, date à laquelle a lieu la dislocation du 6e hussards, qui ne sera reconstitué que le 5 avril 1917 pour la préparation de l'attaque en Champagne. Entre-temps les escadrons sont affectés aux 123e et 126e D.I.

    • En Champagne il fait partie d'une Brigade provisoire composée près de Châlons et mise à la disposition du 8e Corps d'Armée (Général Hély d'Oissel) puis dissoute le 23 avril après des opérations en Champagne (Mont-Cornillet, Suippes) : le régiment passe au 15e CA et gagne par étapes la région de Verdun. Durant 2 mois il sera aux tranchées : Dugny, Hardaumont ; le 26 juin 1917 les escadrons gagnent Bar-le-Duc où ils feront de l'instruction.
    • Le 3 Août, sous le commandement du Cel Rolloy le régiment se distingue sur le front de Verdun  pendant la grande attaque d'août 1917 dirigée par le général Pétain. Le 18 août les hussards subissent un violent bombardement par obus asphyxiants, le 3 septembre a lieu vers 21 heures une attaque à la bombe et à la mitrailleuse particulièrement violente, par les avions allemands, (environs de Lempire) ;
      c'est à cette date que le hussard LALOUX est cité à l'ordre du régiment.
    • Le 15 septembre le 6e hussards est envoyé au repos dans la région d'Arcis sur Aube d'où il repart le 6 octobre pour un nouveau champ d'opérations dans .la région de Nancy ; il y restera jusqu'au 10 juin 1918, alternant périodes de cantonnement et présence au front.

    • Du 10 juin au 1er octobre 1918 le régiment est à la poursuite des forces allemandes en retraite, région de Compiègne puis Noyon :
                  C'est le 2 juillet que le hussard LALOUX, du 2e escadron, sera (avec d'autres) cité à l'ordre de la 123e Division.


    •  A partir du 1er octobre, les forces allemandes battent en retraite, depuis la région de St-Quentin jusqu'en Belgique :
      • le 4 novembre la 123eDI franchit le canal de la Sambre en faisant 1375 prisonniers.
      • le 5 le 2e escadron envoie une reconnaissance  (à cheval) au-delà du canal ; le lendemain est prévue l'attaque du Nouvion.
      • le 6 le 2e escadron se porte en avant vers le Nouvion-Etroeungt, l'un de ses pelotons pousse jusqu'à Garmouset puis Fontenelle il sera le 7 à Floyon le 8 en direction de Glageon où il sera le 9 avec l'Etat-Major, tandis que le 10 le maréchal des Logis Autrand fait connaître par estafette qu'il a passé la frontière de Belgique à 7h15 et gagné Macon.
      • Le 11 novembre 1918, la poursuite s'accentue, malgré la forte résistance de l'ennemi qui protège ses mouvements .
        "Depuis le matin, il est question un peu partout d'un ordre de cessation générale des hostilité le 11/11 à 11heures, mais le colonel Flatters n'a pu en obtenir confirmation officielle et n'a pu par conséquent avertir ses éléments avancés."

    • Du 13/11/1918 au 29/07/1919 : le 6e Hussards se rend d'abord dans la région de Paris, puis gagne la Lorraine par étapes durant le mois de février et sera le 14 mars à Sarrebrück. Les préliminaires de paix ayant été signés à Versailles le 28 juin, le 6e hussards recevra le 25 juillet l'ordre de rejoindre sa garnison à Marseille où il sera au complet le 3 août, très exactement 5 ans après la déclaration de guerre.


    Rentré dans ses foyers, André Raymond LALOUX se marie à Lille le 14 mai 1921 avec Angèle Albertine Favier, il travaillait aux transports Pierchon à Lille. Quand il a pris sa retraite au début des années 60, il était le dernier livreur en voiture à cheval ; il décède (à Lille) le 10 janvier 1979.

         Un dernier détail, plutôt amusant après coup; dans son état signalétique établie en 1914, puis complété au fur et à mesure : la rubrique "degré d'instruction" est censée indiquer -sauf précision- par un nombre le niveau d'instruction générale, de 0 pour le jeune homme qui ne sait ni lire ni écrire, à 5 pour les bacheliers, licenciés, etc...

    ESS
    Dans ce cas précis, c'est une d'une instruction
    pour le tir au fusil-mitrailleur dont il s'agit ........

 

 
smiley (quelques probables ajouts à venir .....)

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  • LALOUX Armand Louis

         Né à Lille le 13/05/1893, il est de "la classe 1913", n°144 de la liste du canton de Lille-Centre, classé dans la 1ère partie de la liste il est "bon pour le service" avec le matricule 6368 au recrutement.
    Il est incorporé le 28/11/1913 au 110e régiment d'infanterie, matricule 5568.

        C'est donc durant son service que la mobilisation générale est déclarée le 2 août 1914 : son parcours de guerre va suivre celui de son régiment, en garnison à Dunkerque, qui le 7 août s'embarque pour Hirson (Aisne) : 58 officiers, 3366 hommes. A marche forcée, il atteint la Meuse au Nord de Dinant le 15 Août pour empêcher l'ennemi de la franchir, mais malgré les efforts, celui-ci continue son avance, forçant le régiment à reculer : via Le-Hérie-la-Vieville, il atteindra Reims le 14 septembre, d'où il repart pour occuper le secteur de La-Ville-au-bois, qu'il quittera le 9 décembre pour cantonner à Fismes.



        Le repos est de courte durée, puisque le 18 décembre le régiment débarque à Cuperly et rejoint la zone Somme-Suippes/Somme-Tourbe où il prend part à diverses attaques infructueuses.

    Le 21 janvier 1915 2 bataillons vont occuper le secteur des tranchées brunes.

    Dans ces tranchées célèbres, conquises naguère par le 17e Corps d'armée, encombrée de cadavres dont les corps amoncelés constituent parfois des parapets, la boue est un ennemi redoutable. Les cas de pieds gelés sont nombreux. L'espace compris entre Mesnil [les-Hurlus] et Laval [sur-Tourbe] n'est lui aussi qu'un immense bourbier. Pas d'abris, des tanières où l'on se couche à même le sol. Les abris Guerin ne valent guère mieux et Laval laisse même à ceux qui y ont passés le souvenir d'un caravansérail où toutes les armes s'entremêlent, où les hommes voisinent avec les chevaux, hésitant entre la terre détrempée et la paille pleine de vermine des cantonnements.
    En ligne, les comptes-rendus mentionnent quotidiennement de violents bombardements ou de longues fusillades presque toujours sans motif. les canons-revolvers de l'ennemi nous causent des pertes sérieuses.
    Jusqu'aux attaques, la vie était cependant supportable. Le 3 février, une compagnie ennemie, partant des Bois-Jumeaux, attaque une section de la 7e compagnie
    (1) commandée par le sous-lieutenant Evin. Sa belle attitude contraint l'assaillant à battre en retraite, laissant sur le terrain une quarantaine de morts et blessés.
    Le 7 février, la 5e Cie, sous le commandement du capitaine Debacker, s'empare sans coup férir des Bois-Jumeaux. L'opération de grande envergure annoncée pour le 12 février est différée à cause du mauvais temps. Elle est reprise le 16 pour les 1er
    (2) et 17e Corps d'Armée.
    Les bataillons sont massés suivant le dispositif prévu. Le bataillon d'attaque (3e) est rassemblé à 2h du matin dans la place d'armes à l'est du Bois Lorrain; il est appuyé par la 5° compagnie. Le 1er bataillon occupe  à 4h les tranchées et les boyaux au sud du Bois Jaune. Le 2e bataillon (troupe de tranchée), celles de première et de deuxième ligne.
    A midi trente, le 3° bataillon, entraîné par le chef de bataillon David, a mis sac à terre; baïonnette au canon, sans tirer un coup de fusil, il s'élance à l'assaut et s'empare de toute la partie ouest des tranchées Blanches.
    Le 1er bataillon (commandant Dujardin), descendant par les boyaux prononce son attaque sur la droite du 3° bataillon et se dirige rapidement sur la partie est des tranchées Blanches, dont il s'empare. Le gain total est d'environ huit cents mètres de tranchées(2).
    L'ennemi se ressaisit vite, Le nombre de ses contre·attaques (trois le 16 février), toutes menées furieusement, indique sa volonté de reprendre ses positions.
    ..............

    (1) Compagnie d'Armand LALOUX, élément du 2e Bataillon.
    (2) Le 110e RI fait partie avec les 8e, 73e, 73e RI et le 72eRIT de la 2e Division, 1er Corps d'armée (IVe Armée)
    (3) 800m de tranchées, séparées par quelques 50m le territoire reconquis est de 4Km² ......

    in "Pages de gloire du 110e RI", librairie Chapelot, Paris

    19150216


     

         Le secteur des combats du 16 février se trouve maintenant à l'intérieur du camp militaire de Suippes qui ne se visite pas, sauf en de rares  exceptions : les " Journées des Villages Détruits". C'est en effet le cas de Tahure, Perthe-les Hurlus, Le Mesnil-les-Hurlus et Hurlus qui n'ont pas été reconstruits et dont les noms ont été rattachés aux villages voisins (et hors du camp) ( en voir les vestiges sur ce site)

    Camp de Suippes


    Certains noms, comme le Bois Jaune, apparaissent encore sur les cartes actuelles de l'IGN :

    CdS
    On peut également, en zoomant sur le site Geoportail apercevoir encore les tracés de tranchées.

         J'arrête ici le récit tiré de l'historique du régiment, puisqu'à la date du 16 février 1915 le soldat LALOUX Armand est blessé à la tête et perd l'oeil gauche, ce qui lui vaut citation et récompenses : Médaille Militaire et Croix de guerre avec palme

    MM

    blessure citation

     

    CGP

     

    l'arrêté parait au Journal officiel du 21/09/1915.

    citationMM


         Il a été nommé caporal le 13 mai 1915, et proposé pour une pension de retraite le 11 août, elle lui sera attribuée le 15 avril 1916, le rendant ainsi à la vie civile.

    JO 19160512 pension

    Il épouse à paris Marie BURRIEZ le 29/12/1917 et décède à Cannes le 09/12/1982.


    smiley (quelques probables ajouts à venir .....) 

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  • NOTELET Victor Druon


           Né à Sebourg le 23 Mai 1887, Victor Druon Alexandre "est de la classe" 1907. Boulanger à Rieux-en-Cambrésis, alors que ses parents habitent Solesmes, n° 99 dans ce dernier canton, il est classé dans le 1ère liste sous le numéro Matricule 2119 au centre de recrutement de Cambrai.
           Incorporé à la 1ère Section de Commis et Ouvriers Militaires à compter du 7 octobre 1908 sous le matricule 1965. Il passe soldat de 1ère classe le 27/09/1909, et dans la disponibilité de l'armée active le 2 septembre 1910 (même section de C.O.M.).
    "Certificat de bonne conduite accordé"
           Il accomplit une période d'exercice dans la 1ère Section de Commis et Ouvriers Militaires et d'Administration (COMA) du 20/09 au 12/10/1912.

          Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale du 1er Août 1914, il arrive au corps le 6 Août 1914.

         En 1916 il passe successivement au 66e puis au 360e régiment d'infanterie, enfin au 279e RI, 13e Compagnie le 12 février 1917.

         Le 14 juin 1917 il est blessé par éclat d'obus à Vauxaillon : "plaie pénétrante à la cuisse gauche". Victor Druon décède le 22 juin 1917 à deux heures des suites de ses blessures de guerre à l'ambulance 237 (Élément Non Endivisionné), secteur postal 162, sous les ordres du médecin major de 1ère classe Henri Gilliard.

         Il est d'abord inhumé au cimetière civil de Soissons : tombe E 556 (Avis Ministériel 2069B du 4 juillet 1917),  puis à la Nécropole Nationale de Crouy, rénovée en 2014, tombe E 277.

    NNCROUY

    Sa tombe, après rénovation ; l'erreur sur son second prénom subsiste, la demande de rectification est en cours

    CROUY02NOTELETVictorN1

Déclaré "Mort pour la France".

  • NOTELETVD
    Sa fiche MDH a laissé penser que le second prénom était Dinon,
    ce qui a été rectifié, de même que sur sa fiche "Sépulture de Guerre".


          Le Journal de Marche et Opérations du 279eRI n'est pas disponible pour cette période, voici un extrait de l'historique, beaucoup plus succinct :


    PÉRIODE DU 15 AVRIL AU 16 AOUT 1917

         Vers le 15 Avril 1917, le régiment (faisant alors partie de la 70ème D. I.) est retiré de cette division et du secteur qu'il occupe dans la région Parisis-Ferme.

    Il part au repos, et formera avec le 262ème et 308ème R. I. la 81ème division :  Général PAJOLLE commandant cette division, le Colonel VINCENDON commandant l'Infanterie Divisionnaire.
    Dès que cette division est formée, elle est dirigée sûr le secteur Vauxaillon-Laffaux où elle relève une division coloniale. Le secteur du régiment part de la ferme Moisy et carrières Moisy (à droite inclus), au Mont des Singes (à gauche exclu). Il y a à droite le 308ème R. I. qui garde le bois 160, et à gauche le 262ème R. I. qui garde le Mont des Singes.

         Le régiment a trois compagnies en ligne, de la gauche à la droite : 13ème, Lieutenant PELLOT ; 14ème, Capitaine PARROT ; 17ème, Lieutenant RICHARD ; 2ème en soutien ; 18ème à gauche ; 15ème à droite; la 19ème est au point 152.2 et au talus du chemin de fer. Le 6ème bataillon (Commandant PEROTEL) est dans un bois et dans les carrières à l'arrière.
    Le 16 Mai matin, vers 3 heures 45, les Allemands déclenchent une forte attaque sur tout le front de la division.
    Sur la droite du régiment (17ème et 14ème compagnies), cette attaque échoue, mais sur la gauche des éléments allemands qui s'étaient emparés de la position gardée par le 262ème R. I., réussissent à faire lâcher pied à la 13ème compagnie, font plusieurs prisonniers à cette compagnie dont le commandant qui avait son P. C. en 1ère ligne.

         La 15ème compagnie (Capitaine HEFTY) est chargée de contre-attaquer pour rétablir la situation. La section du Lieutenant TEILLAS chasse les boches de la position qu'ils occupaient tant sur le secteur du 279ème R. I. que sur celui du 262ème R. I. Une trentaine d'ennemis sont tués et une quinzaine sont prisonniers.
    A la suite de cette attaque, le Lieutenant TEILLAS est promu Chevalier de la Légion d'Honneur et le régiment obtient une citation à l'ordre Corps d'Armée.

         Le 279ème R. I. tient le secteur pendant quarante jours, il est relevé vers le 20 Juin, par la 62ème D. I. (307ème, 278ème et 338ème R. I) et va au repos à Vauxrezis et environs dans les baraquements où il reste un mois.



    Vauxaillon 81DI_IDCarte issue du JMO de l'infanterie Divisionnaire de la 81e DI montrant
    le secteur occupé par le 279°RI à l'est devant Vauxaillon,
    entre le Mont des Signes au Nord et la Ferme Moisy au Sud.
    (Les Allemands font face à l'est de cette ligne)

    LigneHLa Ligne Hindenburg, jusque Laffaux :




    La ferme Moisy, vue actuelle.

    81DI
    Extrait du JMO de la 98e DI, juin 1917.
    Violentes actions des artilleries le 14 juin, date de la blessure de Victor NOTELET.

     
    Sa campagne contre l'Allemagne est décomptée du 6 Août 1914 au 23 Juin 1917.
         Le soldat de 1ère classe NOTELET Victor figure dans la liste des pertes du régiment, mais en Août 1917 - probablement du fait de son décès à Soissons.

    CITATION de 279ème RÉGIMENT D'INFANTERIE pour cette période :


    Par ordre général N° 178 du 24 Mai 1917, le Général Commandant le 37ème C.A. cite à l'ordre du Corps d'Armée le 279ème Régiment d’infanterie.

    « Le 279ème Régiment d’infanterie, sous les ordres du Lieutenant-Colonel BOISSELET, le 16 Mai 1917, devant Vauxaillon (Aisne), au cours d’une violente attaque précédée d'un fort bombardement, a résisté pendant plusieurs heures à des assauts réitérés qui furent tous brisés. Alors que son 5ème bataillon, plus vivement attaqué, conservait toutes ses positions, grâce à l'énergie au courage et à l'exemple de son chef, faisant des prisonniers et causant de lourde pertes à l’ennemi, son 4ème bataillon s'est spontanément, tout en maintenant la défense de ses tranchées, porté énergiquement et habilement au secours d'un régiment voisin, dont la situation était particulièrement délicate, et l’a puissamment aidé, par son intervention, à repousser les troupes assaillantes ».



    Le nom de Victor NOTELET est inscrit sur le monument aux morts de Sebourg :

    67237121 P1030730



    et figure dans le Livre d'Or du ministère des Pensions :

    NOTTELETVLO



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  • TISON Georges Joseph

         Né le 1 juin 1891 à Obies (Nord), il est de la classe 1911. Nous n'en saurons pas plus sur son parcours militaire  avant-guerre, les archives ayant brûlé lors de l'incendie qui ravagea le centre ville de Valenciennes - dont la mairie - en mai 1940. En lieu et place de l'Etat Signalétique et des Service qui relatait son parcours figure un Feuillet Nominatif de Contrôle, rempli avec les renseignement fourni par les intéressés ou leur famille.
    Celui de Georges Tison ne comporte que son numéro d'inscriprion sur la liste du recrutement de Valenciennes (380) ainsi que son numéro matricule : 1727.

        Il est probable que comme ceux de sa classe, il a rejoint le corps où il était affecté en novembre 1912 pour, sauf dispense article 21 pour causes familiales, une durée de 3 ans.
    Il est donc sous les drapeaux lorsque la mobilisation générale est décrétée le 2 août 1914.

    TISONGeorges



         La suite ressort des documents que l'on peut trouver suite à sa mort en décembre 1914, à commencer par sa fiche mémoire des hommes.

    MDH Tison Georges new

         C'est donc au 168e régiment d'infanterie qu'il est affecté, en tant que sergent, matricule au corps : 809. L'historique du 168e permet d'en retracer les grandes lignes du parcours :

    168ème RÉGIMENT D’INFANTERIE HISTORIQUE 1914-1918



    LES ORIGINES DU RÉGIMENT
    La MOBILISATION

         Au moment de la déclaration de guerre, le 168e, jeune Régiment, créé en 1913, fait partie de la garnison de Toul.

    Sauf l'Etat-major du 3e Bataillon et deux Compagnies, les 9e et 10e, qui sont détachées au fort de Frouard, il occupe dans la ville la caserne Marceau.
    Le Colonel LEBOCQ est à sa tête,
    Dès le 31 juillet conformément au plan prévu, les compagnies sont réparties dans les forts du Nord-Ouest de la Place.
    C'est là que le Régiment passe le premier mois de la guerre, continuant l'exercice, exécutant aussi, aux abords du camp retranché, de nombreux travaux de défense.

    LES PREMIERS COMBATS
    MARTINCOURT – CHAMPENOUX

         Au début du mois de septembre, les Allemands prenant comme objectif Nancy, exécutent de furieux assauts contre le Grand Couronné.
    Le Régiment participe à une série d'opérations, dont le but est de tenir la rive gauche de la Moselle, entre Frouard et Pont-à-Mousson et menacer ainsi la droite des assaillants du Grand Couronné.
    Le 5, un Régiment de marche est constitué avec des éléments de la garnison de Toul. Ce Régiment commandé par le Colonel LEBOCQ, comprend le 1er bataillon du 168e Régiment d'infanterie, une partie du 2e et un bataillon du 169e Régiment d'infanterie. Il est mis à la disposition de la 73e D.I. de réserve, qui résiste vers Martincourt.
    C'est le 6 septembre que le 168e reçoit le baptême du feu.

         Après avoir pris position devant Manonville et au Bois de la Rape, il est attaqué le soir du 6 et durant la matinée du 7 par des forces très supérieures. Les Bataillons, soumis à un violent feu d'artillerie, lâchent un peu de terrain, mais se ressaisissent et, pendant deux jours, tiennent sur place, vers le Bois de la Côte-en-Haye.
    Le Régiment de marche est relevé le 8 septembre. Le Colonel BRAULT remplace à sa tête le Colonel LEBOCQ, désigné pour le commandement de la 73e D.I.
    Il est embarqué le 8 septembre à Liverdun et passe la nuit du 9 au 10 dans les casernes d'Essey, près de Nancy.

         C'est l'heure où les attaques allemandes, pour la Ville, se font de plus en plus pressantes. L'ennemi multiplie ses efforts. Il faut dégager Nancy, coûte que coûte. Le 10, le Régiment participe à la glorieuse bataille qui obtiendra ce résultat.
    L'objectif du 168e, pour cette journée, c'est la lisière Est de la forêt de Champenoux.
    A midi, le 1er Bataillon, suivi du 2e, s'élance du château du Tramblois, enlève le Bois de Velaines et chasse l'ennemi de la partie Nord-Ouest de la forêt.
    Avec de lourdes pertes, l'objectif est atteint.
    En fin de journée, le Régiment se rassemble alors dans le bois, vers la Maison Forestière.

         Le 11, l'attaque reprend. Il s'agit d'enlever, cette fois, le village même de Champenoux. Les Allemands, appuyés par une nombreuse artillerie, se défendent avec plus d'âpreté encore que la veille. Après plusieurs assauts, des alternatives d'avance et de recul, les Bataillons s'accrochent aux lisières du village, mais ne peuvent progresser au-delà. (Le Lieutenant HARTMANN, commandant une Section de mitrailleuses, frappé à mort, crie à ses hommes en voyant s'esquisser un mouvement de recul : « Sauvez les pièces »)

    Dans ces combats, le Commandant BESSON est tué en se portant à l'attaque, en tête du 1er Bataillon : de nombreux gradés et hommes ont payé de leur vie cette première page de gloire, écrite par le Régiment. (Le Sous-lieutenant MANONI, Saint-Cyrien de la promotion 14, tombe mortellement atteint d'une balle à la tête, en entraînant crânement sa Compagnie à l'assaut du village de Champenoux)

         Le 15 septembre, le 168e regagne la région touloise et va cantonner, durant quelques jours, aux environs de Rosières-en-Haye. A ce moment, le détachement dit « de Saizerais » est constitué avec deux Bataillons de chacun des Régiments de forteresse de Toul : 167e, 168e, 169e, réunis en une Brigade et placés sous le commandement du Colonel RIBERPRAY Ce Groupement s'appellera bientôt Brigade mixte, puis Brigade active de Toul.

    Dès sa formation, le détachement de Saizerais est engagé en Woëvre.


    LES COMBATS DE MAMEY

         Après leur échec devant Nancy, les Allemands veulent forcer les Hauts de Meuse et tournent Verdun par le Sud. Dans ce but, des forces importantes s'avancent entre Meuse et Moselle, vers Saint-Mihiel et Commercy.

    Les deux Bataillons du 168e, que commande le Chef de Bataillon GOUTHAUD, entrent en ligne le 19 septembre, derrière le village de Mamey.
    Les 20 et 21, ils progressent. Après le combat, ils dépassent Mamey et s'installent aux lisières du Bois de la Lampe et sur la route de Limey à Pont-à-Mousson. Mais devant les contre-attaques répétées de l'ennemi et le repli général de la ligne française, ils abandonnent leurs conquêtes momentanées et s'arrêtent à leurs premières positions. Ils contribuent à y enrayer l'offensive ennemie.

         Le 25, l'attaque est reprise de notre part. La forêt de Puvenelle est enlevée, Mamey conquis de haute lutte. Les Bataillons progressent au-delà et, le soir du 26, leurs éléments de tête ont atteints les abords de l'Auberge Saint-Pierre. C'est là l'entrée du Bois-le-Prêtre.

    LE BOIS LE PRÊTRE

         Le 27, les soldats du 168e pénètrent, pour la première fois, dans cette forêt, désormais fameuse dans les annales du Régiment.
    Et c'est le commencement d'une période dure, mais glorieuse, pendant laquelle le 168e, sous l'impulsion successive des Colonels MAYRAN et ROLLET, et en collaboration étroite avec ses camarades de la Brigade mixte, acquerra un juste renom.

         Durant huit mois, du 27 septembre 1914 au 19 juin 1915, ce sera la lutte implacable, pied à pied, le combat de boyau à boyau, où chaque pouce de terrain est l'objet d'une sanglante rencontre.
    Les attaques se succèdent par bataillons, compagnies, sections, demi-sections. L'ennemi, qui sait l'importance de ce massif boisé dominant la Moselle et la Woëvre, résistera avec acharnement.

         Après avoir atteint, dans la journée du 26 septembre, l'Auberge Saint-Pierre, les deux Bataillons du 168e R.I. continuent, les jours suivants, leur progression vers le Nord. Ils s'enfoncent en coin dans la forêt du Bois-le-Prêtre. C'est une succession de combats acharnés qui se prolonge jusqu'au 5 octobre.

    A cette époque, le Régiment a dépassé la Fontaine-aux-Cerfs ; ses éléments de tête sont au contact des postes ennemis qui ont organisé, face au Sud, la tranchée de Fay.
    Le reste du mois d'octobre se passa en patrouilles, reconnaissances ; les bataillons creusent leurs premières tranchées. (Le 17 octobre, le chef de bataillon ROYER, du 1er Bataillon, est blessé grièvement au cours d'une reconnaissance qu'il exécutait seul dans la plaine à l'Ouest de la lisière du Bois-le-Prêtre. Il meurt 2 jours après).

         Au début du mois de novembre, les deux bataillons essaient de progresser vers la Fontaine du Père Hilarion. La résistance est dure. Après quatre jours de lutte, la tranchée de Fay est dépassée et la route de Fay-en-Haye – Pont-à-Mousson atteinte en plusieurs endroits.
    A l'issue de ces combats, à l'heure où le Régiment va goûter quelques jours de repos, le Colonel RIBERPRAY lui exprime sa satisfaction dans l'ordre suivant :

    « Après deux mois d'une vie pénible, vaillamment supportée en pleine forêt, loin de toute habitation, le 168e au complet va connaître les douceurs du cantonnement et se préparer, par un repos nécessaire, à reprendre, dans une quinzaine de jours, avec plus d'entrain que jamais, la coopération déjà si efficace que poursuit la Brigade mixte : bouter l'ennemi hors du Bois-le-Prêtre.
    « Je saisis l'occasion de cette séparation momentanée pour féliciter le 168e R.I. du bel exemple de résistance physique, de mordant et d'opiniâtreté qu'il a donné au cours d'une longue série d'attaques sous bois où les difficultés de la marche donnent au courage individuel la première place ».

         Vers le milieu du mois de décembre, le 2e Bataillon exécute une attaque locale au Bois de Mortmare.
    Sa mission est d'enlever plusieurs tranchées importantes formant saillant (1) à l'Est et à l'Ouest de la voie ferrée de Toul à Thiaucourt.

         Le Bataillon entier part d'un bel élan, mais les mitrailleuses, non réduites, balaient le terrain. En quelques heures de combat, ses pertes sont immenses. Les objectifs atteints ne peuvent être maintenus qu'au prix de sanglants efforts. La 6e Compagnie, que commande le Capitaine EYRIES, lancée en pointe et prise de toutes parts sous le feu de l'ennemi, excite l'admiration de tous. Elle est citée à l'Ordre de l'Armée :
    Le Caporal MORIN reçoit la Médaille Militaire à la suite de ces combats. « Parti avec un admirable entrain, il s'est porté seul à 30 mètres au-delà de la tranchée conquise, puis arrêté par un feu violent à quelques mètres d'un poste ennemi, a répondu par des coups de fusil à l'invitation qui lui était faite de se rendre. »


    (1) un sailant bien modeste comparé à celui de St-Mihiel  qui l'englobe .....(NDR)

    StMihiel


    Le bois de Mortmare est au nord de Flirey, à 15 km à l'ouest de Pont-à-Mousson. La voie ferrée, maintenant disparue, passait à l'ouest du village :

    277RI 19141312
    JMO du 277e RI 13/12/1914


         Les tranchées françaises (en rouge) et allemandes (en bleu) se font face au nord de Flirey, les Allemands occupant le bois. Sur cet extrait de carte de mai 1915 issue du JMO de la 77eDivision d'infanterie, le réseau des tranchées est plus dense qu'il ne devait l'être en décembre 1914, le saillant n'ayant pas été réduit.

    saillant
    Les lignes droites rouges correspondent aux directions de tirs d'artillerie.


    Cet autre extrait issu du JMO de la 76e DI montre le même secteur en décembre 1916.

    76DI 1916
    La situation n'a guère changé deux ans après,
    illustrant les difficultés auxquelles va se heurter
    le 3e bataillon du 168e RI

    La ville de Flirey, photographiée après-guerre, n'a pas résisté (au fond à gauche les ruines de l'église) :

    pan-flirey2

    si une église a été reconstruite, les ruines de la précédente ont été conservées :

    Eglise de Flirey



    Flirey et le bois de Mortmare .
    On distingue le talus de l'ancienne voie ferrée au N-O du village.



    Le Journal de Marche et Opérations du 168e RI restitue la journée du 13 décembre :

    13 décembre
    Participation du 2e Bataillon du 168e aux combats des 13 et 14 décembre

         Le 13 décembre, le 2e bataillon du 168e, Commandant Ducani participe à l’attaque des tranchées allemandes formant saillant à l’Est et à L’ouest de la voie ferrée de Toul à Thiaucourt à 800m environ de la lisière sud du bois de Mort-Mare.

         Il forme la première ligne d’attaque et est installé dans une tranchée de départ à une distance variant entre 80 et 110m de l’objectif dans la formation ci-après : à l’ouest de la voie ferrée, sur un front d’environ 200m la 7° compagnie (capitaine de Molny) ; à l’est de la voie ferrée, sur un front d’environ 400mla 6° compagnie (capitaine Eyries) et 5° compagnie (lieutenant Romand). En arrière au S.O. de la 7e Cie dans une tranchée dite principale la 8eCie (Capitaine Vanet) en soutien.


         Après la préparation intense de l’artillerie (de 7h30 à 8h) entre 8.3 et 8.7 les 7e et 8e Cies s’élancent résolument à l’assaut baïonnette haute et enlèvent l’objectif assigné. Des fractions dépassent la tranchée allemande (à la 6e Cie), d’autres s’installent sur la parapet, d’autres fouillent les tranchées ennemies. La 5e Cie soumise à un feu violent [d’artillerie et] de mitrailleuse et d’infanterie, en face d’une organisation peu endommagée par notre artillerie ne peut réussir à se porter en avant, malgré les efforts du Commandant de Cie et des chefs de section.

         Sur la voie ferrée une tranchée allemande est enlevée de vive force par des fractions des 6e et 7e Cies, renforcées par des hommes du 232e. Le sergent Floxe (7e Cie) qui en prend le commandement avec le sergent renard (6e Cie) découvre, dans une galerie de 10m environ de profondeur percée dans le déblai de la voie ferrée et se dirigeant sous la tranchée conquise par la compagnie, cinq barils de poudre noire, des mèches et des pinces de mineur. Sur les 12 défenseurs allemands de cette tranchée, onze sont faits prisonniers et dirigés sur l’arrière, tandis que le douzième un sous-officier est tué au moment où il cherche à s’enfuir.
    Pendant ce temps, la 6eVie, trop en l’air par suite de la résistance opposée à la 5e, est obligée de renoncer à enlever la 2e ligne allemande qu’elle prenait comme nouvel objectif et de s’installer avec 3 sections dans la première tranchée conquise qu’elle organise solidement. Dès ce moment elle occupe une tranchée de 150 à 180m dont le reste est en possession de l’ennemi.

         Vers 15h,  le commandant Ducani, debout sur le parapet de la tranchée de départ de la 7eCie, suivant lui-même, sous les balles, les mouvements ennemis est blessé au cou et doit être évacué. Le Capitaine Eyriès (6e Cie) remet le commandement au lieutenant de Castelbajac et bien prendre le commandement du bataillon.

    Vers 16h  la 7e Cie repousse, à l’ouest de la voie ferrée, avec le concours d’éléments de la 3e Cie et du 232e qui envoie une compagnie pour occuper solidement la tranchée, opération qui cause des pertes nombreuses.

    14 Décembre
     
        Pendant la nuit les défenseurs de la tranchée ne peuvent résister à une violente contre-attaque et se replient sur la tranchée de départ, à l’exception de la 6e qui repousse toute les attaques.

    D’autre part une violente fusillade des Allemands, s’attendant à être attaqués n’a cessé que sur l’intervention de notre canon. Pour la première fois nos tranchées sont canonnées probablement de front et de flanc (direction de Fey) par du 77, obus habituels et obus à ceinture épaisse – 3 blessés.


    Le bois de Mortmare est abondamment illustré sur ce site

           Ces archives (en ligne sur le site Mémoire des Hommes du Ministère de la Défense) ne permettent pas d'obtenir plus d'information sur le Sergent TISON - informations qui doivent se trouver dans les annexes du JMO, consultables à Vincennes -, mais la transcription de l'acte de décès réalisé par l'officier d'état-civil du bataillon fixe l'heure de son décès à 9h :

    extraitAD

         On peut remarque qu'une fois de plus le 4e prénom de Georges Joseph Achille TISON surprend le rédacteur ( qui écrit "Lin" sur la fiche MDH plus haut, "Lina" ici) ; cependant en accord avec l'acte de naissance, une mention rectificative figure à la fin de la transcription réalisée à Valenciennes le 10 Juillet 1919 :  "Le quatrième prénom  est Lia." . (A noter que si la fiche Mémoire des Hommes ne peut être modifiée, sa transcription devrait prochainement en tenir compte)


       Pour compenser l'absence de documents militaire, la famille a la chance d'avoir conservé photo et médailles :

    PhotoTG
    C'est cette photo, réalisée posée chez un photographe avant la guerre,
    qui a permis de réaliser la plaque émaillée :

     

    plaque


    Cette plaque émaillée, que les familles faisaient réaliser à leurs frais
    devait être apposée sur la tombe du soldat.
    Elles ne sont cependant pas acceptées en Nécropole Nationale.

         On y retrouve le portrait encadré par les médailles -posthumes - décernées au sergent TISON : médaille militaire 1914-1918 à gauche, croix de guerre 14-18 à droite.


    cadre
    sous la même photo de gauche à droite :

    • croix de guerre 14-18 avec étoile de bronze
    • médaille militaire 14-18
    • croix du combattant.

           Pour  recevoir la médaille militaire, à laquelle s'attache la croix de guerre avec étoile de bronze, il a fallu que le sergent reçoive une citation, comme nombre de soldats du 168eRI pour la journée du 13 décembre 1914. Cette citation parait nécessairement au journal officiel  A ce jour, malgré la mise en ligne du JO par la Bibliothèque Nationale de France sur le site Gallica, il n'a pas encore été possible de la retrouver, certains JO, notamment les pages spéciales énumérant les décorations à titre posthume, ne sont pas totalement  numérisés.

         Le sergent TISON Georges est inhumé à la Nécropole Natioale de Flirey, tombe n°2624 :

    Tombe300
    Tombe originelle
    "Sa mort inattendu a déchiré nos coeurs,   
    "Ni le temps ni l'oubli ne tariront nos pleurs


    Vues actuelles :

    NNflirey1

    NNflirey2

    NNflirey3

    On remarque derrière la croix celle que l'on voit également
    à droite de la tombe originelle :
    Sergent TEISSIER Georges du 340eRI décédé aussi à Mortmare, en juin 1915


     Le nom du sergent TISON figure sur le livre d'or de Valenciennes, ainsi que sur le monument aux morts :

    Livredor Vals
    Toujours l'erreur sur le 4e prénom, ainsi cette fois que le nom de sa ville natale (Obies).

    P1020594

     

 

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